Émission de titres publics 2026 : Le Mali vise 1 450 milliards FCFA sur le marché financier régional

La Direction générale du Trésor et de la Comptabilité publique a procédé, le 5 février 2026 à Bamako, au lancement officiel du calendrier d’émission des titres publics pour l’exercice 2026. Les autorités financières annoncent un programme ambitieux de mobilisation de ressources, dans un contexte de stabilité macroéconomique jugé encourageant.

La cérémonie de lancement, tenue sous la présidence du ministre de l’Économie et des Finances, a enregistré la présence du Directeur général du Trésor et de la Comptabilité publique, de la Directrice d’UMOA-Titres, du Directeur national de la BCEAO pour le Mali, ainsi que de nombreux acteurs financiers, notamment des représentants des banques, compagnies d’assurance, sociétés de gestion et investisseurs institutionnels.
Au cœur de la rencontre se trouvait la présentation détaillée du programme d’émissions de l’État du Mali pour 2026. Selon les chiffres officiels, le montant total à mobiliser s’élève à 1 450 milliards de FCFA, à travers 27 émissions de titres publics, composées de 480 milliards de FCFA en bons du Trésor et 970 milliards de FCFA en obligations.
« Ce niveau d’endettement reste soutenable parce qu’il est conforme à la stratégie d’endettement de l’État du Mali et préserve également la viabilité de la dette publique », a rassuré le Directeur général du Trésor et de la Comptabilité publique, Siaka Samaké.
Il a également lancé un appel aux investisseurs pour une participation accrue aux émissions à venir, soulignant que certaines banques disposent encore de marges pour renforcer leur engagement.
La répartition trimestrielle des levées de fonds prévoit 340 milliards de FCFA au 1er trimestre, 400 milliards au 2ème, 430 milliards au 3ème et 280 milliards au 4ème trimestre. Cette programmation vise à lisser les besoins de financement de l’État tout en tenant compte des capacités d’absorption du marché régional.
Des indicateurs macroéconomiques jugés solides
Les responsables du Trésor public ont mis en avant plusieurs indicateurs macroéconomiques pour renforcer la confiance des investisseurs. En 2025, la croissance économique s’est établie à 6,1 %, tandis que l’inflation est restée contenue autour de 2,8 %. Le taux d’endettement public atteignait 42,3 % du PIB à la fin de 2025, un niveau présenté comme maîtrisé au regard des normes communautaires.
« Malgré le contexte difficile auquel le pays a été confronté en 2025, l’économie a montré une solide résilience », a insisté Boubacar Diakité, Directeur des Affaires monétaires, économiques et financières.
Il a rappelé que les agences de notation Moody’s et Bloomfield ont maintenu leurs notes du Mali en 2025 avec des perspectives stables, y voyant le reflet de la dynamique économique et des efforts de mobilisation des ressources intérieures.
Les perspectives à moyen terme tablent sur une croissance de 6,3 % en 2026 et de 6,5 % à l’horizon 2028. Le solde budgétaire est projeté à 2,4 % en 2026, puis à 2,9 % en 2028, tandis que le taux de pression fiscale progresserait de 14,6 % à 15,5 % sur la même période.
Prenant la parole au nom du secteur bancaire, Mme Sidibé Aïssata Koné, Présidente de l’Association professionnelle des banques et établissements financiers du Mali (APBEF), a réaffirmé le soutien des banques à la stratégie de financement de l’État. Elle a assuré que, comme par le passé, l’accompagnement du secteur financier ne fera pas défaut en 2026.
Le ministre de l’Économie et des Finances, Alousseini Sanou, a pour sa part souligné que le Mali affiche « des fondamentaux macroéconomiques globalement solides », fruits de la discipline budgétaire, des réformes structurelles et de la priorisation des dépenses publiques.
S’adressant directement aux investisseurs, il les a invités à une participation conséquente aux émissions prévues en 2026. Selon lui, la souscription aux titres publics du Mali contribue directement au financement de projets structurants, de politiques sociales et d’infrastructures économiques, au service d’une croissance plus robuste.
La rencontre a également permis de dresser le bilan des mobilisations de 2025. Au cours de l’exercice écoulé, l’État du Mali a levé 1 193 milliards de FCFA sur le marché financier régional à travers 34 émissions, dont 32 par adjudication et 2 par appel public à l’épargne.
La cérémonie s’est achevée par la remise de prix aux trois meilleurs investisseurs en titres publics du Mali en 2025, à savoir la BDM-SA, la BMS et la BNDA.
Mohamed Kenouvi

Marché commun : L’État lève 40 milliards de francs CFA lors de sa première opération financière de 2026

Le Mali a levé 40 milliards de francs CFA sur le marché financier régional lors de sa première opération de financement de l’année, organisée le mercredi 7 janvier 2026. L’opération s’est déroulée sur le marché commun de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), qui permet aux États membres d’emprunter des fonds auprès d’investisseurs de la région.

 

Selon les données officielles du marché régional, les investisseurs ont proposé un montant total d’environ 46,9 milliards de francs CFA, soit davantage que les 40 milliards recherchés par le Trésor malien. L’État a finalement retenu le montant initialement prévu, confirmant le succès de cette opération.

 

Cette émission constitue la première mobilisation de ressources du Mali sur le marché régional en 2026, conformément au calendrier habituel des adjudications hebdomadaires. Elle intervient après plusieurs opérations similaires menées en 2025, au cours desquelles le Trésor malien avait déjà levé plusieurs dizaines de milliards de francs CFA pour couvrir ses besoins budgétaires.

 

Les fonds ont été obtenus à travers des emprunts à court et moyen terme, avec des remboursements prévus sur des périodes allant de six mois à cinq ans. Ce type de financement permet à l’État de disposer rapidement de liquidités, tout en répartissant le remboursement sur plusieurs années.

 

Le recours au marché financier régional constitue l’un des principaux moyens de financement des États de l’UEMOA. Il repose essentiellement sur la participation des banques et des institutions financières de la région, qui achètent des titres émis par les Trésors publics des pays membres.

 

Pour le Mali, cette opération s’inscrit dans une stratégie plus large de gestion des finances publiques, dans un contexte marqué par des besoins de trésorerie importants et des contraintes économiques persistantes.

 

La capacité du pays à lever le montant recherché dès sa première opération de l’année est suivie de près par les acteurs du marché régional.