Étiquette : Mali
Journalistes enlevés : une inquiétude renouvelée après la preuve de vie de deux agents de l’ORTM
Une vidéo récente attribuée au JNIM a ravivé les inquiétudes autour des journalistes disparus. La situation des professionnels capturés ces dernières années demeure entourée d’incertitudes.
La diffusion d’un enregistrement montrant Daouda Koné, directeur régional de l’ORTM à Douentza, a rappelé la persistance des risques auxquels sont exposés les acteurs des médias dans les zones d’insécurité. Lui et son caméraman Salif Sangaré ont été enlevés le 14 octobre 2025 sur l’axe Sévaré–Konna alors qu’ils rentraient d’une mission. Dans la vidéo, Daouda Koné confirme leur capture et évoque leurs conditions de détention, sans donner d’indication sur l’état de santé de son collègue. Depuis la publication de cette séquence, aucune information officielle n’a été communiquée, laissant leur sort en suspens et maintenant l’incertitude pour leurs familles comme pour leur rédaction.
Ce nouvel épisode survient dans un contexte marqué par plusieurs disparitions non résolues. Hamadoun Nialibouly, journaliste de la radio Dandé à Douentza, est porté disparu depuis le 27 septembre 2020, date à laquelle il avait été enlevé lors d’un déplacement sur l’axe Douentza–Boni. Les recherches menées au fil des années n’ont permis d’établir ni les conditions de sa détention ni l’identité de ses ravisseurs, et aucune revendication n’a été confirmée. Malgré les appels répétés des associations professionnelles, aucune évolution publique n’a été signalée.
Le cas de Moussa M’Bana Dicko, disparu également dans la région de Boni, illustre les mêmes incertitudes. Les informations disponibles sur les circonstances de son enlèvement demeurent limitées et aucune trace de vie n’a été rendue publique depuis sa disparition. Son nom figure régulièrement dans les mobilisations en faveur des journalistes introuvables, mais aucun élément récent n’a permis de relancer les recherches.
La diffusion de cette vidéo a mis en évidence la fragilité persistante des journalistes travaillant dans les régions du centre, où les déplacements restent risqués et les informations difficiles à vérifier. Elle intervient alors que plusieurs d’entre eux manquent toujours à l’appel, sans indication fiable sur leur situation. Les rédactions et les proches poursuivent leurs démarches pour obtenir des nouvelles, mais l’absence de communication officielle et l’accès limité aux zones concernées compliquent toute tentative d’éclaircissement.
Douane malienne : une transition sous pression
Le gouvernement a nommé un nouveau directeur général des Douanes lors du conseil des ministres du 3 décembre, à un moment où l’institution se trouve au centre d’enjeux économiques majeurs.
Cette transition intervient alors que les débats sur la gestion des flux d’hydrocarbures, les projections de recettes et les perspectives de réforme se multiplient.
La nomination marque la fin officielle des fonctions d’Amadou Konaté, appelée à intervenir quelques semaines avant la date à laquelle il devait atteindre la limite d’âge dans la fonction publique. Au-delà de l’aspect administratif, ce départ s’inscrit dans une période où la Douane occupe une place sensible dans la dynamique économique nationale. Les derniers mois ont été marqués par une série d’opérations de saisies mises en avant comme significatives, par des communications régulières soulignant des prévisions de recettes dépassées et par une forte visibilité de l’institution dans la lutte contre la fraude et la régulation des flux commerciaux. Ces éléments avaient contribué à renforcer l’image d’une administration en activité constante, dans un contexte où la performance douanière demeure directement liée à la capacité de l’État à sécuriser ses ressources intérieures.
Cette transition s’opère également dans un climat particulier, marqué par la pénurie de carburant qui a touché le pays depuis mi-septembre 2025. Les autorités avaient assuré que le nombre de camions-citernes entrant sur le territoire, après les mesures de déblocage, était supérieur aux volumes observés avant la crise. Cette affirmation avait déclenché de nombreuses interrogations sur la chaîne d’approvisionnement, la fluidité des contrôles et la capacité des administrations concernées à garantir une distribution régulière. Plusieurs acteurs économiques avaient relevé que, malgré l’augmentation des volumes déclarés, la disponibilité du carburant demeurait inégale selon les zones, révélant des décalages entre les flux enregistrés et l’impact réel sur le marché intérieur. Dans ces discussions, la Douane apparaissait comme l’un des maillons essentiels dont l’action conditionnait l’issue d’une crise devenue un test de coordination et de gouvernance.
Succession
Le départ d’Amadou Konaté intervient donc au moment où la Douane cristallise de fortes attentes. Les discussions autour de son avenir professionnel, sa présence dans les instances régionales des administrations douanières et la perspective de sa retraite avaient alimenté des interrogations sur la continuité de la direction. Sa participation active à des structures internationales avait été perçue comme le signe d’une installation durable dans le paysage institutionnel, tandis que la succession restait largement ouverte jusqu’à la décision gouvernementale.
La désignation de Cheickna Amala Diallo replace désormais l’attention sur les orientations à venir. Inspecteur des Douanes, il connaît les services et les contraintes techniques qui structurent l’institution, ainsi que les exigences opérationnelles liées à la surveillance des corridors et à la collecte des ressources. Sa prise de fonction survient dans un contexte où la Douane demeure un pilier de l’équilibre budgétaire, dans un pays où les recettes intérieures constituent un levier essentiel face au recul des appuis extérieurs et à la pression des dépenses sécuritaires. La capacité de l’administration à maintenir un niveau de mobilisation des ressources conforme aux projections sera suivie de près, tout comme son rôle dans la sécurisation des flux commerciaux, la transparence des procédures et l’accompagnement des mesures destinées à stabiliser les approvisionnements stratégiques, notamment en hydrocarbures.
Au-delà du changement à la tête de l’institution, les prochains mois montreront si cette transition ouvre une nouvelle phase de modernisation ou s’inscrit dans la continuité des pratiques engagées. Dans un environnement où les crises successives rappellent l’importance de chaque maillon de la chaîne économique, la direction des Douanes se retrouve une nouvelle fois face à la nécessité d’assurer la régularité des flux, de renforcer la confiance des opérateurs et de soutenir la prévisibilité de l’activité économique. L’évolution des décisions, des résultats et du rythme des réformes permettra de mesurer la manière dont l’institution répondra aux défis immédiats tout en se projetant dans une dynamique durable.
Lutte contre le Sida : Des avancées indéniables mais un financement incertain
À l’occasion du lancement, le 1ᵉʳ décembre 2025, du Mois national de lutte contre le VIH – Sida, la situation révèle une riposte marquée par des progrès réels mais fragilisée par la crise du financement extérieur. La baisse de la prévalence, l’amélioration de la prise en charge et le renforcement des capacités nationales contrastent aujourd’hui avec des menaces persistantes.
Depuis le début des années 2000, la lutte contre le VIH au Mali s’est progressivement structurée autour de politiques publiques plus efficaces, de l’implication active de la société civile et de l’appui constant des partenaires techniques et financiers. Cette dynamique collective a permis de réduire significativement la mortalité, d’améliorer l’accès au dépistage, de renforcer les services de prévention et d’augmenter le nombre de personnes sous traitement antirétroviral.
La prévalence au Mali, autrefois préoccupante, a régulièrement reculé, passant de 1,3% en 2010 à 0,76% en 2024. Cette évolution traduit les progrès accomplis dans la sensibilisation, la prévention et la prise en charge. Parallèlement, la couverture thérapeutique a connu une progression notable, passant de 5% au début des années 2000 à 68% aujourd’hui. La mortalité liée au VIH a quant à elle diminué d’environ 60% en vingt ans.
Lors de la cérémonie du 1ᵉʳ décembre, le Secrétaire général de la Présidence, Dr Alfousseyni Diawara, a salué ces avancées, affirmant que le pays avait accompli des progrès considérables, tout en soulignant que l’épidémie était concentrée au sein de groupes vulnérables, ce qui exige une vigilance constante.
Il a rappelé que la réduction de la prévalence, la baisse des décès et le recul des nouvelles infections montrent que la majorité des personnes vivant avec le VIH connaissent désormais leur statut, sont traitées et vivent mieux.
