Un rapport publié le 4 mars 2026 par la Global Initiative Against Transnational Organized Crime dresse un tableau préoccupant de l’évolution du marché des drogues en Afrique de l’Ouest. L’étude montre que la région n’est plus seulement un corridor de transit pour les trafics internationaux mais devient progressivement un espace où production, circulation et consommation se structurent.
Les chercheurs ont identifié environ 350 foyers d’activités illicites répartis dans 18 pays d’Afrique de l’Ouest et du Sahel. Près d’une soixantaine de ces hubs sont directement liés à des dynamiques de violence ou de conflit. Le Nigeria apparaît comme l’un des principaux centres du marché des drogues synthétiques, notamment pour la méthamphétamine. Des pays comme le Ghana, la Côte d’Ivoire, le Sénégal ou encore la Guinée figurent également parmi les espaces de circulation et de redistribution.
Le Sahel joue dans ce dispositif un rôle stratégique. Les routes traversant le Mali, le Niger ou le Burkina Faso servent de corridors logistiques reliant les zones côtières aux circuits transsahariens. Dans ces flux, les drogues synthétiques comme la méthamphétamine et le captagon gagnent du terrain, attirant les réseaux criminels par leur facilité de production et leurs marges élevées.
Le rapport souligne enfin une évolution préoccupante. L’Afrique de l’Ouest devient aussi un marché de consommation de plus en plus visible dans les grandes villes et certaines zones d’activités économiques.
Cette progression des drogues synthétiques constitue à la fois un défi sanitaire, sécuritaire et institutionnel pour des États déjà confrontés à de fortes pressions.




