Auteur/autrice : massire Diop
Coupes CAF : soirée contrastée pour le football malien
Le Stade Malien s’est relancé lors de la deuxième journée en Ligue des champions, tandis que le Djoliba AC s’enfonce un peu plus en Coupe de la Confédération. Les deux clubs abordent désormais la suite de leurs parcours continentaux avec des dynamiques opposées.
Administration pénitentiaire : une conférence sous forte pression sécuritaire à Koulikoro
Réunis du 27 au 29 novembre à Koulikoro, les responsables de l’administration pénitentiaire ont passé en revue le fonctionnement des établissements et les enjeux liés à la gestion des personnes détenues. Cette rencontre intervient dans un contexte où les prisons doivent s’adapter au défi posé par le radicalisme violent et à la montée des risques de sécurité.
Renouveau du contrat social : une journée pour revisiter les valeurs fondatrices du Mali
Chercheurs, acteurs communautaires et organisations citoyennes se sont réunis jeudi à Bamako pour réfléchir aux valeurs qui doivent porter la refondation du Mali. La rencontre s’appuyait sur une note approfondie de l’OCGS, devenue le fil conducteur des échanges.
Guinée-Bissau : un commandement militaire annonce la suspension du processus électoral
Un communiqué diffusé ce mercredi après-midi sur les médias publics bissau-guinéens a annoncé la mise en place d’un commandement militaire chargé de « prendre le contrôle de la situation » en Guinée-Bissau. Cette déclaration intervient quatre jours après la présidentielle du 23 novembre, dont les résultats provisoires devaient être proclamés le 27 novembre.
Selon plusieurs sources concordantes, le nouveau commandement affirme avoir suspendu le processus électoral, ainsi que certaines prérogatives institutionnelles, en attendant un « retour à l’ordre ». Les autorités militaires indiquent que les frontières du pays sont fermées jusqu’à nouvel ordre.
Le président sortant, Umaro Sissoco Embaló, a de son côté déclaré avoir été arrêté ce mercredi vers midi au palais présidentiel, affirmant être la cible d’un « coup d’État ». Il assure avoir remporté l’élection avec 65 % des suffrages selon son propre comptage, tandis que son rival, Fernando Dias da Costa, revendique lui aussi la victoire.
Dans la capitale, des tirs nourris ont été entendus autour du palais présidentiel et un dispositif militaire important a été observé sur les principaux axes. Plusieurs personnalités politiques, dont Fernando Dias da Costa et Domingos Simões Pereira, ont été retenues dans des lieux non divulgués, selon des sources politiques locales.
La situation reste évolutive et aucun bilan officiel n’a encore été communiqué.
Mali/Barrick : Vers une normalisation autour du complexe Loulo-Gounkoto
Barrick Mining Corporation a annoncé être parvenue à un accord de règlement avec le gouvernement malien afin de mettre fin au différend autour de la mine d’or de Loulo-Gounkoto. La signature de cet accord a été confirmée le 24 novembre 2025 par le ministère des Mines, qui a indiqué que les deux parties avaient trouvé un compromis après plusieurs mois de négociations.
Selon le communiqué officiel, toutes les charges visant Barrick et ses employés seront abandonnées. Les autorités s’engagent également à engager les procédures judiciaires nécessaires à la libération des employés encore détenus. La mise sous administration provisoire instaurée par le gouvernement prendra fin, et le contrôle opérationnel du complexe Loulo-Gounkoto sera intégralement restitué à Barrick. En contrepartie, la compagnie retire sa demande d’arbitrage introduite devant le Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI), l’un des volets majeurs du litige.
Cet accord intervient dans un contexte où le site demeure l’un des actifs aurifères les plus importants du pays. Loulo-Gounkoto avait produit environ 723 000 onces d’or en 2024, un niveau qui illustre son poids stratégique tant pour l’économie nationale que pour Barrick. À l’échelle du groupe, la société a annoncé une production de 829 000 onces d’or au troisième trimestre 2025, confirmant la solidité de ses opérations malgré les perturbations enregistrées au Mali. Le secteur aurifère malien, pour sa part, a vu sa production industrielle chuter à environ 26,2 tonnes à fin août 2025, soit une baisse d’environ 32 % sur un an, un recul largement attribué à la suspension des activités de Loulo-Gounkoto.