Malgré des résultats encourageants, les autorités reconnaissent que des poches de vulnérabilité persistent et qu’il reste beaucoup à faire pour consolider les acquis et éliminer le Sida comme problème de santé publique dans les prochaines années.
Une épidémie maîtrisée mais toujours présente
Le Mali se distingue par une prévalence relativement faible, comparée à certains pays de la sous-région, mais l’épidémie reste significative dans plusieurs groupes de population, notamment les femmes, les jeunes et les enfants.
Le Secrétaire exécutif du Haut Conseil national de lutte contre le Sida (HCNLS), Dr Ichiaka Moumine Koné, a rappelé lors de la cérémonie qu’il fallait garder en tête une double réalité : celle des progrès indéniables et celle de la fragilité persistante de la riposte.
Il a indiqué que 62% des adultes séropositifs au Mali sont des femmes et que le pays a enregistré en 2024 un total de 4 003 nouvelles infections, contre 5 800 en 2022. Les décès liés au VIH ont également diminué, passant de 4 300 en 2022 à 3 236 en 2024.
Sur les 111 000 personnes vivant avec le VIH recensées dans le pays, 75 000 sont aujourd’hui sous traitement. Toutefois, les performances de la cascade 95-95-95 restent insuffisantes, avec 71% des personnes connaissant leur statut sérologique, 68% sous traitement et 58% présentant une charge virale supprimée. Les écarts sont particulièrement marqués chez les enfants, dont seulement 56% sont sous traitement et 49% ont une charge virale contrôlée.
L’un des défis majeurs est la prévention de la transmission mère-enfant (PTME). En 2024, sur 4 361 femmes enceintes séropositives attendues dans les structures de santé, seules 2 003 ont été mises sous traitement, soit une couverture de 46%.
Selon Dr Koné, cette situation reflète des efforts réels mais également des limites structurelles à surmonter, notamment en matière de prévention, de prise en charge pédiatrique et de protection de la femme enceinte.
La stigmatisation, les pesanteurs sociales, les lourdeurs administratives dans la chaîne d’approvisionnement et l’insuffisance du dépistage ciblé chez les jeunes et les femmes continuent de freiner la riposte. Le Mali bénéficie néanmoins d’un cadre multisectoriel dynamique, d’un tissu associatif actif et d’avancées significatives dans l’accès au dépistage et au traitement.
En 2025, le HCNLS a ainsi conduit plusieurs actions majeures : promotion du dépistage et de la connaissance du statut sérologique, extension et renforcement des sites de prise en charge pédiatrique, amélioration du diagnostic précoce et des laboratoires et intensification du dépistage parmi les femmes en âge de procréer et dans les services de santé reproductive.
Le renforcement continu des structures de prise en charge s’est traduit par l’amélioration des équipements, l’élargissement de l’offre thérapeutique et la disponibilité des médicaments pédiatriques. Par ailleurs, plusieurs organisations communautaires soulignent que l’implication des associations de personnes vivant avec le VIH a joué un rôle déterminant dans l’amélioration du suivi, la réduction de l’abandon de traitement et la sensibilisation des populations rurales, encore confrontées à des barrières sociales et géographiques importantes.
Un contexte mondial qui fragilise les acquis
Les progrès réalisés par le Mali interviennent dans un environnement international marqué par un recul du financement de la lutte contre le VIH. De nombreux pays d’Afrique subsaharienne subissent déjà les effets de coupes budgétaires importantes. La réduction progressive des financements américains, notamment ceux de l’Agence américaine pour le développement international et du programme PEPFAR, a également pesé lourdement sur les services de prévention, de dépistage communautaire et de prise en charge pédiatrique, traditionnellement soutenus par ces partenaires.
À l’échelle mondiale, près de 2,5 millions de personnes ont été privées de médicaments de prophylaxie pré-exposition et les programmes de prévention connaissent une pression croissante. Les projections indiquent que 3,3 millions de nouvelles infections supplémentaires pourraient survenir d’ici 2030 si cette tendance se poursuit.
Le Mali, dont plus de 80% du financement de la riposte dépend de partenaires extérieurs tels que le Fonds mondial, est particulièrement vulnérable à cette situation. « Cette dépendance fragilise notre capacité de planification à long terme et nous expose aux fluctuations des aides internationales », alerte Dr Koné.
Cette vulnérabilité menace la continuité de nombreux programmes essentiels : dépistage communautaire, prise en charge pédiatrique, prévention ciblée chez les jeunes et les femmes, approvisionnement en antirétroviraux et tests de diagnostic. L’une des principales inquiétudes est que les avancées scientifiques et techniques des dernières années ne puissent être maintenues faute de ressources. Cette incertitude pèse également sur les programmes de formation du personnel de santé, dont la mise à jour des compétences constitue pourtant un maillon essentiel pour maintenir la qualité de la prise en charge dans tout le pays.
Vers une riposte souveraine et durable
Face à ce contexte, la question du financement endogène s’impose comme une priorité stratégique. Le thème retenu pour le mois national de mobilisation 2025, « Sida, crise de financement extérieur, une opportunité pour promouvoir le financement souverain », traduit pleinement cette orientation. « Si la solidarité internationale est précieuse, notre lutte pour la santé de notre peuple ne peut plus reposer uniquement sur l’aide extérieure. Il est temps de faire du financement souverain un pilier de notre riposte », souligne Mme Djiré Mariam Diallo, Maire de la Commune III du District de Bamako.
Pour le Haut Conseil national de lutte contre le Sida également, cette crise doit être transformée en levier d’action. « Nous ne pouvons plus considérer la crise financière extérieure uniquement comme un choc négatif. Elle doit devenir une opportunité de rationaliser, réorienter et nationaliser notre riposte », insiste Dr Koné. Cette vision exige une refonte des mécanismes nationaux, un engagement renforcé de l’État, une gestion optimisée des ressources et une meilleure intégration de la lutte contre le VIH dans les systèmes de santé.
La ministre de la Santé et du Développement social, le Colonel-Major Assa Badiallo Touré, partage cette analyse. Selon elle, la raréfaction du financement constitue un obstacle majeur qui menace les progrès, mais « nous devons tout mettre en œuvre pour lui opposer des mécanismes et des sources de financement innovants ». Elle rappelle que le ministère a déjà élaboré plusieurs documents normatifs, renforcé les plateaux techniques et décentralisé les soins pour améliorer l’accès aux services.
Protéger les avancées scientifiques et consolider la riposte
Les innovations récentes dans la prévention et le traitement ont renforcé l’efficacité de la lutte contre le VIH. De nouveaux médicaments offrent davantage d’options préventives et thérapeutiques, tandis que l’intégration progressive de la prophylaxie pré-exposition et des autotests dans les systèmes nationaux a contribué à réduire les risques d’infection.
Selon plusieurs observateurs, le Mali doit impérativement maintenir l’accès à ces outils, car l’épidémie reste présente et les nouvelles infections touchent encore plus de 4 000 personnes par an. Le pays se trouve aujourd’hui à un moment décisif, où la qualité de la riposte dépendra de sa capacité à préserver les avancées, surmonter la crise financière et construire une véritable souveraineté sanitaire.
Pour garantir une réponse durable, les autorités doivent intensifier les efforts dans le dépistage communautaire, l’accompagnement des jeunes, la réduction de la transmission mère-enfant et la prise en charge pédiatrique. La consolidation des acquis passe également par une meilleure articulation entre les structures nationales, les collectivités, la société civile et les partenaires techniques, afin de renforcer une réponse plus intégrée, résiliente et équitable.
Comme le rappelle Dr Alfousseyni Diawara, la lutte contre le Sida exige de renforcer les capacités locales, de soutenir la recherche, d’améliorer la logistique et de garantir la disponibilité continue des antirétroviraux. La pérennité de ces progrès dépendra enfin de la capacité collective à anticiper les ruptures de financement, à renforcer la mobilisation citoyenne et à inscrire durablement la lutte contre le VIH au cœur des priorités nationales.
Mohamed Kenouvi
Stabilité et développement économique : un appui de 2,4 milliards CFA lancé
Le Japon a lancé à Bamako deux projets destinés à soutenir les populations déplacées et à renforcer la filière textile. Annoncées le 1ᵉʳ décembre 2025, ces initiatives marquent une nouvelle étape dans la coopération engagée avec les autorités nationales et les partenaires du développement.
