Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) dresse un état des lieux préoccupant de la situation humanitaire au Mali. Son rapport couvrant le quatrième trimestre 2025 met en évidence une pression persistante dans le centre et le nord, sur fond d’insécurité et de déplacements continus de populations.
Au 31 décembre 2025, le pays comptait 414 524 personnes déplacées internes. Dans le même temps, 335 908 réfugiés maliens vivaient encore dans les pays voisins, tandis que 276 698 réfugiés étaient revenus au Mali. À ces chiffres s’ajoutent 1 843 nouveaux réfugiés enregistrés sur le territoire et 10 345 réfugiés non encore enregistrés, illustrant la complexité d’une crise qui dépasse les frontières.
Les régions du nord et du centre demeurent les plus affectées. La persistance de l’insécurité, les mouvements de population et la fragilité des services sociaux de base continuent d’exercer une pression sur les communautés d’accueil déjà vulnérables. À Koro, l’arrivée en début d’année d’un nombre important de réfugiés en provenance du Burkina Faso a accentué les besoins, nécessitant une coordination renforcée entre autorités et acteurs humanitaires.
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Dans ce contexte, le HCR a poursuivi ses interventions en matière de protection, d’assistance et de solutions durables. Les actions ont porté sur l’accès à l’eau, l’hygiène et l’assainissement, la construction et la réhabilitation d’abris d’urgence, ainsi que la distribution d’articles ménagers essentiels. Au cours du trimestre, 90 611 ménages ont bénéficié d’un appui en articles non alimentaires, 2 374 abris d’urgence ont été construits ou réhabilités et 113 latrines familiales mises en place ou remises en état.
L’enregistrement biométrique des réfugiés s’est également poursuivi, avec 14 681 personnes enregistrées via le système proGres. Parallèlement, 1 141 personnes ont été formées aux techniques de sensibilisation sur les violences basées sur le genre, et 336 adultes ont participé à des sessions d’information sur les risques liés aux migrations irrégulières et à la protection de l’enfance.
Le trimestre a aussi été marqué par des avancées dans la lutte contre l’apatridie, grâce à des activités menées en collaboration avec les structures nationales compétentes. Ces initiatives visent à renforcer la protection juridique des personnes à risque et à prévenir l’exclusion administrative.
Malgré ces résultats, les besoins humanitaires demeurent supérieurs aux capacités de réponse. L’insécurité persistante dans certaines zones, les contraintes logistiques et le déficit de financement continuent de limiter l’ampleur des interventions. Pour le HCR, la consolidation des efforts et la mobilisation intense de ressources restent essentielles afin d’apporter une réponse adaptée à une crise qui s’inscrit désormais dans la durée.




