Réunis à Ouagadougou du 24 au 26 février 2026, experts et ministres de la Confédération des États du Sahel (AES) travaillent à l’élaboration d’une feuille de route pour la deuxième année d’existence de l’organisation. Le document, proposé par le Burkina Faso et enrichi par le Mali et le Niger, doit servir de cadre stratégique aux prochaines étapes de l’intégration confédérale.
Ce travail s’inscrit dans la continuité de la première année de la Confédération, marquée par la mise en place progressive des mécanismes de coopération entre les trois États. La nouvelle feuille de route vise à consolider ces acquis tout en accélérant l’opérationnalisation de l’espace confédéral.
Proposé par le Burkina Faso, qui assure la présidence tournante depuis le 23 décembre 2025, le projet repose sur les trois piliers fondateurs de l’AES : la défense et la sécurité, la diplomatie et le développement.
Un document construit dans la concertation
Avant leur arrivée à Ouagadougou, les États membres ont procédé à un examen approfondi du texte initial. Au Niger, une réunion préparatoire a permis d’introduire plusieurs amendements afin de mieux prendre en compte les priorités nationales, dans un esprit de cohésion et de responsabilité collective.
Les autorités nigériennes ont veillé à harmoniser leurs positions avant les discussions techniques et ministérielles. Ce travail en amont a permis de valider certaines propositions, d’apporter des corrections et d’introduire de nouvelles orientations jugées nécessaires.
Pour Mme Bayard Mariama Gamatié, vice-présidente du Comité national AES du Niger et cheffe de la délégation nigérienne, la feuille de route finale doit refléter « une vision politique partagée et stratégiquement cohérente, des actions prioritaires clarifiées, hiérarchisées et validées, ainsi que la consolidation des acquis de l’An I, dans un instrument consensuel prêt à être mis en œuvre pour l’An II ».
Le Mali a également contribué à l’enrichissement du document avec l’objectif d’aboutir à un texte véritablement consensuel, hiérarchisant clairement les actions prioritaires.
Les conclusions des travaux des experts doivent être examinées le 26 février par les ministres en charge des trois piliers de la Confédération, avant leur transmission aux chefs d’État pour adoption définitive.
Une feuille de route tournée vers l’action
Au-delà de l’exercice institutionnel, la feuille de route de l’An II devrait marquer un passage à une phase plus concrète. Selon plusieurs observateurs, le document devrait mettre l’accent sur la coordination des opérations de sécurité, l’approfondissement de la libre circulation des personnes et des biens, ainsi que la mise en œuvre de projets économiques communs.
Pour l’analyste politique Amadou Haidara, la nouvelle feuille de route pourrait constituer un tournant dans la consolidation de l’AES. « L’enjeu n’est plus seulement d’affirmer une vision politique commune, mais de produire des résultats visibles pour les populations », estime-t-il.
Il plaide pour des actions à impact direct, notamment dans les domaines des infrastructures, du désenclavement et du développement économique.
Les priorités identifiées concernent la lutte contre le terrorisme, la sécurité des populations, le développement endogène et le renforcement de partenariats internationaux fondés sur le respect de la souveraineté des États membres.
Si elle est adoptée par les trois chefs d’État, la feuille de route de l’An II pourrait devenir le principal instrument stratégique de la Confédération pour transformer l’élan politique initial en réalisations concrètes et durables.
Mohamed Kenouvi