L’ambassadeur du Japon, Murata Yukuo, a présidé la cérémonie en collaboration avec le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD). Le premier projet vise une réponse multisectorielle en faveur des femmes et des jeunes déplacés internes dans les régions du centre. Le second s’attache à renforcer la durabilité et la compétitivité du secteur textile, à travers une collaboration plus étroite avec les acteurs privés d’une filière essentielle pour l’économie locale.
Le programme consacré aux déplacés met l’accent sur la stabilisation, l’accès aux services essentiels et la relance des moyens de subsistance dans les zones les plus touchées, notamment à Bandiagara. Celui dédié au textile entend moderniser une filière porteuse mais vulnérable, en soutenant l’innovation, la formation et une meilleure structuration des unités de production.
Dans son allocution, Murata Yukuo a rappelé que ces initiatives concrétisent les engagements pris par le Japon lors de la TICAD9, où Tokyo avait réaffirmé sa volonté de promouvoir la coexistence pacifique entre communautés, de renforcer l’agenda « Femmes, Paix et Sécurité » et d’appuyer le développement du secteur privé africain. Les communications en bamanankan et en japonais présentées lors de la cérémonie ont également souligné l’importance du double appui pour renforcer la résilience sociale et stimuler le développement économique.
Avec ce financement de 2,4 milliards de francs CFA, le Japon confirme son rôle de partenaire engagé dans les efforts de stabilisation et d’accompagnement économique. Les deux projets, désormais entrés en phase de mise en œuvre, sont attendus pour leurs contributions concrètes à la cohésion sociale et à la dynamisation d’un secteur productif clé.
Le Pr Daman-Guilé Diawara, premier Docteur Honoris Causa de l’USSGB
Pour la première fois, l’Université des Sciences Sociales et de Gestion de Bamako (USSGB) voit l’un de ses enseignants-chercheurs recevoir le titre de Docteur Honoris Causa. La distinction, attribuée au professeur Daman-Guilé Diawara, marque une étape importante pour son institution et souligne une trajectoire académique reconnue au Mali comme à l’étranger.
ODD : une nouvelle carte des investissements voit le jour
L’Agence pour la Promotion des Investissements (API-Mali) a dévoilé ce mardi une carte nationale des investissements alignée sur les Objectifs de Développement Durable (ODD), lors d’une cérémonie organisée à l’hôtel Maëva Palace.
Un an à la Primature : Bilan nuancé pour Abdoulaye Maïga
Un an après sa nomination, Abdoulaye Maïga dirige la Primature avec un style axé sur la discipline et l’action de terrain. Cette année a été marquée par des réformes en cours et par la gestion de tensions énergétiques et politiques persistantes.
Nommé Premier ministre le 21 novembre 2024, Abdoulaye Maïga avait déjà occupé cette fonction par intérim du 21 août au 5 décembre 2022, durant l’indisponibilité médicale de Choguel Maïga. Cette première expérience a contribué à sa connaissance du poste et à la continuité administrative observée lors de sa prise de fonction officielle.
Sa première année s’articule autour du Programme d’Action du Gouvernement 2025 – 2026 (PAG), adopté par le Conseil national de transition (CNT) le 19 mai 2025. Ce document s’appuie sur huit missions prioritaires définies par le Président de la Transition : défense et sécurité, réformes institutionnelles, gouvernance et lutte contre la corruption, relance économique, amélioration des services sociaux de base, cohésion sociale, diplomatie et organisation d’élections transparentes. En matière de suivi, les données communiquées pour le premier semestre 2025 mentionnent 57 activités réalisées, 57 en cours et 18 non exécutées.
Sur le plan sécuritaire, les forces nationales, appuyées par l’Alliance des États du Sahel (AES), ont annoncé la sécurisation de plusieurs axes et la neutralisation de nombreux combattants. Malgré ces opérations, certaines zones du pays demeurent exposées à des incidents récurrents, avec des effets sur l’approvisionnement, les transports et certaines activités économiques.
Par ailleurs, l’Exécutif met en avant une dynamique axée sur la souveraineté économique, avec la révision du cadre minier, des discussions avec les sociétés aurifères et des investissements annoncés dans les infrastructures, l’énergie et la santé. La Primature indique avoir consacré une part importante de son fonds de souveraineté aux actions sociales.
Le Premier ministre a multiplié les missions dans les régions pour suivre des projets et échanger avec les populations. Cette présence régulière sur le terrain contraste avec le style plus politique de son prédécesseur et s’inscrit dans une approche administrative et alignée sur les orientations présidentielles.
Des tensions
L’adoption de la Charte nationale pour la Paix et la Réconciliation nationale, le 30 juillet 2025, constitue un autre jalon du mandat. Le texte fixe un cadre de référence pour les politiques relatives à la paix, la cohésion, la réconciliation et l’unité nationale. Sa mise en œuvre opérationnelle se poursuit dans plusieurs départements sectoriels, avec des initiatives à différents niveaux territoriaux.
Cette première année a aussi été marquée par de fortes difficultés. Depuis juillet 2025, Bamako et plusieurs localités subissent de longues coupures d’électricité, EDM-SA ayant réduit l’activité de certaines centrales faute de carburant, avec des fournitures limitées à environ six heures par jour. Le pays a également connu des pénuries de carburant, des rationnements et une hausse des prix, touchant les transports, la chaîne du froid, les petites industries et le quotidien des ménages.
Hausse du coût de la vie
Par ailleurs, le coût de la vie constitue un autre point sensible. La combinaison des difficultés logistiques, des tensions sur l’énergie, de l’inflation régionale et des perturbations de la chaîne d’approvisionnement exerce une pression notable sur les ménages. Plusieurs mesures de soutien ont été annoncées, mais la situation économique continue d’être un défi majeur.
Selon l’analyste Moulaye Sidibé, la présence régulière du Premier ministre dans les régions n’a pas compensé l’effet des difficultés énergétiques, qui « altèrent fortement la perception de l’action publique ». La juriste Fatoumata Konaté souligne que les réformes engagées en 2025 ont profondément reconfiguré le paysage politique. Pour le politologue Amadou Sabaly, ce style de gouvernance, fondé sur l’exécution, reste fortement contraint par le contexte économique et sécuritaire.
Sur le plan institutionnel, la dissolution des partis et associations politiques en mai 2025, ainsi que l’abrogation de la charte qui les régissait, a recentré l’action publique autour des institutions de la Transition. Les autorités invoquent l’ordre public, tandis que la mesure réduit le pluralisme organisé.
Dans un paysage politique désormais dépourvu de partis et sans échéances électorales annoncées, la suite du mandat d’Abdoulaye Maïga s’inscrit dans une dynamique où l’Exécutif occupe seul le terrain. Les prochains mois seront marqués par plusieurs chantiers sensibles, notamment la poursuite des réformes institutionnelles, la gestion de la crise énergétique, les tensions sécuritaires, ainsi que les dossiers diplomatiques ouverts au sein de la Confédération des États du Sahel. Autant d’enjeux qui détermineront la capacité du Premier ministre à consolider l’action gouvernementale dans un contexte où l’espace politique, économique et sécuritaire est sous forte pression.
Enlevés début novembre : trois Égyptiens désormais libres
L’ambassade d’Égypte à Bamako a annoncé, samedi 29 novembre 2025, que trois de ses ressortissants enlevés au début du mois ont été remis aux autorités et placés sous protection consulaire. Cette libération intervient après plusieurs semaines d’échanges entre le Caire et Bamako, en coordination avec les services diplomatiques installés dans la capitale malienne.
30 000 tonnes de carburant à bord : dispositif d’urgence déclenché au large de Dakar
Les autorités sénégalaises ont activé un dispositif d’urgence dans la nuit du 27 au 28 novembre 2025 après un incident survenu à bord du pétrolier MERSIN, en opération au large de Dakar. Une entrée d’eau a été signalée dans la salle des machines, entraînant le déclenchement immédiat des procédures de sécurité.
Dès la réception de l’alerte, la Haute Autorité chargée de la sécurité maritime (HASSMAR) a mis en place une cellule de crise en coordination avec la Marine nationale, l’Agence nationale des affaires maritimes et le Port autonome de Dakar. Des remorqueurs, des équipes d’intervention spécialisées et un navire militaire ont été dépêchés sur zone. L’ensemble des membres d’équipage a été secouru sans incident.
