Côte d’Ivoire : le procès de Mahamadou Hawa Gassama fixé au 9 janvier 2026

Mahamadou Hawa Gassama, membre du Conseil national de transition (CNT) du Mali, sera jugé par la justice ivoirienne pour offense au chef de l’État et diffusion de propos jugés outrageants. Après six mois de procédure, il comparaîtra devant le tribunal correctionnel d’Abidjan pour une audience prévue ce vendredi 9 janvier.

La procédure judiciaire impliquant Mahamadou Hawa Gassama, personnalité politique malienne et membre du Conseil national de transition, franchit une étape décisive en Côte d’Ivoire. Le dossier, instruit depuis son arrestation le 2 juillet 2025, a été officiellement renvoyé devant le tribunal correctionnel de première instance d’Abidjan-Plateau, où il doit comparaître pour répondre des faits qui lui sont reprochés.
Selon les autorités judiciaires ivoiriennes, l’instruction menée par le juge d’instruction a permis de réunir des éléments considérés comme suffisants pour un procès au fond. Cette décision, matérialisée par une ordonnance de renvoi notifiée à la défense à la fin décembre 2025, consacre l’ouverture d’un débat contradictoire portant sur des infractions prévues et réprimées par le Code pénal de Côte d’Ivoire. Les poursuites engagées contre M. Gassama portent notamment sur des faits d’offense au chef de l’État ivoirien, en référence à l’article 264 du Code pénal, ainsi que sur la diffusion, par voie électronique, de propos jugés outrageants, infraction prévue et réprimée par l’article 387 du même code. Selon le parquet, ces faits reposent sur des contenus diffusés sur les réseaux sociaux et attribués à l’intéressé.
Depuis son interpellation en juillet 2025, l’intéressé est détenu à la Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (MACA), où il est maintenu en détention préventive dans l’attente de son procès. Cette détention prolongée, comparable à plusieurs autres affaires sensibles dans la sous-région, fait elle aussi partie du débat sur l’équilibre entre liberté d’expression et respect des institutions.
L’affaire a suscité une attention particulière tant au Mali qu’en Côte d’Ivoire, du fait du profil politique du prévenu et de la dimension transnationale que revêt ce dossier. M. Gassama, auparavant député au Mali, est devenu une figure connue pour ses prises de position publiques, dont certaines, selon les autorités ivoiriennes, ont dépassé le cadre autorisé par la loi en matière de communication et de respect des institutions de l’État.
La défense de M. Gassama est assurée par Me Mamadou Ismaïla Konaté, ancien ministre et avocat de renom inscrit aux barreaux de Bamako et de Paris. Selon Me Konaté, la stratégie repose sur le respect de la présomption d’innocence, principe fondamental du droit pénal, ainsi que sur l’analyse des textes applicables en Côte d’Ivoire. L’équipe de défense n’exclut pas l’exercice des voies de recours prévues par la législation ivoirienne, en cas de besoin, pour garantir une procédure conforme aux normes internationales et nationales.
En attendant l’audience fixée à demain vendredi 9 janvier 2026, la défense appelle à la retenue et au respect du processus judiciaire en cours, soulignant que seule la justice est habilitée à se prononcer sur les responsabilités pénales.
Autour de cette affaire, les débats vont au-delà du cas individuel pour interroger, dans la région, les équilibres entre liberté d’expression, responsabilité pénale et coopération judiciaire entre États voisins.