Dans des rapports publiés le 13 janvier 2026, l’Organisation mondiale de la santé a appelé les États à augmenter les taxes sur les boissons sucrées et les produits alcoolisés. L’objectif est de réduire les consommations nocives et de mobiliser des ressources pour des systèmes de santé sous pression.
L’OMS estime que les niveaux actuels de taxation restent généralement trop bas, favorisant l’accessibilité de ces produits même si leur impact sur la santé est bien documenté. L’agence recommande une hausse d’au moins 20 % des taxes sur les boissons sucrées, ce qui pourrait faire chuter leur consommation de 10 à 20 %, contribuant ainsi à freiner la progression de l’obésité et du diabète de type 2.
Dans le monde, 116 pays ont mis en place des taxes ciblant les boissons sucrées, mais celles-ci sont souvent limitées à certains produits comme les sodas et excluent les jus ou boissons lactées sucrées. Pour l’alcool, 167 pays prélèvent des taxes, mais leurs taux restent souvent faibles et non ajustés à l’inflation, rendant ces produits plus abordables au fil du temps.
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Sur le continent africain, le défi est double. La consommation de boissons sucrées et alcoolisées augmente, notamment chez les jeunes urbains, tandis que les systèmes de santé font face à une pression financière accrue. Les maladies non transmissibles — obésité, diabète, maladies cardiovasculaires — représentent aujourd’hui une part croissante des décès, créant une charge budgétaire lourde pour des pays déjà dépendants de financements externes. Entre 2021 et 2025, certains pays d’Afrique ont enregistré une baisse de jusqu’à 70 % de l’aide extérieure, accentuant le besoin de ressources internes pour la santé.
Des analyses montrent que l’accessibilité croissante de ces produits est liée à une absence de mise à jour des taxes : entre 2022 et 2024, dans 62 pays, les boissons sucrées sont devenues plus abordables, et dans 56 pays, c’est le cas pour la bière, faute de réajustement des politiques fiscales par rapport à l’inflation et aux revenus. Ce phénomène est observé dans plusieurs économies africaines, alimentant des comportements de consommation jugés à risque par les experts sanitaires.
L’OMS souligne que des taxes bien calibrées peuvent jouer un rôle stratégique dans les politiques de santé publique. En plus de dissuader la consommation de produits nocifs, elles peuvent générer des recettes fiscales substantielles, réinvesties dans la prévention, la promotion de modes de vie sains, l’accès aux soins et le renforcement des systèmes de santé. Des exemples de pays ayant obtenu des résultats positifs grâce à de telles mesures seront prochainement publiés par l’agence.
Alors que les gouvernements cherchent des leviers pour améliorer la santé de leurs populations et assurer la viabilité de leurs systèmes de soins, la recommandation de l’OMS met l’accent sur une approche intégrée alliant fiscalité, prévention et éducation sanitaire.