Selon les informations recueillies, le MERSIN transporte environ 30 000 tonnes de carburant. Les premières évaluations techniques portent sur l’identification et l’obturation des voies d’eau afin de stabiliser le bâtiment. Les autorités étudient également les modalités d’un transfert sécurisé de la cargaison si les conditions l’exigent.
Par mesure de précaution, un barrage antipollution est en cours d’installation autour du navire pour prévenir tout rejet d’hydrocarbures. Des équipes spécialisées poursuivent l’inspection de la structure et le suivi de l’évolution de la situation en mer. Les services compétents indiquent que la priorité porte sur la sécurisation du navire, la protection du personnel et la préservation de l’environnement marin.
Les institutions impliquées annoncent qu’une information régulière sera fournie au public au fur et à mesure de l’avancée des opérations.
Le Gouvernement habilité à légiférer durant l’intersession
Le 26 novembre 2025, le Conseil des ministres a adopté un projet de loi autorisant le Gouvernement à légiférer par ordonnance jusqu’à la prochaine session du CNT, prévue le 13 avril 2026. Cette mesure vise à garantir la continuité de l’action publique dans une période de transition institutionnelle et de réformes en cours.
Coupes CAF : soirée contrastée pour le football malien
Le Stade Malien s’est relancé lors de la deuxième journée en Ligue des champions, tandis que le Djoliba AC s’enfonce un peu plus en Coupe de la Confédération. Les deux clubs abordent désormais la suite de leurs parcours continentaux avec des dynamiques opposées.
Administration pénitentiaire : une conférence sous forte pression sécuritaire à Koulikoro
Réunis du 27 au 29 novembre à Koulikoro, les responsables de l’administration pénitentiaire ont passé en revue le fonctionnement des établissements et les enjeux liés à la gestion des personnes détenues. Cette rencontre intervient dans un contexte où les prisons doivent s’adapter au défi posé par le radicalisme violent et à la montée des risques de sécurité.
Renouveau du contrat social : une journée pour revisiter les valeurs fondatrices du Mali
Chercheurs, acteurs communautaires et organisations citoyennes se sont réunis jeudi à Bamako pour réfléchir aux valeurs qui doivent porter la refondation du Mali. La rencontre s’appuyait sur une note approfondie de l’OCGS, devenue le fil conducteur des échanges.
Crise du carburant : Un choc humanitaire silencieux mais profond
Alors que le Mali fait face à une crise aiguë d’approvisionnement en carburant depuis plusieurs semaines, les opérations humanitaires se retrouvent entravées à grande échelle. Le manque d’hydrocarbures dans un pays immense, où l’accès aux populations dépend largement de la mobilité terrestre et aérienne, crée un goulot d’étranglement logistique qui menace la continuité d’une aide vitale.
La crise du carburant qui secoue le Mali frappe durement le secteur humanitaire, déjà affaibli par l’insécurité, les restrictions de mouvements et les conditions d’accès difficiles. Le dernier tableau de bord du Bureau de la Coordination des affaires humanitaires (OCHA) révèle qu’en octobre dernier 51 incidents d’accès ont été recensés, soit une hausse de 13% par rapport au mois précédent. Dans ce contexte déjà tendu, la pénurie d’hydrocarbures agit comme un multiplicateur de contraintes, obligeant les organisations à revoir leurs plans de déploiement et à réduire considérablement leurs activités dans des zones où les besoins restent critiques. Les acteurs humanitaires signalent que la situation actuelle survient à un moment où la demande d’assistance n’a cessé de croître depuis le début de l’année, avec plus de 7,1 millions de personnes nécessitant une aide multisectorielle, selon les données des Nations unies pour 2025.
Action humanitaire versus contraintes logistiques
Les régions de Ségou, San, Koutiala, Mopti et Bandiagara figurent parmi les plus affectées. Faute de carburant, les partenaires humanitaires ont dû réduire drastiquement leurs opérations. Les cliniques mobiles, pourtant indispensables pour atteindre les localités enclavées, sont désormais limitées à un rayon de 10 km autour de leurs bases. Ce chiffre, devenu un symbole de la crise, illustre une réalité brutale, à savoir que l’aide n’atteint plus les populations éloignées, notamment dans les zones marquées par les violences, les déplacements et la dégradation des conditions de vie.
Le secteur de la santé n’est pas épargné. Selon une note du Cluster Santé publiée en octobre, les services publics et leurs partenaires subissent de plein fouet les conséquences de la pénurie. Le ralentissement général de la réponse affecte directement les activités sanitaires, avec un risque de non-respect des planifications et d’un recul de l’accès aux soins, surtout dans les zones où la sécurité est déjà compromise. Le cluster estime que 1,83 million de personnes auront besoin d’une assistance sanitaire en 2026, alors que seulement 23% des financements requis ont été mobilisés avant la fin de 2025.
Les premiers effets sont déjà perceptibles : absentéisme intense dans les structures, réduction des activités des cliniques mobiles et des postes de santé avancés, baisse des supervisions. Les hôpitaux régionaux, bien qu’équipés de groupes électrogènes, peinent à maintenir une alimentation électrique stable. La chaîne du froid, indispensable aux vaccins et produits médicaux sensibles, est fragilisée, augmentant les risques de détérioration des stocks. Plusieurs organisations préviennent également que les ruptures de carburant pourraient perturber les campagnes de vaccination de routine, notamment pour la rougeole et la poliomyélite, dont la couverture est déjà en dessous des seuils recommandés. À moyen terme, la réduction du déploiement sanitaire pourrait entraîner une hausse des complications médicales, une augmentation de la morbidité et un affaiblissement significatif du système de santé. Selon les experts du Cluster Santé, sans amélioration d’ici fin décembre, 257 702 personnes vulnérables risquent de se retrouver sans accès aux soins essentiels, dont 19 001 femmes enceintes et allaitantes et 56 695 enfants de 0 à 5 ans, parmi lesquels 5 670 souffrant de malnutrition aiguë sévère avec complications.
Pression grandissante sur la sécurité alimentaire
La crise du carburant exerce également une pression sur la sécurité alimentaire. Le rapport du Cluster Sécurité alimentaire, publié le 18 novembre, décrit un impact multidimensionnel sur l’économie, la production agricole et la distribution des denrées. La pénurie ralentit les transports, perturbe les chaînes d’approvisionnement et augmente les coûts logistiques. Si les prix des denrées n’ont pas encore explosé, selon l’analyse du Système d’alerte précoce (FEWS NET), les spécialistes évoquent un risque réel d’inflation rapide.
Les zones les plus touchées sont des pôles agricoles essentiels. À Bamako, les motos tricycles assurant l’essentiel du transport du Grand Marché vers les détaillants sont souvent immobilisées, provoquant des ruptures ponctuelles de stocks et une baisse de disponibilité de produits frais. Dans plusieurs régions, l’acheminement des fruits, légumes, produits laitiers ou poissons fumés devient imprévisible. Les réseaux de commerçants confient également que la fluctuation des arrivages provoque une instabilité des volumes disponibles sur les marchés hebdomadaires, compliquant l’organisation des circuits de distribution basés sur la régularité des flux.
Une agriculture fortement bousculée
Dans les zones rurales, la pénurie perturbe le calendrier agricole. Le riz est la culture la plus affectée, avec des retards de récoltes, des parcelles qui se dessèchent faute d’irrigation et des pertes post-récoltes provoquées par le manque de carburant pour les moissonneuses, motoculteurs et batteuses. Des filières comme l’échalote à Bandiagara ou le maraîchage dans les zones péri urbaines sont également touchées. Si les céréales sèches – mil, maïs, sorgho – sont momentanément moins affectées, elles demeurent vulnérables à une crise prolongée.
Les difficultés de transport des intrants agricoles ralentissent la préparation des prochaines campagnes. Les unités de transformation font face à une hausse des coûts énergétiques tandis que les capacités de stockage sont fragilisées. Dans certaines zones irriguées, les associations paysannes alertent également sur la baisse de performance des motopompes alimentant les périmètres agricoles, ce qui pourrait compromettre les activités de contre-saison attendues début 2026. À moyen terme, la réduction des superficies cultivées et la baisse des volumes récoltés pourraient entraîner une diminution des stocks, une hausse durable des prix et un appauvrissement accru des petits producteurs. Dans certaines localités, ces dynamiques risquent d’amplifier l’exode rural, notamment chez les jeunes.
