Le Gouvernement habilité à légiférer durant l’intersession

Le 26 novembre 2025, le Conseil des ministres a adopté un projet de loi autorisant le Gouvernement à légiférer par ordonnance jusqu’à la prochaine session du CNT, prévue le 13 avril 2026. Cette mesure vise à garantir la continuité de l’action publique dans une période de transition institutionnelle et de réformes en cours.

Le Gouvernement disposera de la faculté de légiférer par ordonnance durant toute la période d’intersession parlementaire, à la suite de l’adoption d’un projet de loi présenté le 26 novembre 2025 au Conseil des ministres. Le dispositif, fondé sur l’article 121 de la Constitution et l’article 13 de la Charte de la Transition, permettra à l’Exécutif d’intervenir dans des domaines relevant en temps normal du législateur, notamment l’organisation des services publics, la gestion du personnel, la production ainsi que la conclusion de traités et d’accords internationaux.
Cette habilitation est présentée par les autorités comme indispensable pour éviter l’interruption des réformes inscrites dans le plan d’action gouvernemental piloté par le Premier ministre Abdoulaye Maïga. Elle intervient dans un contexte de transition marqué par la nécessité de maintenir la stabilité administrative et d’assurer la continuité des politiques publiques. L’expérience récente montre que les périodes d’intersession prolongées peuvent retarder des décisions techniques attendues, notamment dans les secteurs régaliens ou les domaines soumis à des impératifs de calendrier.
Toutefois, cette démarche comporte des limites relevées par plusieurs experts, qui rappellent qu’un recours étendu aux ordonnances réduit l’espace de débat parlementaire. Des observateurs  soulignent également l’importance de préserver des mécanismes de contrôle institutionnel. La Constitution prévoit d’ailleurs que toutes les ordonnances devront être soumises à ratification lors de la session du CNT d’avril 2026, seule garantie permettant un contrôle démocratique a posteriori.
Le recours aux ordonnances demeure un outil fréquent du droit public malien, déjà utilisé lors de précédentes périodes de transition. Pour l’Exécutif, il s’agit d’un moyen d’assurer la poursuite des réformes prioritaires, qu’il s’agisse de la modernisation de l’administration, du renforcement des services publics ou de la mise à jour de textes sectoriels. Les prochains mois permettront de mesurer l’usage qui sera fait de cette habilitation et la manière dont le CNT exercera son pouvoir de ratification au printemps 2026.

Coupes CAF : soirée contrastée pour le football malien

Le Stade Malien s’est relancé lors de la deuxième journée en Ligue des champions, tandis que le Djoliba AC s’enfonce un peu plus en Coupe de la Confédération. Les deux clubs abordent désormais la suite de leurs parcours continentaux avec des dynamiques opposées.

En Ligue des champions, le Stade Malien a d’abord démarré sa phase de groupes par un nul solide le 24 novembre 2025 sur la pelouse de l’Espérance sportive de Tunis, un partage des points obtenu au terme d’un match fermé où les Maliens avaient choisi de contenir avant de contrer. Le même jour, le Petro Atlético de Luanda s’était imposé 1-0 sur le terrain de Simba SC, grâce à un but inscrit en fin de match, ce qui avait permis aux Angolais de prendre les premiers points du groupe D.
La deuxième journée disputée ce 30 novembre 2025 à Bamako a offert au Stade Malien l’occasion de se repositionner. Les Blancs se sont imposés 2-1 face à Simba SC après une entame de match maîtrisée et deux buts rapprochés, signés Taddeus Nkeng à la seizième minute puis Ismaïla Simpara à la vingt-troisième. Neo Maema a réduit le score pour Simba à la cinquante-quatrième minute, mais le Stade a tenu son avantage jusqu’au coup de sifflet final. Avec cette victoire, le club malien totalise quatre points, à égalité avec le Petro de Luanda, tandis que l’Espérance reste à deux points et Simba ferme la marche avec zéro unité après deux revers.
La suite du parcours s’annonce décisive. La troisième journée est programmée pour le 18 janvier 2026, avec un choc Stade Malien – Petro de Luanda à Bamako, une rencontre qui pourrait peser lourd dans la qualification. La quatrième journée est fixée au 25 janvier 2026 et enverra les Maliens à Tunis pour y affronter de nouveau l’Espérance. La phase de groupes se conclura le 1ᵉʳ février 2026 avec un déplacement à Dar es Salaam pour affronter Simba SC dans un match qui pourrait encore jouer un rôle important dans le classement final.
La tendance est beaucoup plus sombre du côté du Djoliba AC en Coupe de la Confédération. Les Rouges avaient manqué leur entrée en lice le 23 novembre 2025 à Bamako en s’inclinant 0-1 face à l’Olympique de Safi, un but encaissé à la vingt-neuvième minute qui avait plombé leur première sortie. L’autre rencontre de cette première journée, disputée le même jour, avait vu l’USM Alger s’imposer 3-2 contre le FC San Pedro dans un match riche en rebondissements.
Ce 30 novembre 2025, pour la deuxième journée, le Djoliba s’est rendu à San Pedro où il a subi un second revers, cette fois 2-0, avec un doublé de Kamagaté Dramane qui a scellé l’issue du match. Dans l’autre opposition du groupe A, l’USM Alger a confirmé sa supériorité en s’imposant 1-0 sur le terrain de l’Olympique de Safi grâce à un but marqué en toute fin de rencontre. Cette nouvelle victoire permet aux Algériens de totaliser six points, tandis que Safi et San Pedro passent à trois unités et que le Djoliba reste dernier avec zéro point, sans but marqué et déjà trois encaissés.
La troisième journée de la Coupe de la Confédération est programmée pour le 19 janvier 2026, avec un déplacement délicat du Djoliba à Alger pour y défier l’USM, un match qui pourrait peser lourd si les Maliens veulent encore espérer se relancer. La rencontre retour Djoliba AC – USM Alger est fixée au 2 février 2026 à Bamako. La phase retour proposera ensuite un déplacement à Safi le 9 février 2026 avant une dernière journée à domicile contre San Pedro le 16 février 2026.
Cette soirée continentale laisse donc deux trajectoires opposées. Le Stade Malien nourrit désormais l’espoir d’une qualification après une victoire fondatrice, tandis que le Djoliba AC se retrouve face à l’urgence de redresser son parcours pour éviter une élimination qui se profile déjà à l’horizon.