Le ministère des Mines souligne que la résolution de ce différend marque la fin d’une période de tensions entre l’État et la compagnie, et ouvre la voie à la reprise prochaine des opérations normales. Le gouvernement insiste sur l’impact positif attendu pour les employés, les communautés locales et l’économie malienne, fortement dépendante des revenus aurifères.
Les deux parties ont indiqué que l’accord, désormais formalisé, permettra de rétablir un climat de confiance et de relancer durablement l’activité du complexe Loulo-Gounkoto, essentiel au secteur minier national.
Confédération AES : les experts en conclave à Ouagadougou avant la réunion des ministres
Les hauts fonctionnaires de la Confédération des États du Sahel se sont retrouvés à Ouagadougou ce 24 novembre pour deux jours de travaux préparatoires à la réunion des ministres des Affaires étrangères attendue le 26 novembre.
Coupes CAF : Fortunes diverses
Le football malien a vécu un week-end contrasté lors du lancement des phases de groupes des compétitions interclubs de la CAF les 22 et 23 novembre 2025. Le Stade Malien et le Djoliba AC, seuls représentants du pays cette saison à ce stade des tournois continentaux, ont obtenu des résultats opposés avec un match nul à l’extérieur pour l’un et une défaite à domicile pour l’autre.
Conteneurs maliens à Dakar : avancées dans l’évacuation
Plus de 2 000 conteneurs maliens restent immobilisés au port de Dakar, selon les informations communiquées lors des échanges entre les autorités maliennes et sénégalaises.
Une délégation conduite par la ministre des Transports et des Infrastructures, Madina Sissoko Dembélé, a séjourné au Sénégal du 17 au 21 novembre 2025 pour discuter des modalités d’évacuation avec les responsables portuaires et gouvernementaux.
Les données les plus récentes évoquent environ 2 400 conteneurs en souffrance. Les autorités portuaires sénégalaises reconnaissent une situation de congestion liée au volume de marchandises, à la capacité d’entreposage et aux contraintes logistiques. Des responsables du Port autonome de Dakar indiquent que les obstacles administratifs concernant les conteneurs maliens ont été levés, une mesure destinée à faciliter la reprise des sorties. Le directeur général du port, Waly Diouf Bodian, a assuré lors des échanges que le Sénégal reste engagé dans la recherche d’une solution durable pour le transit malien.
La mise en œuvre de l’évacuation se heurte encore à plusieurs défis opérationnels. Le nombre de camions disponibles pour assurer le transport jusqu’au Mali reste insuffisant pour absorber rapidement les volumes en attente. Le corridor Dakar–Bamako, essentiel pour le transit des marchandises, fait également l’objet de contraintes liées aux conditions de circulation et aux exigences de sécurité. Ces éléments ralentissent le rythme d’enlèvement des conteneurs, même après la levée des blocages administratifs.
Les discussions entre les deux pays portent également sur les frais de magasinage et de surestaries appliqués aux conteneurs ayant dépassé le délai de franchise. Des allègements ont été évoqués afin de limiter les charges pour les opérateurs maliens, mais les modalités exactes restent en cours de finalisation. Les entreprises concernées signalent des retards dans la réception de leurs cargaisons et des ajustements dans leurs chaînes d’approvisionnement.
Les autorités maliennes et sénégalaises ont convenu de suivre de près l’évolution de la situation afin de fluidifier progressivement l’évacuation. Les services techniques, les opérateurs portuaires et les transporteurs poursuivent leurs concertations pour améliorer les rotations et réduire les délais d’acheminement vers le Mali. Les deux parties affirment leur volonté de stabiliser le transit et de limiter l’impact économique des immobilisations prolongées.