Un contexte sécuritaire qui aggrave la crise
La pénurie survient alors que le climat sécuritaire continue de se dégrader. En octobre, les incidents liés aux engins explosifs improvisés ont augmenté de 40%, atteignant 28 cas. Les violences contre les humanitaires ont conduit à l’enlèvement de 9 travailleurs dans les régions de Ségou et Gao. Pour éviter les routes les plus dangereuses, certaines équipes empruntent des itinéraires alternatifs, parfois avec des conséquences tragiques. À Douentza, 2 agents humanitaires ont perdu la vie dans le chavirement d’une pinasse sur le fleuve Niger, un accident reflétant les risques auxquels sont confrontées les équipes lorsqu’elles contournent les zones d’insécurité. Les restrictions de mouvement imposées par l’insécurité limitent aussi la capacité des équipes humanitaires à effectuer des évaluations rapides des besoins, un élément pourtant essentiel pour ajuster les réponses dans un environnement en constante évolution.
Dans certaines localités, comme à Léré, dans la région de Tombouctou, l’accès humanitaire est entièrement bloqué. Depuis le 27 octobre, selon OCHA, des acteurs armés empêchent toute entrée ou sortie, limitant les interventions aux seules organisations encore présentes. Les blocages aggravent les conditions de vie des populations, déjà confrontées à une pénurie de produits essentiels.
Les vols humanitaires ne sont pas épargnés. En septembre, les difficultés d’approvisionnement en carburant ont perturbé plusieurs rotations, affectant 236 passagers et près de 900 kg de cargaison vers Kidal, Ménaka et Ansongo. Malgré la réhabilitation de la piste de Ménaka en octobre, les contraintes persistent, compromettant l’acheminement des médicaments, kits nutritionnels et intrants vitaux. Plusieurs organisations rappellent qu’un accès humanitaire fiable dépend d’une disponibilité minimale de carburant, condition indispensable au fonctionnement des flottes de véhicules, des générateurs et des systèmes de communication déployés dans les zones reculées.
Selon plusieurs observateurs, si la crise du carburant perdure, l’impact cumulatif de ses effets pourrait aggraver durablement les conditions de vie de milliers de personnes dépendantes de l’aide dans des zones éloignées et sous forte pression sécuritaire.
Orphelinat Nelson Mandela : Canal+ rénove les locaux
Le 26 novembre 2025, l’orphelinat « Nelson Mandela » a abrité une cérémonie de remerciement suite à la rénovation de ses locaux par la société Canal+. Une cérémonie sobre mais pleine de significations pour le donateur et les bénéficiaires. Le centre qui accueille des enfants en situation difficile offrira désormais un cadre plus accueillant à ses pensionnaires.
Après deux semaines de travaux, l’orphelinat Nelson Mandela fait peau neuve et offre à ses pensionnaires un cadre plus convivial et plus agréable. Les travaux ont consisté en la rénovation des locaux, la peinture, la réhabilitation de la salle commune et l’installation d’un téléviseur et d’un décodeur. Une mini-bibliothèque a également été construite, accompagnée de livres et de tables-bancs. Cette intervention s’est faite en collaboration avec la Fondation SAER, qui a fourni des matelas et d’autres matériels. L’initiative a été saluée par Mah Sacko, coordinatrice du centre Nelson Mandela. Ce centre d’éducation et d’hébergement existe depuis une dizaine d’années et accueille des enfants abandonnés, des enfants dont les mamans sont en détention, ainsi que des enfants égarés.
Âgés de 0 à 12 ans, les 110 enfants hébergés sont scolarisés dans une école privée située non loin du centre, leur scolarité étant prise en charge par un système de parrainage. Le centre entretient aussi un partenariat technique avec l’Ambassade d’Afrique du Sud. En plus des vivres, dont le lait infantile pour les nourrissons, les responsables rappellent la nécessité de non-vivres et d’appuis divers pour soutenir le personnel, qui travaille principalement de manière bénévole.
AFG Bank Mali inaugure une nouvelle agence à Titibougou
La banque a renforcé son réseau le 26 novembre 2025 en ouvrant une agence à Titibougou, dans la commune rurale de N’Gabacoro. Avec cette implantation, AFG Bank Mali affirme sa volonté d’être plus proche des acteurs économiques locaux et de soutenir la dynamique de la zone.
Le nouveau site bancaire se présente comme une agence complète, moderne et accueillante, pensée pour répondre aux besoins les plus variés des populations.
Elle est équipée de deux distributeurs automatiques de billets accessibles 24h sur 24, ainsi que d’un salon VIP dédié au confort et à la confidentialité, marquant la volonté d’offrir un service bancaire de proximité adapté aux standards actuels.
Une agence conçue pour les ambitions locales
Dans son intervention, le Directeur général Sayouba Ouédraogo a rappelé le sens stratégique de cette ouverture. Il a souligné l’essor que connaît la localité et l’engagement d’AFG Bank à soutenir son développement.
« Si AFG Bank Mali a choisi Titibougou pour y installer cette agence, ce n’est pas le fruit du hasard. Titibougou est une zone en plein essor, pleine d’énergie, d’opportunités et d’ambitions. En nous installant ici, nous faisons un choix assumé, celui d’être au plus près de vous, de soutenir vos activités et de vous accompagner dans vos projets », a-t-il déclaré.
S’adressant aux futurs usagers, il a ajouté que l’agence devait devenir un espace où chaque projet trouve un allié fiable. « Nos équipes mettront tout en œuvre pour que cette agence devienne un lieu où vos projets, personnels comme professionnels, trouvent un allié solide et engagé. »
Un réseau en expansion
Cette inauguration s’inscrit dans une stratégie globale d’élargissement du réseau national d’AFG Bank Mali, qui compte aujourd’hui 14 agences et entend atteindre 16 agences d’ici fin 2025, avec les prochaines ouvertures annoncées à Bougouni et Kéniéba, deux zones identifiées pour leur potentiel économique.
La nouvelle agence de Titibougou est présentée comme un maillon essentiel dans cette dynamique, destinée à accompagner autant les professionnels, entrepreneurs, commerçants, artisans, étudiants, que les porteurs d’idées, sans distinction de profil.
La cérémonie s’est achevée par une visite guidée des locaux, permettant aux invités de découvrir les espaces de service de la nouvelle agence après la coupure symbolique du ruban.
Mohamed Kenouvi
« 16 jours d’activisme » : Le Mali mobilisé contre les violences numériques
Du 25 novembre au 10 décembre 2025, le Mali vivra au rythme des « 16 jours d’activisme » contre les violences faites aux femmes et aux filles (VFF). Cette édition met l’accent sur la lutte contre les violences numériques, dans un contexte national toujours marqué par l’assassinat de la jeune influenceuse de Tonka Mariam Cissé.
L’édition 2025 des « 16 jours d’activisme » contre les violences faites aux femmes et aux filles intervient dans un climat de forte émotion collective. Le meurtre brutal de Mariam Cissé, créatrice de contenus sur TikTok, à Tonka, dans la région de Tombouctou, le 7 novembre dernier, reste un traumatisme national. Avant son assassinat, la jeune femme avait été la cible d’une campagne de harcèlement numérique.
C’est dans ce contexte que le Mali a retenu comme thème national : « L’utilisation responsable des réseaux sociaux, gage de protection, de promotion et de préservation des valeurs culturelles des femmes et des filles au Mali ». Cette orientation rejoint le thème international, qui appelle à l’unité face à la violence numérique.
Éradiquer la violence en ligne
L’objectif est d’amener les autorités politiques, administratives, religieuses et traditionnelles, ainsi que la population, à prendre conscience des violences numériques afin de les prévenir et d’y apporter des réponses adéquates, à travers une utilisation saine et responsable des réseaux sociaux par toutes les femmes et filles au Mali.
« Le combat contre les violences faites aux femmes ne se limite pas aux corps. Il s’étend désormais aux écrans. L’unité, la responsabilité et la solidarité doivent être nos réponses face à la haine », souligne Maître Nadia Myriam Biouele, Présidente fondatrice de Hera Foundation, une ONG engagée dans la lutte contre les violences basées sur le genre (VBG) au Mali. Elle invite les organisations féminines, les médias et les leaders d’opinion à unir leurs voix pour éradiquer la violence en ligne et promouvoir une culture numérique éthique et respectueuse.
