Cancer : Quatre cas sur dix évitables

Le monde pourrait enregistrer 35 millions de nouveaux cas de cancer d’ici à 2050. Environ une personne sur 5 développe un cancer au cours de sa vie. Mais 4 cas sur 10 pourraient être évités pour ce problème de santé mondiale, selon une nouvelle étude de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), publiée ce 3 février 2026, à l’occasion de la journée mondiale de lutte contre cette maladie.

« En examinant les tendances dans les pays et les groupes de la population, nous pouvons donner aux pouvoirs publics et aux particuliers des informations plus précises qui contribuent à prévenir les cancers avant qu’ils ne se déclarent », déclare le responsable de la lutte contre le cancer à l’OMS, auteur du rapport. Le cancer est donc un problème de santé publique, dont une part importante pourrait être prévenue. Ces causes évitables vont du tabagisme, à l’obésité en passant par la consommation d’alcool ou l’inactivité physique.

Dans l’étude menée par l’OMS et le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), portant sur 30 causes de cancer évitables, on note aussi la pollution de l’air, le rayonnement ultraviolet et pour la première fois, 9 agents infectieux.

L’étude montre qu’en 2022, 37% des nouveaux cas de cancer (soit environ 7,1 millions de cas), étaient liés à des causes évitables. Les résultats de l’état démontrent donc le rôle primordial de la prévention dans la diminution de la charge du cancer.

A l’échelle mondiale, sur 36 types de cancer dans 185 pays, le tabagisme demeure la première cause de cancer évitable (15% des nouveaux), devant les infestions (10%) et l’alcool (3%). Les cancers du poumons, de l’estomac et du col de l’utérus, représentent près de la moitié des cas évitables dans le monde, chez les hommes et les femmes.

Disparités régionales

La charge des cancers évitables est plus élevée chez les hommes que les femmes. Ils représentent 45% des nouveaux cas contre 30% chez les femmes.

Chez les hommes, le tabagisme constitue le principal facteur de risque (23%), devant les infections (9%) et l’alcool (4%). Alors que chez les femmes, les infections sont la première cause (11%), devant le tabagisme (6%) et le surpoids (3%).

La charge du cancer varie également d’une région à l’autre du monde. Elle est de 24% en Afrique du nord et en Asie de l’ouest et de 38% en Afrique subsaharienne chez les femmes.

Santé publique : l’OMS plaide pour des taxes plus élevées sur le sucre et l’alcool

Dans des rapports publiés le 13 janvier 2026, l’Organisation mondiale de la santé a appelé les États à augmenter les taxes sur les boissons sucrées et les produits alcoolisés. L’objectif est de réduire les consommations nocives et de mobiliser des ressources pour des systèmes de santé sous pression.

L’OMS estime que les niveaux actuels de taxation restent généralement trop bas, favorisant l’accessibilité de ces produits même si leur impact sur la santé est bien documenté. L’agence recommande une hausse d’au moins 20 % des taxes sur les boissons sucrées, ce qui pourrait faire chuter leur consommation de 10 à 20 %, contribuant ainsi à freiner la progression de l’obésité et du diabète de type 2.

Dans le monde, 116 pays ont mis en place des taxes ciblant les boissons sucrées, mais celles-ci sont souvent limitées à certains produits comme les sodas et excluent les jus ou boissons lactées sucrées. Pour l’alcool, 167 pays prélèvent des taxes, mais leurs taux restent souvent faibles et non ajustés à l’inflation, rendant ces produits plus abordables au fil du temps.

Sur le continent africain, le défi est double. La consommation de boissons sucrées et alcoolisées augmente, notamment chez les jeunes urbains, tandis que les systèmes de santé font face à une pression financière accrue. Les maladies non transmissibles — obésité, diabète, maladies cardiovasculaires — représentent aujourd’hui une part croissante des décès, créant une charge budgétaire lourde pour des pays déjà dépendants de financements externes. Entre 2021 et 2025, certains pays d’Afrique ont enregistré une baisse de jusqu’à 70 % de l’aide extérieure, accentuant le besoin de ressources internes pour la santé.

Des analyses montrent que l’accessibilité croissante de ces produits est liée à une absence de mise à jour des taxes : entre 2022 et 2024, dans 62 pays, les boissons sucrées sont devenues plus abordables, et dans 56 pays, c’est le cas pour la bière, faute de réajustement des politiques fiscales par rapport à l’inflation et aux revenus. Ce phénomène est observé dans plusieurs économies africaines, alimentant des comportements de consommation jugés à risque par les experts sanitaires.