Enregistrement des camions-citernes : les autorités fixent désormais un maximum de 24 heures
Les autorités maliennes ont annoncé une nouvelle mesure visant à accélérer l’enregistrement et le passage des camions-citernes destinés à l’approvisionnement en produits pétroliers.
Sikasso : près de 3 000 personnes fuient les violences aux frontières
Les attaques récentes dans la zone frontalière avec le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire ont provoqué un déplacement soudain vers Sikasso et Kapala. Les populations, prises entre incursions armées et peur de représailles, réclament une aide urgente.
Réforme des EPCP : mise en conformité et défis de modernisation
Le Conseil des ministres du mercredi 19 novembre 2025 a adopté un projet de loi modifiant le statut général des Établissements publics à caractère professionnel, institué par la loi n°96-032 du 12 juin 1996. Ces établissements, dotés de la personnalité morale et de l’autonomie financière, encadrent l’organisation et la représentation de diverses professions, notamment à travers les ordres et chambres consulaires.
Le gouvernement explique que la loi de 1996 présente des insuffisances, en particulier dans son volet financier. Les règles d’approbation budgétaire prévues par le texte initial ne sont plus en phase avec les exigences de la Directive n°07/2009/CM/UEMOA, qui fixe le cadre harmonisé de la comptabilité publique dans l’Union. La réforme entend corriger ces écarts pour aligner le dispositif national sur les normes communautaires.
Les EPCP gèrent des ressources variées, issues de cotisations, de redevances ou de subventions, et assurent des missions essentielles comme la tenue des tableaux professionnels, l’encadrement des pratiques, la discipline interne ou la représentation des métiers auprès des autorités. L’actualisation de leur régime financier répond à la volonté d’assurer une meilleure transparence et une gestion conforme aux standards imposés par l’espace UEMOA. Elle prévoit une clarification des modalités d’élaboration, d’adoption et d’approbation des budgets, ainsi qu’une articulation plus cohérente entre les établissements et les autorités de tutelle.
Cependant, l’examen du dispositif laisse apparaître plusieurs points qui devront être précisés lors de la mise en œuvre. La question de la capacité opérationnelle des établissements à appliquer les nouvelles règles n’est pas encore détaillée, alors que certains disposent de moyens administratifs limités. L’articulation entre les organes de gestion internes et l’autorité financière de tutelle devra également être encadrée pour éviter des lenteurs ou des chevauchements dans les processus d’approbation. Le degré d’accompagnement technique prévu pour la transition vers les normes de l’UEMOA reste à clarifier, de même que les mécanismes de contrôle et de suivi une fois la réforme adoptée.
La mise en conformité engagée constitue une étape importante pour harmoniser la gestion des EPCP, mais plusieurs ajustements pratiques seront nécessaires pour garantir une application uniforme et efficace dans l’ensemble des professions concernées.
Téléthon « Envol des Aigles » : mobilisation nationale avant la CAN 2025
Le ministère de la Jeunesse et des Sports, chargé de l’Instruction civique et de la Construction citoyenne, a annoncé la tenue d’un téléthon national baptisé « Envol des Aigles » le 22 novembre 2025, destiné à soutenir la participation de l’équipe nationale à la CAN 2025. L’objectif affiché est de lever des fonds et de mobiliser l’ensemble de la nation autour de la sélection malienne.
La compétition continentale débutera le 21 décembre 2025 au Maroc et se déroulera jusqu’au 18 janvier 2026. Le tirage au sort a placé le Mali dans le groupe A, en compagnie de la nation hôte, le Maroc, de la Zambie et des Comores.
L’équipe malienne se présente à cette édition avec l’ambition d’aller au-delà du stade des quarts de finale, qu’elle avait atteint lors de la précédente édition en Côte d’Ivoire. Le sélectionneur belge Tom Saintfiet a déclaré viser la phase des demi-finales voire la finale, estimant que le tirage offre “des opportunités”.
Le téléthon est présenté comme un moment de communion nationale. Selon le communiqué du Conseil des ministres du 19 novembre 2025, cette mobilisation vise à « escorter les Aigles du Mali vers la CAN 2025 », à renforcer leur logistique et leur encadrement, et à renforcer la confiance collective.