Comme lors des précédentes éditions, la campagne 2025 sera rythmée par une série d’activités, telles que des conférences publiques, des campagnes de sensibilisation et des marches, ainsi que des plaidoyers auprès des autorités.
Cette édition ambitionne ainsi de transformer les réseaux sociaux en espaces plus sûrs, plus responsables et plus respectueux. À travers la mobilisation des institutions, des organisations féminines et du grand public, le Mali souhaite faire de cette campagne un moment fort de réflexion, d’éducation et d’action pour une société où les femmes et les filles évolueront en toute dignité, tant hors ligne qu’en ligne.
Mohamed Kenouvi
Guinée-Bissau : un commandement militaire annonce la suspension du processus électoral
Un communiqué diffusé ce mercredi après-midi sur les médias publics bissau-guinéens a annoncé la mise en place d’un commandement militaire chargé de « prendre le contrôle de la situation » en Guinée-Bissau. Cette déclaration intervient quatre jours après la présidentielle du 23 novembre, dont les résultats provisoires devaient être proclamés le 27 novembre.
Selon plusieurs sources concordantes, le nouveau commandement affirme avoir suspendu le processus électoral, ainsi que certaines prérogatives institutionnelles, en attendant un « retour à l’ordre ». Les autorités militaires indiquent que les frontières du pays sont fermées jusqu’à nouvel ordre.
Le président sortant, Umaro Sissoco Embaló, a de son côté déclaré avoir été arrêté ce mercredi vers midi au palais présidentiel, affirmant être la cible d’un « coup d’État ». Il assure avoir remporté l’élection avec 65 % des suffrages selon son propre comptage, tandis que son rival, Fernando Dias da Costa, revendique lui aussi la victoire.
Dans la capitale, des tirs nourris ont été entendus autour du palais présidentiel et un dispositif militaire important a été observé sur les principaux axes. Plusieurs personnalités politiques, dont Fernando Dias da Costa et Domingos Simões Pereira, ont été retenues dans des lieux non divulgués, selon des sources politiques locales.
La situation reste évolutive et aucun bilan officiel n’a encore été communiqué.
Mali/Barrick : Vers une normalisation autour du complexe Loulo-Gounkoto
Barrick Mining Corporation a annoncé être parvenue à un accord de règlement avec le gouvernement malien afin de mettre fin au différend autour de la mine d’or de Loulo-Gounkoto. La signature de cet accord a été confirmée le 24 novembre 2025 par le ministère des Mines, qui a indiqué que les deux parties avaient trouvé un compromis après plusieurs mois de négociations.
Selon le communiqué officiel, toutes les charges visant Barrick et ses employés seront abandonnées. Les autorités s’engagent également à engager les procédures judiciaires nécessaires à la libération des employés encore détenus. La mise sous administration provisoire instaurée par le gouvernement prendra fin, et le contrôle opérationnel du complexe Loulo-Gounkoto sera intégralement restitué à Barrick. En contrepartie, la compagnie retire sa demande d’arbitrage introduite devant le Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI), l’un des volets majeurs du litige.
Cet accord intervient dans un contexte où le site demeure l’un des actifs aurifères les plus importants du pays. Loulo-Gounkoto avait produit environ 723 000 onces d’or en 2024, un niveau qui illustre son poids stratégique tant pour l’économie nationale que pour Barrick. À l’échelle du groupe, la société a annoncé une production de 829 000 onces d’or au troisième trimestre 2025, confirmant la solidité de ses opérations malgré les perturbations enregistrées au Mali. Le secteur aurifère malien, pour sa part, a vu sa production industrielle chuter à environ 26,2 tonnes à fin août 2025, soit une baisse d’environ 32 % sur un an, un recul largement attribué à la suspension des activités de Loulo-Gounkoto.
Le ministère des Mines souligne que la résolution de ce différend marque la fin d’une période de tensions entre l’État et la compagnie, et ouvre la voie à la reprise prochaine des opérations normales. Le gouvernement insiste sur l’impact positif attendu pour les employés, les communautés locales et l’économie malienne, fortement dépendante des revenus aurifères.
Les deux parties ont indiqué que l’accord, désormais formalisé, permettra de rétablir un climat de confiance et de relancer durablement l’activité du complexe Loulo-Gounkoto, essentiel au secteur minier national.
Confédération AES : les experts en conclave à Ouagadougou avant la réunion des ministres
Les hauts fonctionnaires de la Confédération des États du Sahel se sont retrouvés à Ouagadougou ce 24 novembre pour deux jours de travaux préparatoires à la réunion des ministres des Affaires étrangères attendue le 26 novembre.
Coupes CAF : Fortunes diverses
Le football malien a vécu un week-end contrasté lors du lancement des phases de groupes des compétitions interclubs de la CAF les 22 et 23 novembre 2025. Le Stade Malien et le Djoliba AC, seuls représentants du pays cette saison à ce stade des tournois continentaux, ont obtenu des résultats opposés avec un match nul à l’extérieur pour l’un et une défaite à domicile pour l’autre.
Conteneurs maliens à Dakar : avancées dans l’évacuation
Plus de 2 000 conteneurs maliens restent immobilisés au port de Dakar, selon les informations communiquées lors des échanges entre les autorités maliennes et sénégalaises.
Une délégation conduite par la ministre des Transports et des Infrastructures, Madina Sissoko Dembélé, a séjourné au Sénégal du 17 au 21 novembre 2025 pour discuter des modalités d’évacuation avec les responsables portuaires et gouvernementaux.
Les données les plus récentes évoquent environ 2 400 conteneurs en souffrance. Les autorités portuaires sénégalaises reconnaissent une situation de congestion liée au volume de marchandises, à la capacité d’entreposage et aux contraintes logistiques. Des responsables du Port autonome de Dakar indiquent que les obstacles administratifs concernant les conteneurs maliens ont été levés, une mesure destinée à faciliter la reprise des sorties. Le directeur général du port, Waly Diouf Bodian, a assuré lors des échanges que le Sénégal reste engagé dans la recherche d’une solution durable pour le transit malien.
La mise en œuvre de l’évacuation se heurte encore à plusieurs défis opérationnels. Le nombre de camions disponibles pour assurer le transport jusqu’au Mali reste insuffisant pour absorber rapidement les volumes en attente. Le corridor Dakar–Bamako, essentiel pour le transit des marchandises, fait également l’objet de contraintes liées aux conditions de circulation et aux exigences de sécurité. Ces éléments ralentissent le rythme d’enlèvement des conteneurs, même après la levée des blocages administratifs.
Les discussions entre les deux pays portent également sur les frais de magasinage et de surestaries appliqués aux conteneurs ayant dépassé le délai de franchise. Des allègements ont été évoqués afin de limiter les charges pour les opérateurs maliens, mais les modalités exactes restent en cours de finalisation. Les entreprises concernées signalent des retards dans la réception de leurs cargaisons et des ajustements dans leurs chaînes d’approvisionnement.
Les autorités maliennes et sénégalaises ont convenu de suivre de près l’évolution de la situation afin de fluidifier progressivement l’évacuation. Les services techniques, les opérateurs portuaires et les transporteurs poursuivent leurs concertations pour améliorer les rotations et réduire les délais d’acheminement vers le Mali. Les deux parties affirment leur volonté de stabiliser le transit et de limiter l’impact économique des immobilisations prolongées.
Enregistrement des camions-citernes : les autorités fixent désormais un maximum de 24 heures
Les autorités maliennes ont annoncé une nouvelle mesure visant à accélérer l’enregistrement et le passage des camions-citernes destinés à l’approvisionnement en produits pétroliers.
Audit du financement des partis politiques : Où en est-on ?
L’audit du financement public des partis politiques, lancé en juin 2025 par la Section des Comptes de la Cour suprême du Mali, suit son cours, dans un climat marqué par une faible collaboration des principaux concernés.
Cet exercice inédit, qui couvre un quart de siècle, de juillet 2000 à mai 2025, vise à faire toute la lumière sur l’usage des fonds publics alloués aux formations politiques, dissoutes en mai dernier par décret présidentiel. Jamais auparavant un contrôle d’une telle ampleur n’avait été conduit sur les finances publiques de l’ensemble des partis politiques du pays.
