Le gouvernement malien table sur une production industrielle d’or de 54,7 tonnes en 2025, contre 51,7 tonnes en 2024, soit une hausse de 6%. Cette projection, révélée dans un document du ministère des Mines, marque un tournant stratégique après une chute brutale de 23% l’an dernier.
Deux événements majeurs nourrissent cet optimisme. Il s’agit de la reprise annoncée des activités de Barrick Gold et du retrait de plus de 300 permis d’exploitation artisanale à des acteurs étrangers.
Barrick Gold, acteur important avec une contribution annuelle habituelle de plus de 12 tonnes, a suspendu ses activités à Loulo-Gounkoto début 2025, après la saisie de 3 tonnes d’or par les autorités. En janvier, la compagnie n’a extrait que 0,63 tonne et aucune en février. Sa production reste en deçà des prévisions, mais un scénario de redémarrage au 1er avril est envisagé, selon son rapport annuel. En mars, une reprise partielle devait générer 1,1 tonne, mais cet objectif n’a pas été atteint.
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Pour Aliou Traoré, Président de l’ACPM (Association des commerçants et prestataires miniers) la reprise ne pèsera pas sur les prix. « Le marché de l’or est mondial. Son prix, qui a récemment franchi les 3 000 dollars l’once, est dicté par les tensions géopolitiques internationales, pas locales », explique-t-il.
Le retrait des permis miniers à des exploitants étrangers libère un potentiel considérable. L’artisanat aurifère représenterait environ 15 à 20 tonnes par an, souvent mal déclarées. « Si on encadre cette production et qu’on la canalise vers les collecteurs agréés et les raffineries locales, cela pourrait augmenter le PIB, renforcer la balance commerciale et offrir à l’État des marges nouvelles pour négocier à l’international », affirme Aliou Traoré. Il plaide pour un « encadrement national prioritaire et structuré ».
L’ACPM, forte de plus de 2 000 membres, a lancé des études sur les sites d’orpaillage et engagé des négociations avec les banques pour appuyer les prestataires locaux. Elle appelle à un quota minimum de 70% des permis miniers réservés aux opérateurs nationaux.
Avec un or représentant 75% des exportations du pays, 2025 pourrait marquer un tournant vers une souveraineté minière mieux assumée et plus profitable aux Maliens. L’avenir nous en dira davantage.
Massiré diop