14ème camp national des volontaires : La Croix-Rouge malienne mobilise sa jeunesse autour de l’engagement citoyen

La cérémonie d’ouverture du 14ᵉ camp national des jeunes et des volontaires de la Croix-Rouge malienne, organisée le 19 décembre 2025 à Bamako, a marqué le lancement officiel de quatre jours d’échanges et de renforcement de capacités, dans un contexte où l’action humanitaire demeure un enjeu central pour les communautés.

Cette édition, placée sous le thème « Croix-Rouge malienne, 60 ans d’espérance et d’engagement humanitaire portés par les volontaires », met en lumière le rôle déterminant des plus de 10 200 volontaires qui œuvrent à travers tout le pays, souvent en première ligne face aux urgences humanitaires, sanitaires et sociales.

La cérémonie a enregistré la présence de plusieurs personnalités, notamment le Directeur national de la Jeunesse, représentant le ministre de la Jeunesse et des Sports, des autorités administratives, coutumières et religieuses, ainsi que la Présidente nationale et le Secrétaire général de la Croix-Rouge malienne. Des représentants des structures de jeunesse du pays ont également pris part à l’événement, soulignant l’ancrage institutionnel et citoyen de ce camp national.

Prenant la parole au nom des jeunes volontaires, Aboubacar Doumbia, président de la Commission nationale de la Jeunesse de la Croix-Rouge malienne, a rappelé la vocation première de ce rassemblement.

Selon lui, le camp constitue « un espace de renforcement des capacités, d’échanges intergénérationnels et de réflexion stratégique », mais surtout un cadre où chaque jeune est appelé à devenir « acteur du changement ».

Il a lancé un appel direct à la jeunesse malienne, l’invitant à rejoindre le volontariat humanitaire, présenté comme « un devoir moral » et « une manière de redonner sans attendre, d’aimer sans condition ».

Pour la Présidente nationale de la Croix-Rouge malienne, Assitan Coulibaly, le camp national demeure un pilier fondamental de la dynamique volontaire. « Si le volontariat est un principe, le camp national en est l’incubateur », a-t-elle affirmé, soulignant que ce 14ᵉ rassemblement constitue également un cadre structurant de formation à la citoyenneté responsable et à un engagement humanitaire éclairé.

Elle a exhorté les participants à tirer profit de chaque instant de ce rendez-vous pour apprendre, échanger et renforcer leur engagement au service des communautés.

Représentant les autorités publiques, le Directeur national de la Jeunesse, Ibrahim Boubacar Kalossi, a pour sa part salué l’initiative et rappelé les attentes placées en la jeunesse. Il a décrit le camp comme « un carrefour de réflexion, de formation et d’engagement », destiné à forger des bâtisseurs de paix et des leaders solidaires. Face aux défis auxquels le pays est confronté, il a insisté sur la nécessité de renforcer l’esprit critique, l’engagement civique et la capacité des jeunes à servir sans distinction.

La cérémonie d’ouverture s’est achevée par un panel animé par le Secrétaire général de la Croix-Rouge malienne et le Directeur général du Centre national de promotion du volontariat. Les échanges ont porté sur le rôle central du volontariat dans l’action humanitaire et la résilience des communautés.

Mohamed Kenouvi

Réservistes : nouvelle dynamique au Mali et au Burkina Faso

Pour constituer des effectifs militaires, plusieurs pays du monde ont recours aux services de réservistes. Récemment confrontés à des défis sécuritaires importants, le Mali et le Burkina Faso ont envisagé de renforcer leurs effectifs militaires par des citoyens. N’appartenant pas à l’armée d’active, ils sont formés pour apporter un concours aux forces armées dans le cadre de la défense de la Patrie. Volontaires ou réservistes, ils constituent un appui aux militaires et leurs rôles varient en fonction des pays.

La réserve est constituée de 2 composantes. La première est composée de membres de la société civile avec ou sans expérience et d’anciens militaires s’étant engagés. Après une formation et un entraînement spécifique, ces hommes et ces femmes apportent un soutien temporaire qui peut être plus ou moins long en fonction des pays. Ils se voient confier les mêmes missions que les militaires actifs. Ils sont membres de la réserve opérationnelle.

Quand à la réserve citoyenne, elle est composée de volontaires qui sont agréés auprès des autorités en fonction de leurs expériences, mais aussi de leur intérêt pour les questions de défense. Leur soutien constitue généralement un appui au renforcement de l’esprit de la Défense nationale et au raffermissement des liens entre civils et militaires.

Nouvelle dynamique

Ce sont plus de 2 000 élèves fonctionnaires qui ont commencé à effectuer le Service National de Défense (SND) ce 11 septembre au Burkina Faso. À l’issue d’une formation civique et militaire de 3 mois, ils seront désormais des réservistes pour l’armée. C’est le 17 août 2023 que l’Assemblée législative de Transition (ALT) a adopté un projet de loi portant formation civique et militaire au Burkina Faso. Une loi qui, dès sa promulgation par le gouvernement, permettra que le SND concerne les jeunes de 18 à 35 ans. Ces réservistes constitueront avec les Volontaires pour défense de la Patrie (VDP) des appuis aux Forces de défense et de sécurité, espèrent les autorités. A noter, que plusieurs VDP ont déjà été tués dans des attaques terroristes au Burkina Faso.

En termes de réservistes, en Afrique, en 2022, on dénombrait en Égypte 479 000 personnes, en Algérie 150 000, au Maroc 150 000, en Tanzanie 80 000, en Ouganda 10 000, en Zambie 3 000 et aux Comores 1 600.

Les 10 premiers en Afrique en termes de réservistes ne sont pas en Afrique de l’Ouest et dans le classement 2022 des réservistes militaires par État, il n’existe pas de données sur le Mali et le Burkina Faso, selon la carte de l’International Institute for Strategics Studies, comme pour d’autres pays de la sous-région. Les deux pays sont donc dans une nouvelle dynamique de détermination de leurs effectifs dans ce domaine.