Le 29 octobre 2025, la Cour suprême a invité les anciens responsables des ex-partis à retirer les extraits des rapports provisoires au plus tard le 6 novembre et leur a donné jusqu’au 5 décembre prochain pour déposer leurs observations auprès de son secrétariat.
Cette étape constitue le pivot du principe du contradictoire, garantissant aux ex-dirigeants politiques la possibilité de répondre aux premières conclusions des magistrats financiers et, en théorie, d’apporter des rectifications ou des justificatifs susceptibles d’influer sur les conclusions finales.
Cependant, dans les faits, la démarche avance lentement et difficilement. Quelques anciens responsables politiques joints par nos soins ont refusé de commenter la procédure et les premiers retours indiquent qu’une faible proportion de formations dissoutes a effectivement retiré les documents et fournira peut-être les observations attendues. Pour elles, l’audit serait perçu comme une procédure hostile ou comme une extension de la décision de dissolution qu’elles continuent de contester devant diverses juridictions.
Certains leaders avaient d’ailleurs affiché leur position dès le début du processus. Me Mountaga Tall, Président du parti dissous CNID-Faso Yiriwaton, avait annoncé qu’il ne répondrait pas à la requête de la Cour et qu’il ne fournirait aucun justificatif sur les dépenses de son ancien parti.
De son côté, Konimba Sidibé, de l’ancien parti MODEC (Mouvement pour un destin commun), avait dénoncé un audit « problématique », dépassé de 15 ans, selon lui, au regard du délai légal de conservation obligatoire des documents comptables, fixé à 10 ans au Mali. Ces arguments traduisent une défiance ouverte vis-à-vis de la démarche de la Cour suprême.
Un audit sous contraintes
Cette absence de coopération soulève désormais une question centrale : comment la Cour suprême pourra-t-elle finaliser son audit dans un contexte où le contradictoire ne peut être pleinement assuré ?
Les magistrats de la Section des Comptes disposent de prérogatives étendues en matière de vérification, mais leur travail repose en grande partie sur la disponibilité de documents fiables, complets et authentifiés. L’absence de réponses ou de justificatifs complique donc l’analyse de certaines dépenses.
Selon plusieurs observateurs, le cadre légal impose le principe du contradictoire, mais il n’interdit pas à la Section des Comptes de clore une vérification et de rendre des conclusions définitives si certaines parties restent silencieuses.
La Cour pourrait alors s’appuyer uniquement sur les pièces comptables déjà en sa possession ou sur les rapports précédents produits annuellement sur les partis. En parallèle, elle conserve la possibilité de sanctionner les refus de communication de documents, même si, dans la pratique, ce type de sanctions est peu fréquent et que, dans un contexte où les partis politiques sont déjà dissous, il risque d’être sans effet.
Toutefois, une telle issue n’est pas sans risques. Les anciens responsables pourraient contester les résultats en invoquant un contradictoire incomplet, tandis que la Cour, de son côté, assumerait un choix de fermeté visant à mener l’exercice jusqu’à son terme.
L’audit, qui est une recommandation issue des consultations des Forces vives de la Nation des 28 et 29 avril 2025, très attendu par une partie de l’opinion, pourrait alors se retrouver au cœur d’un bras de fer politico-judiciaire autour de la question de la transparence et de la reddition des comptes. Mais, à mesure que s’approche l’échéance du 5 décembre, il semble se diriger vers sa finalisation, même en l’absence de participation active des responsables des ex-partis.
Mohamed Kenouvi
Sikasso : près de 3 000 personnes fuient les violences aux frontières
Les attaques récentes dans la zone frontalière avec le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire ont provoqué un déplacement soudain vers Sikasso et Kapala. Les populations, prises entre incursions armées et peur de représailles, réclament une aide urgente.
Suspension du fret maritime : Une réorganisation s’avère indispensable
La suspension momentanée du fret maritime par CMA CGM et MSC a révélé la fragilité logistique du Mali, fortement dépendant des ports voisins. Cette crise met en avant les limites des corridors actuels et l’urgence d’une réorganisation capable de sécuriser durablement les approvisionnements.
Début novembre, les deux principaux transporteurs maritimes qui desservent le Mali, CMA CGM et MSC, annonçaient la suspension de leurs activités en direction du pays. Une mesure lourde de conséquences, qui menaçait d’asphyxier une économie déjà fragilisée par la pénurie de carburant déclenchée mi-septembre après plusieurs attaques terroristes contre les convois. Si les deux compagnies sont finalement revenues sur leurs décisions, cet épisode met en lumière, avec une grande acuité, les défis structurels du Mali entre besoin de souveraineté logistique et dépendance persistante aux corridors extérieurs.
Plusieurs transitaires indiquent qu’avant même les suspensions, plus de 60% des importations maliennes arrivaient avec des retards liés à l’encombrement croissant des plateformes portuaires. Plusieurs opérateurs rappellent également que les coûts logistiques avaient déjà augmenté de 15 à 20% depuis septembre en raison de la tension sur les flux régionaux. Ces surcoûts ont particulièrement touché les importateurs de produits alimentaires, dont les délais de rotation sont plus sensibles aux perturbations.
On se souvient que le 8 novembre 2025, à l’issue d’une réunion d’urgence, les autorités maliennes ont obtenu de CMA CGM et de MSC la reprise de leurs activités. Une issue heureuse à une crise qui menaçait d’en amplifier une autre. La compagnie MSC avait suspendu le 7 novembre son trafic « jusqu’à nouvel ordre » pour des raisons de sécurité, tandis que CMA CGM avait arrêté ses envois dès le 4 novembre, avant d’annoncer une reprise partielle dès le 6. Ces interruptions successives ont perturbé un approvisionnement déjà fragilisé sur les corridors Dakar – Bamako et Abidjan – Bamako, deux axes devenus stratégiques dans la distribution du carburant et des biens essentiels. Les transitaires reconnaissent que cette succession d’annonces a créé un effet domino sur les commandes en attente, accentuant l’incertitude chez les opérateurs économiques.
Le Mali, pays enclavé, dépend fortement de ses voisins. Ainsi, 65 à 70% du fret maritime transite par le port de Dakar, 20 à 25% par Abidjan et le reste par Lomé, Tema, Conakry ou Nouakchott. Les importations annuelles sont évaluées entre 5 et 6 millions de tonnes, dont près de 30% sont transportées par CMA CGM. Les rapports logistiques régionaux classent d’ailleurs le Mali parmi les pays les plus vulnérables aux perturbations portuaires en Afrique de l’Ouest. Par ailleurs, au troisième trimestre 2025, CMA CGM a enregistré une baisse de 11,3% de son chiffre d’affaires, ramené à 14 milliards de dollars, et une chute de 72% de son bénéfice net (749 millions de dollars), reflet d’un marché mondial du fret en contraction. La combinaison de cette tendance mondiale et des contraintes locales a accentué la pression sur les corridors d’accès au Mali. Certains acteurs estiment que le pays doit désormais anticiper ce type de fluctuations internationales pour limiter les ruptures d’approvisionnement.
Négociations opportunes
Les opérateurs maritimes ont justifié leurs suspensions par l’insécurité persistante le long des corridors. « En continuant d’acheminer les marchandises, ils prenaient le risque de perdre des cargaisons », explique le Dr Sékou Diakité, enseignant-chercheur à la FSEG. Selon lui, la reprise des activités a été conditionnée à des garanties nouvelles sur la sécurisation des axes routiers, mais aussi par l’ampleur des pertes financières que représentaient les marchandises bloquées dans les ports. Dans certains terminaux, des marchandises sensibles approchaient même de leur date limite de stockage, ce qui a pesé lourd dans les discussions.
Les enjeux étaient économiques autant que sécuritaires. L’État devait garantir l’arrivée des produits essentiels pour éviter une flambée des prix, tandis que les compagnies cherchaient à préserver la continuité de leurs activités dans un contexte marqué par une forte volatilité du fret international. Ces fluctuations ont aussi perturbé la planification des importations, obligeant plusieurs entreprises à revoir leurs calendriers d’approvisionnement.
