Attaque contre le site minier de Morila : Des dégâts matériels enregistrés 

Dans la nuit du 4 au 5 janvier 2026, des hommes armés ont pris pour cible le site de la mine de Morila, situé dans la région de Sikasso, dans le sud du pays. Les assaillants ont pénétré sur le site en milieu de journée et provoqué des dégâts matériels, notamment l’incendie de certaines installations, selon des sources concordantes.

 

Les forces de sécurité maliennes ont été déployées rapidement sur place pour reprendre le contrôle du site et sécuriser la zone. Des employés qui avaient été temporairement retenus par les assaillants ont été libérés dans la soirée, sans blessure signalée.

 

Le site de Morila, qui détient des réserves estimées à environ 2,5 millions d’onces d’or, fait partie des plus importantes concessions aurifères du pays. En octobre 2025, il avait fait l’objet d’un accord de partenariat entre l’entreprise minière publique malienne et la société américaine Flagship Gold, dans le cadre d’un projet de relance de la production.

 

L’attaque de Morila intervient dans un contexte de tensions sécuritaires persistantes au Sahel. Dans la sous-région, des groupes armés ont multiplié ces dernières années les actions visant non seulement des forces de sécurité et des civils, mais aussi des infrastructures économiques et des sites d’intérêt stratégique, selon des analyses de sécurité régionale.

 

Des données récentes indiquent que certaines organisations armées ont ciblé des entreprises minières et autres installations économiques dans plusieurs pays du Sahel, y compris des raids contre des sites et des kidnappings liés à des activités extractives.

 

Des attaques similaires ont aussi été signalées dans la région de Kayes, visant des entreprises et chantiers industriels, ce qui a contribué à interrompre temporairement certaines opérations.

 

Si le Mali reste l’un des principaux producteurs d’or en Afrique, ces incidents soulèvent des questions sur la sécurité des investissements étrangers et des infrastructures économiques, dans un climat de menaces sécuritaires élargies qui touchent plusieurs pays de la région.

 

Les autorités maliennes n’ont pas encore publié de bilan détaillé des pertes matérielles ou des conséquences économiques de l’attaque. Les opérations sur le site de Morila sont rapportées comme ayant été suspendues dans l’immédiat, le temps d’évaluer les dégâts et de renforcer la sécurité autour des installations.

Or : la mine de Morila cherche un repreneur

Deux ans après sa reprise, la mine de Morila a perdu son principal actionnaire. La société Firefinch a annoncé au Conseil d’administration, le 2 novembre 2022, son incapacité à poursuivre le financement des activités de développement de la société des mines d’or de Morila SA. Une mauvaise nouvelle pour les travailleurs de la société, qui espèrent des mesures idoines pour la continuité des activités et la sauvegarde de leurs emplois.

Acquise auprès de Barrick Gold et Anglogold Ashanti, la mine d’or de Morila a entamé un processus de redynamisation qui n’a pu être mené à terme face à plusieurs contraintes. Les sanctions de la CEDEAO et de l’UEMOA contre le Mali, la hausse du coût du carburant et d’autres éléments essentiels, comme la non prorogation de la convention d’établissement, sont les difficultés invoquées par la société. S’y ajoutent les difficultés de levée de fonds pour assurer les investissements, selon M. Seydou Séméga, Représentant pays de la filiale malienne de Firefinch.

Dans un véritable cri du cœur, les responsables de l’usine ont invité les autorités à soutenir la mine afin de préserver les 2 100 emplois. Ils demandent, entre autres, l’abandon des procédures de redressement en cours pour les années 2017, 2018 et 2019. C’est dans le sens de la poursuite des activités que s’est engagée la société, en accord avec la direction. « Le processus d’investissement nouveau se déroule bien car de nombreuses parties ont manifesté de l’intérêt et devraient formuler leurs propositions dans les semaines à venir », assure M. Séméga. Une procédure de retrait qui devra être validée par l’État.

Développer les ressources

En attendant, et pour répondre à certaines affirmations l’accusant de s’être retiré avec la quantité d’or correspondant au montant de ses investissements, M. Séméga précise que le processus d’extraction des grandes mines est sous le contrôle strict de l’État et qu’aucune société n’a la latitude d’agir de façon non conventionnelle. « Firefinch a une créance de plus de 60 milliards de francs CFA sur Morila, correspondant aux coûts d’investissement inter-compagnies. Toutefois, Firefinch s’est dite disposée à annuler cette créance dans la mesure où cela permettrait au nouveau repreneur de pleinement jouir des opportunités de développement de Morila ». M. Séméga ajoute que l’or produit les deux dernières années a juste permis un maintien du niveau minimal opérationnel, sans faire face aux dépenses opérationnelles. Ce retrait n’a aucun impact sur les activités de Firefinch, qui intervient sur d’autres segments au Mali. Elle a acquis 17% des actions de Leo lithium, investisseur avec Gafend lithium de la mine de lithium de Goulamina, en phase de développement. Le ministère des Mines n’a pas réagi à nos sollicitations.