L’OMS souligne que des taxes bien calibrées peuvent jouer un rôle stratégique dans les politiques de santé publique. En plus de dissuader la consommation de produits nocifs, elles peuvent générer des recettes fiscales substantielles, réinvesties dans la prévention, la promotion de modes de vie sains, l’accès aux soins et le renforcement des systèmes de santé. Des exemples de pays ayant obtenu des résultats positifs grâce à de telles mesures seront prochainement publiés par l’agence.

Alors que les gouvernements cherchent des leviers pour améliorer la santé de leurs populations et assurer la viabilité de leurs systèmes de soins, la recommandation de l’OMS met l’accent sur une approche intégrée alliant fiscalité, prévention et éducation sanitaire.

 

Assa Badiallo Touré élue vice-présidente du Comité régional OMS-Afrique

La ministre malienne de la Santé et du Développement social, le colonel Dr Assa Badiallo Touré, a été élue première vice-présidente du Comité régional de l’Organisation mondiale de la Santé pour l’Afrique. L’élection est intervenue lors de la 75ᵉ session du Comité régional, ouverte le 25 août 2025 à Lusaka, en Zambie, en présence des ministres de la Santé des 47 États membres de la Région Afrique de l’OMS.

Médecin militaire de formation, le colonel Assa Badiallo Touré avait été nommée ministre le 1ᵉʳ juillet 2023 dans le gouvernement de transition du Mali. Depuis sa prise de fonctions, elle a lancé plusieurs initiatives sanitaires majeures, dont l’introduction du vaccin antipaludique en avril 2025 et le déploiement du programme REACH Mali en juin 2025, destiné à réduire la mortalité infantile.
Son élection au poste de vice-présidente du Comité régional n’est pas honorifique. Elle s’accompagne de responsabilités précises comme seconder le président de la session, participer à la conduite des travaux de l’organe décisionnel et représenter la Région Afrique dans certaines instances de gouvernance de l’OMS. Elle devra également contribuer à la préparation et au suivi des résolutions soumises à l’Assemblée mondiale de la Santé.
Pour le Mali, cette désignation est perçue comme une reconnaissance internationale du leadership sanitaire engagé ces dernières années. Elle intervient dans un contexte où le pays s’attèle à renforcer son système de santé et à répondre aux défis liés au paludisme, à la couverture sanitaire universelle et à la survie infantile.
Les travaux de la session de Lusaka, qui se poursuivent cette semaine, portent sur des priorités régionales telles que la préparation et la riposte aux urgences sanitaires, la lutte contre les maladies endémiques, et le renforcement des systèmes de santé. Dans ce cadre, Assa Badiallo Touré sera appelée à jouer un rôle actif dans la définition et l’application des stratégies adoptées pour la période 2025-2027.

CDC Afrique : La variole du singe déclarée urgence sanitaire

Le virus de la variole du singe est déclaré urgence de santé publique par Africa CDC, pour la sécurité du continent, depuis ce 13 août 2024. Les Centres africains de contrôle et de prévention des maladies (CDC Afrique) estiment que l’épidémie actuelle de Mpox est une urgence de santé publique continentale (PHECS). Une première pour l’agence, depuis sa création en 2017.

« Aujourd’hui, nous déclarons cette PHECS pour mobiliser nos institutions, notre volonté collective et nos ressources pour agir rapidement et de manière décisive. Cela nous permet de forger de nouveaux partenariats, de renforcer nos systèmes de santé, d’éduquer nos communautés et de mettre en œuvre des interventions vitales là où elles sont le plus nécessaires. Il n’est pas nécessaire d’imposer des restrictions de voyage pour le moment », a déclaré le Directeur général de CDC Afrique.

Au moins 13 pays africains, dont certains épargnés auparavant comme le Burundi, le Rwanda et l’Ouganda ont déclaré des épidémies de variole. En 2024, certains pays ont confirmé 2 863 cas et 517 décès, principalement en RDC. Les cas suspects pour l’ensemble du continent ont dépassé les 17 000, une augmentation significative par rapport aux 7 146 cas de 2022 et aux 14 957 cas de 2023.  Si pour l’heure ce sont les pays d’Afrique centrale qui sont les plus touchés par l’épidémie, l’Afrique de l’ouest est entrée dans la danse le 15 août avec les premiers cas positifs enregistrés en Côte d’Ivoire. Au Mali, aucun cas n’est enregistré à ce jour. Le ministère de la Santé et du Développement social a, dans un communiqué, assuré être en alerte et que des dispositions sont prises pour renforcer la surveillance dans tous les établissements de santé. 90 sites du réseau de télé dermatologie de l’hôpital de dermatologie sont également en alerte.