« La continentalité n’est pas un handicap et le Mali est habitué à gérer ce genre de situation », estime pour sa part Djibril Tall, responsable de la FENAGROUP. Pour Dr Diakité, si l’État ne peut compenser toutes les pertes potentielles, il lui revient de rassurer les opérateurs en proposant des clauses de sécurisation ou de coopération renforcée afin de maintenir la fluidité du commerce. Selon plusieurs opérateurs, chaque semaine de blocage représente entre 2 et 3 milliards de francs CFA de pertes cumulées sur les importations stratégiques.
L’État est également invité à intensifier ses partenariats avec les pays côtiers pour sécuriser les voies d’accès, notamment via Dakar, Abidjan, Conakry et Nouakchott. Dans cette période exceptionnelle, il est également recommandé de négocier avec le Bénin, le Togo et le Ghana afin d’obtenir des facilités temporaires, notamment sur les frais de magasinage ou d’entreposage.
Gérer l’urgence
Au Port autonome de Dakar, l’interdiction des camions hors gabarit a entraîné l’immobilisation de 1 526 conteneurs destinés au Mali. Les transporteurs sont désormais contraints de n’utiliser que des véhicules conformes, ce qui ralentit considérablement le transit et renchérit le coût du fret. Les frais cumulés de magasinage dépasseraient 700 millions de francs CFA, un surcoût qui affecte directement les entreprises importatrices, les distributeurs et, à terme, les consommateurs.
Une délégation malienne est attendue à Dakar pour tenter de trouver un mécanisme permettant de fluidifier le trafic, alors que les délais d’acheminement ont doublé dans certains cas, passant de 7 à 15 – 20 jours. Les milieux économiques craignent en outre un report durable de commandes essentielles, ce qui pourrait perturber l’approvisionnement du marché jusqu’à début 2026.
Des sources portuaires confirment que certains opérateurs envisagent déjà de réorienter une partie de leurs cargaisons vers d’autres corridors pour contourner l’engorgement actuel.
Restructuration
Pour de nombreux acteurs du secteur, cette crise confirme l’urgence de repenser la Politique nationale des Transports. Il s’agit à la fois de moderniser les infrastructures, d’améliorer les conditions d’exploitation et de revoir le modèle d’approvisionnement du pays.
La vision de souveraineté, rappelle M. Tall, exige que le Mali se donne les moyens de développer ses propres infrastructures logistiques. Cela suppose de mobiliser des financements sur plusieurs années pour amplifier les travaux routiers, moderniser les plateformes logistiques et accompagner l’augmentation progressive du trafic.
Plusieurs analystes recommandent aussi une refonte du schéma logistique national afin de tirer les enseignements de cet épisode et de réduire la dépendance aux décisions des armateurs.
Le problème des gabarits sur les corridors est réel, mais il renvoie à une nécessité plus large, celle de revoir la conception des routes et d’adapter les normes UEMOA aux réalités économiques régionales. La surcharge exceptionnelle tolérée à une période critique pour éviter la pénurie a fragilisé les infrastructures et perturbé le transport de conteneurs. Des experts plaident pour un ajustement progressif des normes afin de concilier sécurité routière, volume de fret et continuité des approvisionnements.
Les États de l’Alliance des États du Sahel, tous enclavés, doivent également mutualiser leurs stratégies pour obtenir de meilleures conditions auprès des pays côtiers et réduire leur vulnérabilité structurelle. La diversification des débouchés maritimes existe, mais le véritable goulet d’étranglement demeure « la voie de desserte », comme le souligne M. Tall. De nombreux spécialistes estiment qu’une consolidation des corridors alternatifs deviendra indispensable pour limiter l’impact d’éventuelles futures crises.
Enfin, la gouvernance du secteur doit être renforcée afin de garantir une meilleure utilisation des ressources et une visibilité accrue sur les priorités d’investissement. Les acteurs du secteur appellent enfin à une meilleure coordination entre les administrations douanières, portuaires et routières afin de réduire les délais et d’améliorer la prévisibilité des flux.
Réforme des EPCP : mise en conformité et défis de modernisation
Le Conseil des ministres du mercredi 19 novembre 2025 a adopté un projet de loi modifiant le statut général des Établissements publics à caractère professionnel, institué par la loi n°96-032 du 12 juin 1996. Ces établissements, dotés de la personnalité morale et de l’autonomie financière, encadrent l’organisation et la représentation de diverses professions, notamment à travers les ordres et chambres consulaires.
Le gouvernement explique que la loi de 1996 présente des insuffisances, en particulier dans son volet financier. Les règles d’approbation budgétaire prévues par le texte initial ne sont plus en phase avec les exigences de la Directive n°07/2009/CM/UEMOA, qui fixe le cadre harmonisé de la comptabilité publique dans l’Union. La réforme entend corriger ces écarts pour aligner le dispositif national sur les normes communautaires.
Les EPCP gèrent des ressources variées, issues de cotisations, de redevances ou de subventions, et assurent des missions essentielles comme la tenue des tableaux professionnels, l’encadrement des pratiques, la discipline interne ou la représentation des métiers auprès des autorités. L’actualisation de leur régime financier répond à la volonté d’assurer une meilleure transparence et une gestion conforme aux standards imposés par l’espace UEMOA. Elle prévoit une clarification des modalités d’élaboration, d’adoption et d’approbation des budgets, ainsi qu’une articulation plus cohérente entre les établissements et les autorités de tutelle.
Cependant, l’examen du dispositif laisse apparaître plusieurs points qui devront être précisés lors de la mise en œuvre. La question de la capacité opérationnelle des établissements à appliquer les nouvelles règles n’est pas encore détaillée, alors que certains disposent de moyens administratifs limités. L’articulation entre les organes de gestion internes et l’autorité financière de tutelle devra également être encadrée pour éviter des lenteurs ou des chevauchements dans les processus d’approbation. Le degré d’accompagnement technique prévu pour la transition vers les normes de l’UEMOA reste à clarifier, de même que les mécanismes de contrôle et de suivi une fois la réforme adoptée.
La mise en conformité engagée constitue une étape importante pour harmoniser la gestion des EPCP, mais plusieurs ajustements pratiques seront nécessaires pour garantir une application uniforme et efficace dans l’ensemble des professions concernées.
Téléthon « Envol des Aigles » : mobilisation nationale avant la CAN 2025
Le ministère de la Jeunesse et des Sports, chargé de l’Instruction civique et de la Construction citoyenne, a annoncé la tenue d’un téléthon national baptisé « Envol des Aigles » le 22 novembre 2025, destiné à soutenir la participation de l’équipe nationale à la CAN 2025. L’objectif affiché est de lever des fonds et de mobiliser l’ensemble de la nation autour de la sélection malienne.
La compétition continentale débutera le 21 décembre 2025 au Maroc et se déroulera jusqu’au 18 janvier 2026. Le tirage au sort a placé le Mali dans le groupe A, en compagnie de la nation hôte, le Maroc, de la Zambie et des Comores.
L’équipe malienne se présente à cette édition avec l’ambition d’aller au-delà du stade des quarts de finale, qu’elle avait atteint lors de la précédente édition en Côte d’Ivoire. Le sélectionneur belge Tom Saintfiet a déclaré viser la phase des demi-finales voire la finale, estimant que le tirage offre “des opportunités”.
Le téléthon est présenté comme un moment de communion nationale. Selon le communiqué du Conseil des ministres du 19 novembre 2025, cette mobilisation vise à « escorter les Aigles du Mali vers la CAN 2025 », à renforcer leur logistique et leur encadrement, et à renforcer la confiance collective.
La fédération malienne de football devra composer avec des contraintes : plusieurs joueurs clefs sont actuellement indisponibles ou en phase de réadaptation. Pourtant, la dynamique est jugée favorable pour tenter de franchir un palier et inscrire le Mali parmi les nations majeures du continent. Le téléthon s’inscrit dans cette stratégie de mobilisation populaire, tout en affichant un soutien concret aux moyens techniques et professionnels de l’équipe.
La participation du pays affiche aussi un enjeu diplomatique et symbolique : la performance de l’équipe est perçue comme un vecteur de fierté nationale dans une période où la cohésion sociale et la visibilité internationale comptent pour beaucoup. Le rendez-vous du 22 novembre 2025 pourra constituer un signal fort de soutien à l’équipe et de préparation pris au sérieux.
