Europe – Inde : Un accord au cœur de la recomposition mondiale

L’Union européenne et l’Inde ont annoncé le 27 janvier 2026 la conclusion d’un accord commercial après près de vingt ans de négociations. Ce texte s’inscrit dans une reconfiguration plus large des équilibres économiques et géopolitiques mondiaux.

Après deux décennies de discussions intermittentes, Bruxelles et New Delhi sont parvenues à un compromis présenté comme l’un des accords commerciaux les plus importants conclus par l’Union européenne avec une économie émergente. Les négociations, lancées en 2007 puis longtemps suspendues, ont été relancées dans un contexte international marqué par la fragmentation du commerce mondial.

L’accord prévoit notamment une réduction progressive des droits de douane sur une large gamme de produits. L’Inde obtient ainsi un meilleur accès au marché européen pour ses exportations, notamment dans le textile, les produits pharmaceutiques, les technologies de l’information et certains services. De son côté, l’Union européenne bénéficie d’engagements visant à faciliter l’implantation et l’activité de ses entreprises sur le marché indien, en particulier dans les secteurs industriels, les équipements, les services et les marchés publics.

Selon les estimations communiquées par les institutions européennes, la suppression partielle des barrières tarifaires pourrait permettre à l’Union d’économiser jusqu’à 4 milliards de dollars par an en droits de douane. Les échanges commerciaux entre les deux partenaires dépassaient déjà les 120 milliards d’euros par an, un volume appelé à progresser avec l’entrée en vigueur du texte.

L’accord prévoit également des facilités encadrées de mobilité pour certains profils qualifiés indiens, notamment dans le numérique, l’ingénierie et les services, afin de répondre aux besoins de plusieurs économies européennes.

Sur le plan stratégique, le rapprochement concerne aussi l’Inde, première nation la plus peuplée au monde et membre des BRICS, qui cherche à renforcer sa place dans les chaînes de valeur internationales en diversifiant ses partenariats, notamment vers l’Europe, l’Asie, le Moyen-Orient et l’Afrique.

Pour l’Union européenne, ce partenariat s’inscrit dans une stratégie de diversification de ses échanges face aux incertitudes liées aux orientations commerciales des États-Unis, à la concurrence chinoise et aux tensions géoéconomiques. Bruxelles cherche ainsi à multiplier les accords structurants. Dans cette même logique, l’accord politique conclu le 17 janvier 2026 avec le Mercosur – le principal bloc économique d’Amérique du Sud – encore en attente de ratification, vise à élargir les débouchés européens et à sécuriser les chaînes d’approvisionnement.

L’accord Europe – Inde s’inscrit dans cette recomposition des équilibres commerciaux mondiaux, marquée par la constitution de partenariats destinés à peser durablement sur les règles du commerce international.

 

BRICS : plusieurs pays souhaitent rejoindre le groupe

L’Afrique du Sud accueille à partir de ce 22 août le 15ème sommet des BRICS, alors que plusieurs pays souhaitent adhérer au groupe.

Du 22 au 24 août prochains, l’attention d’une grande partie du monde sera tournée vers Johannesburg, en Afrique du Sud, où se tiendra le 15ème sommet des BRICS. Si longtemps, la participation en présentiel du Président russe Vladimir Poutine, sous le coup d’un mandat d’arrêt de la CPI, a longtemps fait l’actualité, un élargissement sera l’un des principaux enjeux des échanges. Ce groupe d’États (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) représente plus de 40% de la population du globe et près d’un quart du PIB mondial. Les candidats sont nombreux à toquer à la porte. Parmi eux, des pays pétroliers du Golfe comme l’Arabie Saoudite et les Émirats Arabes Unis, ou encore l’Iran, dont le chef de la diplomatie était en déplacement à Pretoria cette semaine pour chercher du soutien. Mais les BRICS attirent aussi sur le continent africain, avec des candidatures notamment de la part de l’Algérie, de l’Égypte, du Nigéria, de l’Éthiopie et du Sénégal. D’un côté, la Chine pousse pour cette extension afin d’amplifier son influence et, de l’autre, l’Inde et le Brésil se montrent pour l’instant plus réticents. Le Président algérien Abdelmadjid Tebboune s’est personnellement rendu en Chine pour pousser son dossier. « L’Afrique du Sud, en tant que Présidente des BRICS, tiendra des pourparlers lors du sommet sur le modèle d’élargissement, ses principes et ses normes », a assuré la ministre sud-africaine des Affaires étrangères, Naledi Pandor. En tout, selon elle, ce sont 23 pays qui ont demandé à intégrer les BRICS. « Nous nous dirigeons progressivement vers un consensus sur les questions de l’expansion des BRICS et nous espérons y parvenir lors du sommet », a-t-elle ajouté. Un rapport spécial sera présenté lors du sommet sur les principes d’expansion et la liste des pays souhaitant  adhérer. Selon la cheffe de la diplomatie sud-africaine, les dirigeants sont ceux qui prendront une décision finale à ce propos. Ils seront tous à Johannesburg, hormis Vladimir Poutine, qui assistera au sommet en visioconférence. Selon des sources proches de la présidence sud-africaine, Cyril Ramphosa a envoyé au total 70 invitations, dont 54 pour les pays africains. Mais ni le Président français Emmanuel Macron, qui souhaitait assister au sommet en tant qu’observateur, ni les dirigeants des États-Unis et du Royaume-Uni n’ont reçu d’invitation.