La fédération malienne de football devra composer avec des contraintes : plusieurs joueurs clefs sont actuellement indisponibles ou en phase de réadaptation. Pourtant, la dynamique est jugée favorable pour tenter de franchir un palier et inscrire le Mali parmi les nations majeures du continent. Le téléthon s’inscrit dans cette stratégie de mobilisation populaire, tout en affichant un soutien concret aux moyens techniques et professionnels de l’équipe.
La participation du pays affiche aussi un enjeu diplomatique et symbolique : la performance de l’équipe est perçue comme un vecteur de fierté nationale dans une période où la cohésion sociale et la visibilité internationale comptent pour beaucoup. Le rendez-vous du 22 novembre 2025 pourra constituer un signal fort de soutien à l’équipe et de préparation pris au sérieux.
PAG 2025-2026 : bilan du premier semestre
Le Conseil des ministres du mercredi 19 novembre 2025 a présenté l’état d’exécution du Plan d’Action du Gouvernement 2025-2026 à l’issue du premier semestre de mise en œuvre. Les résultats communiqués retracent l’avancement des activités prévues et les niveaux de réalisation observés dans les départements concernés.
Kayes : des citernes détournées de leur circuit officiel
La brigade régionale du Commerce et de la Concurrence a intercepté, le 16 novembre, plusieurs camions-citernes engagés sur un trajet qui ne correspondait pas à leur destination déclarée. L’opération survient dans un contexte de pénurie persistante, alors que les autorités tentent de rétablir un approvisionnement régulier.
À Kayes, les agents de la Direction régionale du Commerce et de la Concurrence ont constaté que les citernes interceptées ne se dirigeaient pas vers la station de vente annoncée par l’importateur. Selon les informations communiquées, les cargaisons avaient été déclarées comme destinées à un point de distribution officiel, mais leur orientation effective s’écartait du circuit prévu. Les équipes de contrôle ont redirigé les véhicules vers la station concernée et procédé à l’interpellation des personnes impliquées.
Cette intervention intervient dans une période où la disponibilité du carburant reste limitée dans plusieurs localités du pays. Les stations fonctionnent de manière irrégulière depuis plusieurs semaines et les volumes reçus ne permettent pas toujours de répondre à la demande. Les difficultés d’approvisionnement ont entraîné une hausse des prix et des files d’attente récurrentes.
Quelques semaines avant cette opération, un camion transportant quarante-cinq mille litres de gasoil avait déjà été saisi dans la même région lors d’un transvasement vers un autre véhicule. Les éléments recueillis avaient montré que le chargement avait été revendu en dehors du circuit initialement déclaré, entraînant la saisie du carburant et l’interpellation des personnes en cause.
Les opérations successives menées dans la région illustrent le renforcement des contrôles autour de la distribution de carburant, alors que les autorités affirment maintenir leurs efforts pour stabiliser la situation et assurer l’acheminement des produits vers les stations autorisées.
Kayes : des citernes détournées de leur circuit officiel
Kayes : des citernes détournées de leur circuit officie
La brigade régionale du Commerce et de la Concurrence a intercepté, le 16 novembre, plusieurs camions-citernes engagés sur un trajet qui ne correspondait pas à leur destination déclarée. L’opération survient dans un contexte de pénurie persistante, alors que les autorités tentent de rétablir un approvisionnement régulier.
À Kayes, les agents de la Direction régionale du Commerce et de la Concurrence ont constaté que les citernes interceptées ne se dirigeaient pas vers la station de vente annoncée par l’importateur. Selon les informations communiquées, les cargaisons avaient été déclarées comme destinées à un point de distribution officiel, mais leur orientation effective s’écartait du circuit prévu. Les équipes de contrôle ont redirigé les véhicules vers la station concernée et procédé à l’interpellation des personnes impliquées.
