Alassane Maïga est analyste des dynamiques sécuritaires et institutionnelles. Il répond aux questions de Journal du Mali sur le prélèvement de 10% sur les ressources des associations et fondations.
La contribution de 10% soulève aujourd’hui beaucoup d’inquiétudes. Où se situe, selon vous, le principal problème ?
Il n’est pas clairement établi si cette contribution s’applique uniquement aux financements du développement ou si elle pourrait aussi concerner les programmes d’urgence humanitaire. Cette distinction est fondamentale, car mêler les deux reviendrait à fragiliser les interventions les plus urgentes, celles liées à la réponse immédiate et à la sauvegarde des vies.
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L’État justifie cette mesure par un besoin de suivi et de contrôle. Cet argument vous paraît-il fondé ?
Le besoin de contrôle existe, mais les organisations évoluent déjà dans un cadre rigoureux, avec avis de non-objection, rapports transmis à l’administration territoriale, implication des services techniques de l’État et suivi sectoriel. La nouvelle contribution risque surtout d’ajouter une couche administrative supplémentaire sans améliorer réellement la redevabilité.
Quels risques voyez-vous pour les partenaires et les populations ?
Le premier risque tient à l’incompréhension de certains bailleurs, dont les ressources proviennent souvent de contribuables ou de fondations étrangères engagés dans une logique de solidarité. Le second touche directement les populations, car taxer les fonds destinés à la santé, à l’eau, à la nutrition ou à l’urgence réduirait les moyens de survie des plus vulnérables. Une clarification du champ d’application, avec une exemption explicite des interventions d’urgence, permettrait d’apaiser une grande partie des inquiétudes.




