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Sahel : Le nouvel épicentre du terrorisme mondial

Selon le Global Terrorism Index 2026, les morts liées au terrorisme ont reculé de 28% en 2025, à 5 582…

Selon le Global Terrorism Index 2026, les morts liées au terrorisme ont reculé de 28% en 2025, à 5 582 victimes pour 2 944 attaques dans le monde. Mais cette baisse masque un basculement majeur, puisque le Sahel concentre désormais près de la moitié des décès.

Le terrorisme recule globalement, mais il se transforme. En 2025, les violences ont diminué dans leurs anciens bastions, notamment au Moyen-Orient. À l’inverse, l’Afrique subsaharienne s’impose comme le nouveau centre de gravité du phénomène, avec le Sahel en première ligne.

La région concentre près de la moitié des morts liées au terrorisme, contre moins de 1% en 2007. En une décennie, les décès y ont été multipliés par dix. Cette dynamique s’organise autour d’un noyau de pays – Burkina Faso, Niger, Nigeria et Mali – qui concentrent l’essentiel de la violence.

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Les tendances nationales confirment une menace en mutation. Au Niger, les attaques sont passées de 102 en 2024 à 88 en 2025, avec une baisse des décès. Au Mali, 341 morts ont été recensés pour 106 attaques. Au Burkina Faso, malgré un recul, les niveaux de violence restent parmi les plus élevés au monde. Ces évolutions traduisent un redéploiement plus qu’un recul.

Cette violence est portée par quelques groupes dominants. L’État Islamique, le JNIM, Al-Shabaab et le Tehrik-e-Taliban Pakistan concentrent l’essentiel des victimes à l’échelle mondiale. Dans le Sahel, le JNIM et les branches locales de l’État Islamique structurent les attaques, ciblant forces de sécurité, civils et axes économiques.

Ce basculement s’explique aussi par une recomposition sécuritaire. Le retrait progressif des forces occidentales, la fin de la mission onusienne au Mali et la dissolution du G5 Sahel ont contribué à fragiliser les dispositifs régionaux. Dans le bassin du lac Tchad, la force multinationale mixte reste active, mais ses capacités demeurent limitées.

En réponse, des pays sahéliens ont engagé de nouvelles formes de coopération, notamment à travers l’Alliance des États du Sahel. Mais ces initiatives restent confrontées à des défis de coordination, de moyens et de contrôle territorial durable.

La menace déborde désormais des frontières sahéliennes. Des incursions sont observées vers les pays du Golfe de Guinée, notamment au Bénin et au Togo. Le Maghreb reste exposé à des risques de résurgence, tandis qu’en Occident les attaques isolées et les phénomènes de radicalisation individuelle progressent.

Ainsi, le terrorisme ne disparaît pas, il se déplace et s’adapte. Tant que ce basculement ne sera pas pleinement intégré, le Sahel restera le cœur de cette menace globale.

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