Administration pénitentiaire : une conférence sous forte pression sécuritaire à Koulikoro

Réunis du 27 au 29 novembre à Koulikoro, les responsables de l’administration pénitentiaire ont passé en revue le fonctionnement des établissements et les enjeux liés à la gestion des personnes détenues. Cette rencontre intervient dans un contexte où les prisons doivent s’adapter au défi posé par le radicalisme violent et à la montée des risques de sécurité.

La 9ᵉ Conférence annuelle de l’Administration pénitentiaire et de l’Éducation surveillée a rassemblé cadres centraux, régies pénitentiaires, responsables régionaux et acteurs judiciaires pour dresser le bilan 2025 et définir les priorités de 2026. Dans un environnement marqué par les violences armées et l’augmentation du nombre de détenus liés au terrorisme, les autorités ont rappelé la nécessité de renforcer les méthodes de travail, la coordination entre services et la capacité de réponse interne face aux situations sensibles.
Le thème choisi – « L’administration pénitentiaire à l’épreuve du terrorisme, du radicalisme et de l’extrémisme violent » – reflète les pressions auxquelles sont confrontés les établissements carcéraux. Plusieurs prisons du pays accueillent désormais un nombre important de détenus pour faits de terrorisme, ce qui modifie les équilibres internes, accroît les risques de tension et impose une vigilance renforcée des équipes.
Des orientations pour 2026
Les participants ont examiné les conditions de détention, l’organisation du travail pénitentiaire, la gestion des incidents, la formation des agents et la coordination avec la justice. Ils ont également partagé les expériences de terrain liées à la surveillance, au suivi des profils sensibles et à la prévention de l’influence idéologique entre détenus.
Les travaux ont insisté sur la nécessité d’améliorer les capacités opérationnelles du personnel, de renforcer les équipements de sécurité, de moderniser les procédures internes et de mieux protéger les agents exposés. La question du renseignement pénitentiaire, devenue indispensable dans la gestion des détenus radicalisés, a été abordée comme un axe de consolidation institutionnelle.
Des défis structurels qui persistent
Si la conférence a permis d’identifier des pistes d’amélioration, elle a aussi dévoilé les défis profonds du secteur : effectifs insuffisants, infrastructures vieillissantes, surcharge dans certains établissements, besoins importants en formation spécialisée et forte pression liée aux profils dangereux. Dans un contexte institutionnel sensible, où les priorités sécuritaires occupent une place importante dans l’action publique, la question de l’articulation entre sécurité, garanties fondamentales et transparence du secteur pénitentiaire appelle une approche mesurée et rigoureuse.
Les conclusions des travaux alimenteront les orientations pour 2026, avec l’objectif de rendre l’appareil pénitentiaire plus robuste, mieux préparé et davantage capable de répondre aux nouvelles formes de criminalité et de radicalisation.

Renouveau du contrat social : une journée pour revisiter les valeurs fondatrices du Mali  

Chercheurs, acteurs communautaires et organisations citoyennes se sont réunis jeudi à Bamako pour réfléchir aux valeurs qui doivent porter la refondation du Mali. La rencontre s’appuyait sur une note approfondie de l’OCGS, devenue le fil conducteur des échanges.

