Lors d’une conférence de presse tenue le mardi 3 février 2026, le commandant de l’United States Africa Command a alerté sur l’aggravation de la menace sécuritaire au Sahel. AFRICOM a également dévoilé ses principales priorités pour 2026, dont l’exercice multinational Flintlock.
Lors de cette intervention, le général Dagvin R. M. Anderson a dressé un constat préoccupant de l’évolution de la situation sécuritaire en Afrique de l’Ouest et dans la bande sahélienne. Selon lui, les groupes armés affiliés à al-Qaida et à l’État islamique continuent de renforcer leurs capacités opérationnelles, profitant des fragilités structurelles, des zones faiblement gouvernées et des tensions locales pour étendre leur emprise.
Le commandant d’AFRICOM a souligné que la menace ne se limite plus aux pays du Sahel central et présente désormais des risques d’extension vers les États côtiers du golfe de Guinée. Cette dynamique, a-t-il averti, complique les réponses sécuritaires et exige une coopération accrue entre les pays concernés, notamment en matière de partage de renseignements et de surveillance.
Interrogé sur la posture américaine, le général Anderson a réaffirmé que les États-Unis privilégient une approche fondée sur l’appui aux partenaires africains plutôt que sur un déploiement massif de troupes. Cette stratégie repose principalement sur la formation, l’assistance technique, le renseignement et le renforcement des capacités des forces locales, dans un contexte régional marqué par la reconfiguration des alliances sécuritaires.
Dans ce cadre, AFRICOM prévoit l’organisation en 2026 de plusieurs exercices militaires multinationaux. Parmi eux figure Flintlock, un exercice dédié aux forces spéciales, présenté comme un pilier de la coopération sécuritaire. L’édition 2026 sera articulée autour d’un hub principal en Côte d’Ivoire, avec des activités associées en Libye, et réunira de nombreux pays africains ainsi que des partenaires internationaux. L’objectif affiché est d’améliorer l’interopérabilité, la coordination opérationnelle et la capacité de réponse face aux menaces transfrontalières.
D’autres exercices, tels qu’African Lion, Cutlass Express et Justified Accord, sont également programmés afin de renforcer la coopération militaire dans les domaines terrestre, maritime et interarmées. AFRICOM insiste toutefois sur le fait que ces initiatives ne peuvent produire d’effets durables sans une prise en compte des dimensions politiques et civiles des crises.
Le général Anderson a enfin rappelé que les réponses sécuritaires strictement militaires montrent leurs limites lorsqu’elles ne s’accompagnent pas d’efforts en matière de gouvernance, de protection des civils et de confiance entre États voisins. Dans un Sahel confronté à une instabilité persistante, il a estimé que la coordination régionale et la cohérence des stratégies resteront déterminantes pour endiguer durablement la violence armée.




