Publié à partir du bulletin OCHA partagé récemment, le dernier état des lieux humanitaire dévoile une dynamique persistante des déplacements internes. Les données confirment l’ampleur des mouvements de population et la pression croissante sur plusieurs régions du pays.
La situation humanitaire au Mali demeure marquée par l’ampleur des déplacements de population. Selon la Matrice de suivi des déplacements de septembre 2025, publiée conjointement par l’Organisation internationale pour les migrations et le ministère de la Santé et du Développement social, le pays compte 414 524 personnes déplacées internes. Ce chiffre représente une hausse de 12 357 personnes par rapport à la précédente mise à jour.
Cette évolution est attribuée à la persistance de l’insécurité dans plusieurs zones, à la dégradation des conditions climatiques et à l’élargissement progressif des opérations d’enregistrement menées sur le terrain. Les mouvements concernent principalement des ménages contraints d’abandonner leurs localités d’origine à la suite d’attaques armées, de restrictions de mobilité ou de la fragilisation de leurs moyens de subsistance.
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Les données indiquent que les déplacements restent fortement concentrés dans certaines régions. Quatre d’entre elles regroupent à elles seules 70,6% de la population déplacée interne. Gao enregistre environ 227 000 personnes déplacées, suivie de Bandiagara avec près de 92 000, Ménaka avec 74 000 et Mopti avec environ 28 000 personnes.
D’autres régions accueillent également des effectifs significatifs. Tombouctou compte environ 36 300 personnes déplacées internes, tandis que Ségou en recense près de 47 000. Kidal et Taoudéni enregistrent respectivement environ 6 000 et 2 000 déplacés. Ces chiffres traduisent une dispersion géographique progressive du phénomène, au-delà des foyers historiques de crise.
La composition démographique de la population déplacée demeure préoccupante. Les femmes et les enfants représentent 58% des personnes concernées, accentuant les besoins en matière de protection, de santé, de nutrition et d’éducation. Les sites d’accueil et les communautés hôtes, souvent déjà vulnérables, subissent une pression intense sur l’accès à l’eau, aux services sociaux de base et aux moyens de subsistance.
Le rapport fait également état de la présence de réfugiés sur le territoire malien, estimés à plus de 45 000 personnes, principalement originaires du Burkina Faso et du Niger. Parallèlement, plus de 190 000 réfugiés maliens sont enregistrés dans les pays voisins, notamment au Niger, en Mauritanie et au Burkina Faso, selon les données humanitaires consolidées.
Ces mouvements croisés illustrent une crise régionale durable, où déplacements internes et exil transfrontalier se répondent. Pour les acteurs humanitaires, la situation souligne la nécessité de maintenir les mécanismes d’assistance, d’améliorer l’accès aux zones affectées et de renforcer les réponses de protection, alors que les besoins continuent d’évoluer sur fond d’insécurité persistante et de vulnérabilités climatiques.




