Bafoulabé : nouvelle attaque contre des sites industriels

Plusieurs unités industrielles du cercle de Bafoulabé ont été la cible d’une attaque armée coordonnée dans la nuit du samedi au dimanche 11 janvier 2026. L’opération a causé d’importants dégâts matériels et donné lieu à des enlèvements, selon des sources locales concordantes.

 

Les faits se sont produits aux environs de deux heures du matin. Des hommes lourdement armés, circulant sur une centaine de motos, ont mené des attaques simultanées contre plusieurs installations industrielles situées le long de la Route nationale 22, dans le cercle de Bafoulabé.

 

Les assaillants, estimés à environ cent soixante, avaient été aperçus quelques heures plus tôt dans la localité de Selinkegny, à une trentaine de kilomètres de Bafoulabé, avant de se scinder en groupes pour frapper leurs cibles.

 

Parmi les sites touchés figurent l’usine Stones, la Carrière et Chaux du Mali à Karaga ainsi que la cimenterie Diamond Cement à Gangontéry. Des chargeurs et un car ont été incendiés sur certains sites, provoquant d’importants dégâts matériels et des panaches de fumée visibles au-dessus des installations concernées.

 

Au moins quatre personnes ont été enlevées sur le site de Diamond Cement, selon des informations recueillies auprès de sources locales. Aucun bilan faisant état de morts ou de blessés n’a été signalé à ce stade. Sur ses réseaux sociaux, le PDG de Diamond Cement a confirmé l’attaque, indiquant que plusieurs usines, dont une entreprise étrangère, avaient également été visées, sans donner davantage de détails.

 

Cette attaque intervient dans un contexte de tension sécuritaire persistante dans la zone. L’une des usines ciblées avait déjà fait l’objet d’une attaque armée le 1er juillet 2025. Début janvier, des alertes émises par les populations locales avaient conduit certaines entreprises à évacuer leur personnel par mesure de précaution.

 

À la suite des événements, les forces de sécurité ont suspendu temporairement la traversée du fleuve dans la zone pour des raisons sécuritaires.

 

Les autorités locales n’avaient pas encore communiqué officiellement sur l’identité des assaillants ni sur les suites de l’opération. Plusieurs sources sécuritaires estiment toutefois que l’attaque correspond au mode opératoire du Jama’at Nusrat al-Islam wal-Muslimin, connu pour cibler les intérêts économiques.