Conteneurs en souffrance : Une nouvelle entrave à l’approvisionnement

Après plusieurs mois de perturbations sur le corridor Dakar - Bamako, l’évacuation progressive des conteneurs bloqués au port de Dakar…

Après plusieurs mois de perturbations sur le corridor Dakar – Bamako, l’évacuation progressive des conteneurs bloqués au port de Dakar n’a pas encore levé toutes les contraintes logistiques. La gestion des conteneurs vides apparaît désormais comme une nouvelle source de tension pour l’approvisionnement du pays.

Plus de 2 000 conteneurs maliens étaient bloqués au port de Dakar fin 2025, à la suite de l’interdiction des camions hors gabarit, une situation aggravée par le contexte sécuritaire. À l’issue d’une mission officielle, les autorités maliennes ont obtenu un calendrier d’évacuation fixé au 24 février 2026. À quelques jours de cette échéance, la question du retour des conteneurs vides s’impose comme une contrainte supplémentaire pour l’approvisionnement national.

Les discussions menées à Dakar ont permis, le 21 novembre 2025, l’annulation des pénalités de stockage et une réduction progressive du stock. Celui-ci est passé de 939 conteneurs fin décembre à 304 unités, selon un communiqué du Conseil malien des chargeurs (CMC) publié le 3 février.

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Alors que l’évacuation des conteneurs en souffrance au port de Dakar progresse, une autre difficulté logistique menace désormais l’équilibre de la chaîne d’approvisionnement.

Nouveau goulot d’étranglement

Dans son communiqué du 3 février 2026, le Conseil malien des chargeurs alerte sur la rétention de près de 4 000 conteneurs vides à l’intérieur du Mali par des chargeurs, transporteurs et transitaires. Cette situation est susceptible de perturber l’approvisionnement du pays et de durcir les conditions d’exploitation imposées aux opérateurs économiques par les armateurs.

S’agissant des conteneurs encore immobilisés au port de Dakar, le CMC précise qu’au 2 février 2026, 304 unités restaient en souffrance, avec une date butoir d’enlèvement fixée au 24 février, sans possibilité de dérogation.

Le blocage des conteneurs vides à Bamako s’explique par les modalités de prise en charge logistique. Selon le type d’importation, la compagnie maritime peut assurer le transport du port à Bamako et le retour du conteneur après livraison. Dans d’autres cas, sa responsabilité s’arrête au port de Dakar, le conteneur étant alors pris en charge par un transitaire ou un transporteur, contre le dépôt d’une caution.

« C’est sur ces cas qu’il y a problème », explique un responsable logistique. Sollicitant d’autres ports, certains opérateurs ne retournent pas les conteneurs à Dakar et les déposent dans les représentations locales des compagnies maritimes, une pratique jugée irrégulière. Auparavant, l’exportation du coton permettait de réutiliser ces conteneurs vides et de limiter ces déséquilibres. Ce mécanisme ne joue plus aujourd’hui.

Fatoumata Maguiraga

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