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Éthiopie : le Tigré à l’épreuve de la paix

Un rapport publié en début de semaine alerte sur la stabilité précaire dans le nord de l’Éthiopie, malgré l’accord de…

Un rapport publié en début de semaine alerte sur la stabilité précaire dans le nord de l’Éthiopie, malgré l’accord de paix signé à Pretoria en 2022. Tensions politiques internes, affrontements récents et crise humanitaire persistante continuent de fragiliser la région.

Plus de trois ans après cet accord entre le gouvernement fédéral et le Tigray People’s Liberation Front (TPLF), la paix reste incertaine. S’il a mis fin aux combats à grande échelle ayant causé des centaines de milliers de morts entre 2020 et 2022, plusieurs facteurs continuent d’alimenter l’instabilité.

Depuis début 2026, des affrontements ont été signalés dans l’ouest du Tigré, notamment à Tselemti. Fin janvier, forces fédérales et combattants liés au TPLF se sont opposés, avec usage de drones et d’artillerie lourde. Les vols commerciaux entre Addis-Abeba et Mekele ont été suspendus pendant une semaine.

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Les tensions concernent aussi les zones frontalières avec l’Afar, autour d’Alamata et Korem, deux localités stratégiques reprises par le TPLF. Parallèlement, l’organisation paramilitaire Fano, proche des Amhara, contrôle toujours des secteurs de l’ouest du Tigré. Ce territoire devait être restitué selon l’accord de Pretoria, sans que ce retrait n’ait été pleinement appliqué, maintenant plus d’un million de déplacés.

À ces tensions militaires s’ajoutent des divisions internes au sein du TPLF. Le mouvement est aujourd’hui partagé entre la faction de Getachew Reda, à la tête de l’administration intérimaire, et celle de Debretsion Gebremichael, plus radicale. Cette rivalité complique la gouvernance alors que le mandat de l’administration intérimaire expire en avril 2026, sans calendrier électoral clair.

La situation reste également influencée par les relations avec l’Érythrée. En octobre 2025, le ministre éthiopien des Affaires étrangères, Gedion Timothewos, a saisi l’ONU pour dénoncer une « alliance entre le TPLF et l’Érythrée ». Des mouvements de troupes érythréennes ont été observés près de Badme et Tsedal, ravivant les craintes d’escalade. L’Érythrée avait soutenu Addis-Abeba pendant la guerre sans participer aux négociations de Pretoria.

La situation humanitaire demeure préoccupante. Près de deux millions de personnes sont déplacées, tandis que plusieurs camps font face à des pénuries alimentaires. Les autorités fédérales et régionales se renvoient la responsabilité des difficultés d’acheminement de l’aide.

À l’approche des élections de juin 2026, la question du vote dans les zones contestées reste sensible, certains scrutins devant être organisés séparément. La paix au Tigré apparaît ainsi comme un équilibre fragile, appelant à un cadre sécuritaire renforcé impliquant Addis-Abeba, Mekele et les pays voisins.

 

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