Cette intervention intervient dans une période où la disponibilité du carburant reste limitée dans plusieurs localités du pays. Les stations fonctionnent de manière irrégulière depuis plusieurs semaines et les volumes reçus ne permettent pas toujours de répondre à la demande. Les difficultés d’approvisionnement ont entraîné une hausse des prix et des files d’attente récurrentes.
Quelques semaines avant cette opération, un camion transportant quarante-cinq mille litres de gasoil avait déjà été saisi dans la même région lors d’un transvasement vers un autre véhicule. Les éléments recueillis avaient montré que le chargement avait été revendu en dehors du circuit initialement déclaré, entraînant la saisie du carburant et l’interpellation des personnes en cause.
Les opérations successives menées dans la région illustrent le renforcement des contrôles autour de la distribution de carburant, alors que les autorités affirment maintenir leurs efforts pour stabiliser la situation et assurer l’acheminement des produits vers les stations autorisées.
Diaspora malienne au Maroc : une semaine d’échanges et de diplomatie communautaire avec l’AESM
Du 19 au 26 octobre 2025, une délégation de l’Association des Anciens Étudiants et Stagiaires Maliens du Maroc (AESM) a mené une mission de terrain auprès de la diaspora malienne, à l’invitation de la COMAMA. Une série de rencontres institutionnelles et communautaires a permis d’aborder les conditions de vie des ressortissants maliens, les opportunités socio-économiques au Mali et les dispositifs d’assurance volontaire.
La mission, conduite à Casablanca, Rabat et Tanger, s’est inscrite dans un contexte de mobilité croissante des Maliens vers le Maroc, devenu ces dernières années un important pôle d’accueil pour les étudiants, les travailleurs migrants et les familles installées durablement. La délégation de l’AESM a été reçue par plusieurs institutions clés : l’Ambassade du Mali à Rabat, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), l’Agence nationale des Marocains résidant à l’étranger (ANRE), l’ISESCO, ainsi que l’École nationale supérieure des mines de Rabat. Ces rencontres ont permis de faire le point sur les défis administratifs, éducatifs et socio-professionnels auxquels la diaspora est confrontée, notamment l’accès à la régularisation, à la santé ou à l’emploi formel.
Face à des communautés souvent confrontées à la précarité, à la pression migratoire ou à des parcours académiques exigeants, l’AESM a présenté les opportunités offertes par le Mali dans les domaines de l’entrepreneuriat, de l’innovation, de l’agro-industrie et des services. Une attention particulière a été portée au régime d’assurance volontaire de l’INPS, présenté comme un levier essentiel pour garantir une couverture sociale aux travailleurs indépendants, aux commerçants et aux expatriés installés hors du territoire national.
Dans les trois grandes villes visitées, la délégation a rencontré des associations locales, des leaders communautaires et des familles maliennes. Les échanges ont porté sur la scolarisation des enfants, les conditions de logement, la protection consulaire, ainsi que les difficultés rencontrées dans les démarches administratives marocaines. Des jeunes diplômés ont également exprimé leurs préoccupations concernant l’insertion professionnelle et les perspectives de retour au pays.
La mission s’est achevée le 26 octobre par une cérémonie de lecture de Coran pour la paix et la stabilité du Mali, organisée à l’Ambassade du Mali à Rabat, en présence de diplomates, de responsables communautaires et de nombreux ressortissants. Ce moment spirituel a marqué la volonté collective de resserrer les liens entre le Mali et sa diaspora, alors que la communauté malienne du Maroc continue de jouer un rôle croissant dans les échanges économiques, culturels et éducatifs entre les deux pays.
« La légitimité traditionnelle reste le dernier espoir de la société malienne »
À l’occasion de la Journée nationale des légitimités traditionnelles célébrée le 11 novembre, Mohamed Ben Chérif Diabaté analyse la place actuelle des autorités coutumières, les défis de leur reconnaissance et leur rôle dans la cohésion nationale. Dans cet entretien, il revient sur l’importance de les former, de mieux les encadrer et de créer un cadre national de coordination.
Comment définiriez-vous la place de la légitimité traditionnelle dans la société malienne aujourd’hui ?
