Corridor d’Abidjan : la Côte d’Ivoire facilite l’accès portuaire pour le Mali et le Burkina

Abidjan a décidé d’alléger les formalités douanières sur les marchandises à destination du Mali et du Burkina Faso. Cette mesure…

Abidjan a décidé d’alléger les formalités douanières sur les marchandises à destination du Mali et du Burkina Faso. Cette mesure vise à réduire les délais de transit et à fluidifier un corridor essentiel pour l’approvisionnement des deux pays sahéliens.

La Côte d’Ivoire a officiellement supprimé, par une circulaire signée le 31 mars 2026, l’obligation de visa douanier préalable sur les déclarations de marchandises destinées au Mali et au Burkina Faso. Cette formalité, en vigueur depuis le 28 avril 2000, imposait jusqu’ici aux commissionnaires en douane de faire viser leurs documents par les représentations douanières malienne et burkinabè installées en territoire ivoirien avant tout dépôt auprès des bureaux compétents.
La nouvelle disposition met fin à une procédure vieille de 26 ans. Désormais, les déclarations peuvent être déposées directement auprès des services douaniers ivoiriens, sans validation préalable. Les autorités ivoiriennes s’appuient pour cela sur des outils numériques déjà opérationnels, notamment le module T1 pour le corridor ivoiro-malien et le système SIGMAT pour le corridor vers le Burkina Faso. Ces plateformes permettent le suivi en temps réel des marchandises en transit, rendant le visa papier devenu redondant.
Cette décision intervient sur un axe commercial stratégique pour les pays enclavés du Sahel. Le port autonome d’Abidjan demeure l’un des principaux points d’entrée maritime pour le commerce extérieur du Mali et du Burkina Faso. Selon les données portuaires et gouvernementales disponibles, une part importante du transit des pays de l’hinterland ouest-africain passe par Abidjan, notamment pour les hydrocarbures, les produits alimentaires, les matériaux de construction et les intrants industriels.
Pour le Mali, ce corridor reste particulièrement sensible. Le port d’Abidjan a longtemps absorbé une part majeure du commerce extérieur malien, notamment sur l’axe Abidjan–Bouaké–Korhogo–frontière–Bamako. Les autorités ivoiriennes avaient déjà indiqué que le port ambitionnait de redevenir le premier port de transit maritime du commerce malien, avec des investissements dans les quais, le canal de Vridi, les espaces logistiques et les dessertes routières.
La mesure est également significative pour le Burkina Faso, dont le corridor Abidjan–Ouagadougou constitue l’un des axes logistiques majeurs, à la fois par route et par rail. La ligne ferroviaire reliant Abidjan à Ouagadougou, longue d’environ 1 145 kilomètres, reste l’une des plus importantes de la sous-région pour le transport de marchandises.
En pratique, la suppression du visa douanier devrait réduire les délais administratifs, accélérer le passage portuaire et limiter certains coûts supportés par les opérateurs économiques. Pour le Mali comme pour le Burkina Faso, où les prix à l’importation restent sensibles aux coûts logistiques, cette simplification peut avoir un effet direct sur la rapidité d’acheminement des marchandises et, à terme, sur les délais d’approvisionnement des marchés intérieurs.
Cette évolution intervient alors que les corridors régionaux font l’objet d’une attention renforcée, avec plusieurs initiatives en cours sur les axes ouest-africains destinés à sécuriser et moderniser les chaînes logistiques reliant les ports du Golfe de Guinée aux pays sahéliens.

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