À Bamako, les immeubles ne s’effondrent plus seulement par simple accident, ils cèdent sous le poids d’un système défaillant. Le drame de Daoudabougou, survenu le dimanche 22 mars dernier, n’est qu’un épisode de plus dans une série où les mêmes causes produisent inlassablement les mêmes tragédies.
Derrière chaque dalle qui s’écroule, il y a des vies brisées, des familles endeuillées, des ouvriers exposés sans protection et des habitants qui doutent de la solidité de leur logement. Depuis Banconi, en 2019, jusqu’aux effondrements récents, les alertes se sont accumulées. Ce qui manque, c’est une rupture réelle avec le laxisme et la négligence.
Le problème est connu. Permis délivrés sans rigueur ou contournés, chantiers lancés sans étude sérieuse du sol, contrôles absents ou fictifs, matériaux frauduleux largement utilisés. Le fer à béton non conforme n’est pas une rumeur, c’est une réalité documentée. Tant que cette chaîne persistera, chaque construction comportera un risque.
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Ailleurs, des décisions ont suivi les drames. Au Maroc, des immeubles ont été démolis et des responsables poursuivis après des effondrements à Casablanca. Au Sénégal, des chantiers ont été stoppés et des promoteurs traduits en justice. Là-bas, construire mal expose à des sanctions.
Il devient nécessaire à Bamako aussi d’imposer un contrôle technique indépendant à chaque étape, de certifier strictement les matériaux et de responsabiliser pénalement tous les acteurs, du promoteur à l’ingénieur. Suspendre immédiatement les chantiers non conformes s’impose désormais.
Ce qui est en jeu dépasse le bâtiment. Il s’agit de la place accordée à la vie humaine. Tant que les règles ne seront pas appliquées, les immeubles continueront de s’écrouler.




