Fatoumata Keïta et Fatoumata Yaranangoré : Deux femmes à la rencontre de leur destin

Dans leurs ouvrages autobiographiques, Fatoumata Keïta et Fatoumata Yaranangoré retracent un parcours de résistance face aux attentes sociales. Deux récits…

Dans leurs ouvrages autobiographiques, Fatoumata Keïta et Fatoumata Yaranangoré retracent un parcours de résistance face aux attentes sociales. Deux récits qui placent l’éducation au cœur de l’émancipation.

« Sur les traces du Destin » et « Echappée à ma destinée », deux ouvrages signés respectivement par Fatoumata Keïta et Fatoumata Yaranangoré, retracent les parcours de ces deux Maliennes au cheminement singulier. Dans leurs livres, elles racontent leur histoire, un itinéraire semé d’obstacles mais porté par l’optimisme et la volonté d’avancer. À travers leurs récits, elles interrogent le poids des traditions familiales et sociales dans la construction du destin des femmes, et le courage nécessaire pour en infléchir le cours.
Fatoumata Keïta et Fatoumata Yaranangoré partagent bien plus qu’un prénom. Elles évoluent dans une société malienne ouverte sur le monde, mais profondément attachée à ses traditions. Au nom de ces normes sociales, les femmes sont souvent assignées à des rôles prédéfinis, notamment celui de femme au foyer. C’est à cette trajectoire que nos deux auteures semblaient promises.
Inscrite à l’école par la volonté de ses parents, Fatoumata Keïta a failli interrompre son parcours en raison de difficultés familiales. Elle ne doit la poursuite de ses études qu’à sa détermination, à son courage et au soutien de personnes bienveillantes rencontrées en chemin. Elle s’est battue pour modifier une trajectoire qui paraissait déjà écrite.
Un avenir tout aussi balisé semblait attendre Fatoumata Yaranangoré. Dans son environnement, les filles étaient appelées à se consacrer au foyer, loin de toute ambition académique. Pourtant, elle choisit de poursuivre ses études malgré l’opposition de son père. Elle grandira sans lui, mais parviendra à obtenir ses diplômes et à s’affirmer comme entrepreneure. Pour accomplir leurs aspirations, toutes deux ont consenti des sacrifices, multiplié les efforts et refusé de renoncer à leurs rêves.
Quête d’autonomie
Ce qui relie ces deux parcours, c’est la conviction profonde que l’éducation constitue une voie d’émancipation. Pour Fatoumata Keïta, aujourd’hui écrivaine et éditrice, l’objectif était clair : aller au bout de ses études, malgré l’éloignement familial, la solitude et les incertitudes. Elle s’était fixé ce cap et ne l’a jamais abandonné.
De son côté, Fatoumata Yaranangoré est devenue la seule fille de sa famille à être scolarisée. Son engagement personnel lui a permis de dépasser les résistances et d’accéder à l’autonomie professionnelle.
À travers « Sur les traces du Destin », roman autobiographique de 252 pages publié aux éditions Bandama, et « Echappée à ma destinée », ouvrage de 177 pages paru aux éditions Librinova, les deux auteures adressent un message de résilience et d’espoir. Elles invitent les femmes, en particulier, à croire en leurs capacités et à se donner les moyens d’atteindre leurs propres ambitions.

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