Pour moi, la légitimité traditionnelle occupe la place d’espoir. La population malienne place beaucoup d’attentes en elle : elle la consulte, s’y réfère, et la considère comme un véritable fusible social. Dans une société aux références multiples, les légitimités incarnent encore le recours naturel lorsqu’un problème se pose ou lorsqu’une orientation est nécessaire. Leur rôle reste fondamental.
À quoi sert concrètement la Journée nationale du 11 novembre, si sa portée reste encore peu visible dans l’espace public ?
Ceux qui ont initié cette journée méritent d’être salués. Mais pour que l’adhésion soit totale, il faut expliquer le mobile : pourquoi cette journée a été créée, ce qu’elle vise, et pourquoi elle concerne toutes les communautés.
Nous vivons dans un pays où plus de 90 % de la population est analphabète. Avec une diversité culturelle immense — un Malinké de Kangaba n’est pas identique à un Malinké de Bafoulabé, un Peul du Fouta n’est pas le même qu’un Peul du Macina — il est essentiel d’informer, de sensibiliser, d’expliquer. Si cela est fait, le peuple s’engagera et s’impliquera. C’est le seul moyen pour que cette journée prenne tout son sens.
Pourquoi l’État reconnaît-il aujourd’hui les légitimités traditionnelles, alors qu’une partie de la société semblait s’en détacher ?
Depuis l’époque du Soudan, les légitimités traditionnelles ont gouverné nos villages, nos fractions, nos royaumes et nos empires. Elles étaient là bien avant l’État moderne, et c’est ce système que le colonisateur a trouvé en arrivant.
Se détacher d’elles, c’est perdre ses repères. Ceux qui les reconnaissent aujourd’hui savent ce qu’elles représentent. Mais une partie de la population ne connaît pas son histoire, ne sait pas ce que les légitimités ont apporté. C’est cette méconnaissance qui explique parfois le détachement. Ceux qui ont reconnu leur importance ont bien réfléchi et ont eu raison.
Dans le contexte actuel des conflits et fractures sociales, quel rôle les chefs traditionnels peuvent-ils jouer dans la médiation et le rétablissement de la confiance ?
Ils ont un rôle déterminant, mais il faut les former. Le monde évolue, les réalités changent, et ce qui était valable hier ne l’est pas forcément aujourd’hui.
Les légitimités doivent être formées aux techniques de résolution des conflits, aux mécanismes de cohésion sociale, au programme national d’éducation aux valeurs. Elles doivent aussi travailler en synergie avec l’administration, les services judiciaires et les communautés.
Avec cet accompagnement, elles peuvent jouer un rôle majeur dans la médiation et la reconstruction de la confiance.
Que faudrait-il mettre en place pour que les légitimités redeviennent des acteurs structurants de l’éducation civique, de la cohésion et de la transmission des valeurs ?
Il faut créer un cadre national : un cadre de formation, de coordination, d’information et de sensibilisation.
Je propose la mise en place d’une Coordination nationale des légitimités traditionnelles, dotée d’un contenu administratif et juridique solide, s’appuyant autant sur les compétences modernes que sur le savoir endogène positif.
Avec ce cadre, les légitimités pourront contribuer efficacement à l’éducation civique, à la cohésion sociale, à la consolidation de la paix et à la construction nationale.
Réfugiés : le Mali accueille plus de 230 000 Burkinabè et Nigériens
Publié le 31 octobre 2025, le rapport conjoint du gouvernement malien et du HCR confirme une hausse marquée des arrivées de réfugiés burkinabè et nigériens dans plusieurs régions du pays. Le document montre l’ampleur d’un mouvement de population étroitement lié à la crise sécuritaire qui frappe le Sahel.
« Il faut d’abord restaurer la confiance entre l’État et les communautés » Ag Mehdi
À l’occasion de la Journée nationale des légitimités traditionnelles, célébrée le 11 novembre 2025 à Bamako, l’Amenokal Alhaj Alhassane Ag Mehdi, Président du Conseil supérieur des Imiticha, revient sur l’affaiblissement des autorités traditionnelles, leur rôle dans la paix et la manière de reconstruire la cohésion sociale. Dans cet entretien, il livre une analyse franche, appuyée sur son discours officiel et ses propos recueillis.