Au-delà de l’Afrique, les premiers cas ont été découverts en Europe et en Asie.  Le 15 août, la Suède a annoncé avoir découvert le premier cas d’une souche plus virulente du virus sur son sol et ce matin. Le Pakistan aussi a fait état d’un premier cas de mpox sur son territoire.

Urgence d’agir

Le 7 août 2024, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a autorisé l’activation du protocole d’autorisation d’utilisation d’urgence des vaccins pour permettre aux fabricants de soumettre leurs manifestations d’intérêt. Selon le responsable du Groupe consultatif d’urgence du CDC Afrique, la faiblesse de la surveillance et les preuves limitées font que les réalités peuvent s’avérer plus importantes que ce qui est révélé actuellement. D’où l’urgence d’agir avec des moyens plus conséquents. « Nous craignons que nous assistions à davantage de décès en Afrique compte tenu de l’association avec le VIH », souligne-t-il. Pour gérer l’épidémie, Africa CDC a signé un accord de partenariat avec l’Autorité de préparation et de réponse aux urgences sanitaires (HERA) de la Commission européenne et Bavarian Nordic pour fournir plus de 215 000 doses du vaccin MVA-BN®, le seul vaccin Mpox approuvé par la FDA et l’EMA. L’agence veillera à une distribution équitable en priorisant les pays les plus touchés.

La variole du singe est une maladie virale causée par un virus qui se divise en 2 sous-clades (Groupement de plusieurs embranchements de plantes ou d’animaux ayant une organisation et une origine communes). Les symptômes comprennent une éruption cutanée et de la fièvre. La maladie se transmet d’homme à homme, par des matières contaminées ou par un animal infecté.

Fatoumata Maguiraga

Trachome : le Mali a éliminé la maladie selon l’OMS

L’organisation mondiale de la santé a annoncé l’élimination du trachome en tant que problème de santé publique au Mali et au Bénin. Le trachome devient ainsi la première maladie tropicale négligée à être éliminée au Mali. 

Le trachome est une infection oculaire bactérienne due à la bactérie nommée Chlamydia trachomatis. L’infection se transmet d’une personne à une autre par l’intermédiaire des doigts, des objets ou des mouches contaminés ayant été en contact avec des écoulements provenant des yeux ou du nez d’une personne infectée. Car les facteurs de transmissions du trachome comprennent une mauvaise hygiène, la promiscuité, un accès insuffisant à l’eau et à des installations sanitaires appropriées.  Non traité, le trachome peut provoquer une cécité irréversible.

Selon l’OMS, en Afrique, le nombre de personnes nécessitant un traitement antibiotique contre le trachome a diminué de 84 millions, passant de 189 millions en 2014 à 105 millions en juin 2022, ce qui représente 84% du fardeau mondial du trachome. La maladie se rencontre principalement dans les zones les plus pauvres et les plus rurales d’Afrique, d’Amérique centrale et du Sud, d’Asie, du Pacifique occidental et du Moyen-Orient.

Au niveau mondial, le Bénin et le Mali rejoignent ainsi 15 autres pays qui ont été validés par l’OMS pour avoir éliminé le trachome en tant que problème de santé publique. Il s’agit du Cambodge, de la Chine, de la Gambie, du Ghana, de la République islamique d’Iran, de la République démocratique populaire lao, du Malawi, du Maroc, du Mexique, du Myanmar, du Népal, d’Oman, de l’Arabie saoudite, du Togo et de Vanuatu. Cependant, affirme l’organisation, le trachome reste endémique dans 23 pays en Afrique.

Pour arriver à l’éradication, Bamako a appliqué des interventions chirurgicales pour traiter les complications tardives du trachome, des antibiotiques pour éliminer l’infection, la propreté du visage et l’amélioration de l’environnement, en particulier l’accès à l’eau et à l’assainissement, pour réduire la transmission. « La charge du trachome pesait lourdement quand le programme a démarré et, néanmoins, le Mali a montré ce qu’on pouvait réaliser sous le sceau de la collaboration et du partenariat. Je suis fier de prendre part à cet incroyable accomplissement avec mes concitoyens et souhaite que ce soit une inspiration pour d’autres pays engagés dans une même lutte » indique le Professeur Lamine Traoré, Coordinateur du Programme National de la Santé Oculaire (PNSO) du Mali. Une enquête faite en 1996 constatait la présence du trachome dans la quasi-totalité du pays avec presque 10 millions de personnes courant le risque de devenir aveugle.

L’infection touche essentiellement les enfants. Chez les adultes, les femmes courent jusqu’à deux fois plus de risques que les hommes d’être touchées par les complications cécitantes du trachome selon l’OMS. L’organisation mondiale se fixe désormais 2030 comme la nouvelle échéance pour l’élimination mondiale du trachome en tant que problème de santé publique.