La tuberculose est la maladie infectieuse la plus meurtrière au monde. Selon l’Organisation mondiale de la santé, elle a causé environ 1,23 million de décès en 2024, pour 10,7 millions de cas, confirmant sa place de première cause de mortalité infectieuse devant la Covid-19. Malgré le fait qu’elle soit évitable et guérissable, elle reste étroitement liée à la pauvreté, à la malnutrition et aux systèmes de santé fragiles.
Identifiée en 1882 avec la découverte du bacille par Robert Koch, la maladie continue de toucher des millions de personnes chaque année. Les efforts de lutte se heurtent à des financements insuffisants, estimés à un déficit d’environ 22 milliards de dollars par an, tandis que la recherche n’a mobilisé que 1,2 milliard de dollars en 2023, soit une infime fraction des besoins. Accélérer la riposte suppose à la fois des ressources durables et une adaptation des stratégies.
Parmi les leviers mobilisés, l’innovation occupe une place centrale. De nouveaux outils de diagnostic, des traitements plus courts et plus efficaces, ainsi que l’imagerie numérique permettent d’améliorer la prise en charge et de réduire les délais de détection.
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L’IA au service du dépistage
L’Intelligence Artificielle s’impose progressivement comme un outil-clé dans la lutte contre la tuberculose. Des logiciels capables d’analyser les radiographies thoraciques permettent d’identifier rapidement les cas suspects, y compris dans des zones où les radiologues sont absents. Ces solutions, déjà utilisées dans plusieurs pays à ressources limitées, facilitent un dépistage à grande échelle.
Selon le Fonds mondial, ces technologies améliorent la qualité du diagnostic, notamment dans les zones rurales ou isolées. Entre 2021 et 2025, plus de 193 millions de dollars ont été mobilisés pour soutenir leur déploiement dans une vingtaine de pays. En parallèle, le nombre de cas diagnostiqués est passé de 7,5 millions en 2022 à 8,2 millions en 2023, tandis que les cas non détectés ont reculé de 4 millions en 2020 à 2,7 millions en 2023.
Au Mali, 8 632 cas ont été enregistrés en 2024, contre un peu plus de 8 200 en 2023, avec 491 décès. Le pays dispose d’environ 110 centres de traitement et d’une prise en charge gratuite, avec un taux de succès thérapeutique estimé à 84%. Des ruptures ponctuelles de médicaments et des difficultés d’accès aux soins continuent toutefois de freiner la lutte contre la maladie.