Quel rôle concret les légitimités traditionnelles doivent-elles jouer aujourd’hui dans la paix au Mali ?
Les légitimités traditionnelles sont plus anciennes que l’État moderne. Elles ont toujours géré et stabilisé leurs communautés grâce à des mécanismes culturels, historiques, éthiques et moraux capables de prévenir le conflit et de consolider la paix. Elles peuvent continuer à jouer ce rôle, mais seulement si elles sont revalorisées et si on leur rend leur identité et leur autorité dans le temps.
Aujourd’hui, elles ont été réduites au simple rôle de relais administratif, ce qui les vide de leur essence. Si on leur redonne les moyens et la reconnaissance nécessaires, elles peuvent stabiliser le pays, car elles connaissent les populations et possèdent l’expérience du dialogue.
Comment restaurer cette autorité dans les zones où elle est contestée ?
L’affaiblissement est général. Il n’existe plus aucune zone où les légitimités conservent l’autorité qu’elles avaient autrefois. Elles ne sont plus écoutées, leur parole n’est plus déterminante, et beaucoup vivent dans une grande précarité. Une autorité sans moyens ne peut pas exercer son autorité.
Pour restaurer leur place, il faut améliorer leurs conditions de vie, mener des réformes administratives et politiques, et leur rendre leur rôle historique. Sans cela, l’autorité restera affaiblie et contestée.
En quoi les valeurs et pratiques traditionnelles peuvent-elles compléter la Charte pour la paix et la réconciliation nationale ?
La Charte aurait dû être élaborée d’abord par les légitimités traditionnelles. Elles ont l’expérience et l’expertise pour proposer un document véritablement enraciné dans les réalités du pays.
Aujourd’hui, elles sont invitées dans les consultations, mais on ne les écoute pas. Pour qu’elles contribuent réellement, il faut leur remettre la Charte afin qu’elles se l’approprient, l’amendent et l’adaptent aux spécificités de chaque région. Les réalités de Kidal ne sont pas celles de Kayes ou Sikasso. Toutes les propositions fondées sur l’expérience et la connaissance du terrain doivent être prises en compte.
Comment éviter l’instrumentalisation politique des chefferies et légitimités traditionnelles ?
C’est l’un des problèmes les plus graves. Les chefferies étaient autrefois des autorités reconnues, mais aujourd’hui elles sont instrumentalisées et réduites à un rôle de transmission administrative.
Or leur rôle est double : relais de l’administration, mais aussi conseillères de l’État. Ce second rôle, essentiel pour la paix et la stabilité, n’est plus exercé. Tant que l’État n’écoutera pas les légitimités et ne prendra pas en compte leur expertise, l’instrumentalisation continuera.
Quelles mesures urgentes recommanderiez-vous pour relancer la confiance entre les communautés ?
La première mesure, c’est le dialogue. Mais un dialogue fondé sur la vérité, le courage, l’intérêt général et un climat apaisé.
Cependant, la crise la plus profonde n’est pas d’abord entre les communautés. Elle est entre l’État et les communautés. Tant que cette confiance supérieure n’est pas restaurée, toutes les autres réconciliations seront difficiles.
Une fois que l’État et les communautés renouent la confiance, la cohésion locale suit naturellement, et le travail des autorités traditionnelles devient plus facile.
Un dernier mot sur la Journée nationale des légitimités traditionnelles ?
Cette 5ᵉ édition doit être un tournant. Elle doit ouvrir la voie à la redynamisation des autorités traditionnelles à tous les niveaux territoriaux, à la promotion du dialogue intra et intercommunautaire, au renforcement de leur leadership, à l’amélioration de leurs conditions de vie et à la mise en œuvre d’un plan d’action national ambitieux.
C’est ainsi que les légitimités traditionnelles pourront jouer pleinement leur rôle dans l’éducation, la gouvernance et la construction du Maliden Kura.

