Mines : l’état renforce la lutte contre l’exploitation illégale

Le Conseil des ministres du mercredi 11 mars 2026 a adopté des textes portant création d’une Brigade spéciale des Mines…

Le Conseil des ministres du mercredi 11 mars 2026 a adopté des textes portant création d’une Brigade spéciale des Mines chargée de lutter contre l’exploitation minière illégale. L’objectif est de mieux sécuriser un secteur qui représente plus de 70 % des exportations et près de 10 % du PIB du Mali.

Le gouvernement malien entend renforcer la surveillance du secteur minier, l’un des piliers de l’économie nationale. Des projets de texte ont ainsi été adoptés portant création, organisation et fonctionnement d’une Brigade spéciale des Mines, appelée à assurer la police judiciaire dans ce domaine et à participer à la sécurisation des sites d’exploitation.
Le secteur minier occupe une place centrale dans l’économie du pays. Premier producteur d’or d’Afrique de l’Ouest, le Mali a enregistré une production industrielle d’environ 51,7 tonnes en 2024, contre 66,5 tonnes en 2023. En 2025, la production industrielle est tombée à 42,2 tonnes, soit une baisse de 22,9 %. En incluant l’orpaillage artisanal estimé à environ 6 tonnes, la production nationale totale s’est établie autour de 48,2 tonnes.
L’or demeure la principale source de devises du pays. Il représente plus de 70 % des recettes d’exportation, contribue à près de 9 à 10 % du produit intérieur brut et génère environ 25 % des recettes budgétaires de l’État.
La production industrielle repose en grande partie sur quelques grands opérateurs miniers. En 2025, les principaux volumes provenaient notamment de B2Gold (17,5 tonnes), Allied Gold (9,58 tonnes) et Barrick Gold (5,5 tonnes). La baisse enregistrée par ce dernier groupe, liée aux difficultés du complexe minier de Loulo-Gounkoto, a contribué au recul global de la production.
Malgré ce poids économique, le secteur reste confronté à des défis importants. L’expansion de l’orpaillage clandestin et l’exploitation minière illégale se sont intensifiées ces dernières années dans plusieurs zones aurifères, notamment dans les régions de Kayes, Koulikoro et Sikasso.
Ces activités échappent souvent au contrôle fiscal et réglementaire, entraînant des pertes pour les finances publiques. Elles favorisent également le trafic illicite de substances minérales, l’utilisation de produits chimiques dangereux comme le mercure et le cyanure, ainsi que la dégradation de l’environnement dans certaines zones minières.
La Brigade spéciale des Mines, dotée de pouvoirs de police judiciaire et d’une compétence nationale, devra renforcer les mécanismes de contrôle et de répression. Elle aura notamment pour mission de lutter contre l’exploitation illégale, de sécuriser les sites d’orpaillage et de contribuer à la protection de l’environnement.
Cette mesure doit également permettre de mieux sécuriser les revenus issus d’un secteur stratégique pour l’économie nationale, dans un contexte marqué par la volatilité des marchés internationaux de l’or.

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