La réflexion sur le Mali Kura progresse et demeure au centre des préoccupations citoyennes. Jeudi 27 novembre 2025, l’Observatoire citoyen sur la gouvernance et la sécurité a réuni chercheurs, figures communautaires, organisations de terrain et responsables d’associations pour une journée consacrée au renouveau du contrat social. L’objectif n’était pas de discuter abstraitement, mais de s’appuyer sur une note de réflexion élaborée par l’OCGS, un document dense analysant les ruptures qui fragilisent le pacte entre l’État et les citoyens, et proposant les valeurs susceptibles de soutenir une refondation crédible.
La note, largement évoquée au fil de la journée, dépasse la simple analyse institutionnelle. Elle explore l’effritement des repères culturels, la faiblesse de la transmission intergénérationnelle, les transformations du comportement citoyen et l’affaiblissement du sens du bien commun. Ses auteurs y expliquent que le pays ne pourra pas se refonder uniquement à travers des réformes administratives. La reconstruction du contrat social exige une revitalisation des valeurs partagées et une compréhension fine des attentes de la population.
Le chercheur Dr Baïla Niang, l’un des contributeurs du document, est revenu sur l’ambition de la note. Il a rappelé qu’elle ne part pas d’un constat pessimiste, mais d’une analyse lucide : les réformes successives n’ont pas suffi à rétablir la confiance parce qu’elles n’ont pas été accompagnées d’une dynamique morale et citoyenne. Selon lui, les valeurs ne peuvent pas être proclamées depuis un bureau ; elles doivent se vivre et se transmettre. Il a insisté sur la nécessité de replacer l’éthique publique, le respect de la parole donnée et la responsabilité individuelle au cœur du vivre-ensemble.
L’intervention d’Anicet Allamadjingaye, également chercheur à l’OCGS, a prolongé cette réflexion en insistant sur la dimension territoriale des valeurs. Il a rappelé que le contrat social malien s’est construit historiquement dans l’équilibre entre institutions et communautés, et que cet équilibre s’est fragilisé sous l’effet des crises successives. Pour lui, la note de l’OCGS doit servir d’outil de dialogue, non seulement avec les autorités, mais aussi avec les acteurs qui incarnent la cohésion au quotidien : familles, leaders locaux, associations et cercles de solidarité. Il a souligné que la refondation nécessite d’écouter les territoires, d’intégrer leurs spécificités et de tenir compte des mémoires collectives, sans quoi les valeurs évoquées resteront théoriques.
La modération de Baba Dakono a permis de tisser un lien entre les différentes interventions. Sa compréhension des enjeux de gouvernance a donné de la cohérence à l’ensemble, en rappelant que la refondation doit clarifier les engagements réciproques entre l’État et les citoyens. Il a insisté sur la nécessité de relier les analyses de la note aux réalités que vivent les Maliens dans les services publics, les marchés, les quartiers et les espaces communautaires. Cette approche a apporté une profondeur supplémentaire aux débats, en renforçant l’idée que la refondation est autant sociale que politique.
La présentation de la charte consacrée au retour aux valeurs et à l’éthique, assurée par M. Diakité, a constitué un moment clé. Cette charte reprend les grandes lignes de la note de l’OCGS et les traduit en repères concrets. Elle évoque la responsabilité individuelle, l’intégrité dans la gestion publique, l’engagement communautaire, le respect de la parole donnée et l’importance de la transmission. Diakité a expliqué que cette charte n’a pas vocation à imposer des normes, mais à proposer une base commune autour de laquelle les citoyens peuvent se reconnaître et agir.
La dimension citoyenne de la rencontre a été renforcée par l’intervention de Djelika Maïga, coordinatrice de Case Citoyenne du Mali. Elle a rappelé que les valeurs qui portent une nation prennent leur force dans les comportements quotidiens, dans les familles, les espaces communautaires et les associations de proximité. Pour elle, la refondation ne peut réussir sans une mobilisation sociale large, capable de transformer les valeurs en pratiques réelles.
Au fil des échanges, l’idée centrale s’est imposée : le Mali Kura ne peut pas se construire uniquement par des textes institutionnels. Il doit s’appuyer sur un socle moral partagé, nourri par la mémoire collective et les attentes des citoyens. La note de l’OCGS apporte une grille de lecture essentielle pour comprendre les fragilités actuelles et identifier des leviers crédibles pour y répondre.
La journée s’est achevée sur une perspective de travail. Les contributions recueillies seront intégrées dans une version enrichie de la note afin d’alimenter un plaidoyer plus large à destination des autorités et des partenaires du pays. Si la refondation demeure un chantier complexe, cette rencontre a eu le mérite de replacer les valeurs au centre du débat national et d’ouvrir un espace de réflexion où le vivre-ensemble redevient une priorité partagée.

Guinée-Bissau : un commandement militaire annonce la suspension du processus électoral

Un communiqué diffusé ce mercredi après-midi sur les médias publics bissau-guinéens a annoncé la mise en place d’un commandement militaire chargé de « prendre le contrôle de la situation » en Guinée-Bissau. Cette déclaration intervient quatre jours après la présidentielle du 23 novembre, dont les résultats provisoires devaient être proclamés le 27 novembre.

Selon plusieurs sources concordantes, le nouveau commandement affirme avoir suspendu le processus électoral, ainsi que certaines prérogatives institutionnelles, en attendant un « retour à l’ordre ». Les autorités militaires indiquent que les frontières du pays sont fermées jusqu’à nouvel ordre.

Le président sortant, Umaro Sissoco Embaló, a de son côté déclaré avoir été arrêté ce mercredi vers midi au palais présidentiel, affirmant être la cible d’un « coup d’État ». Il assure avoir remporté l’élection avec 65 % des suffrages selon son propre comptage, tandis que son rival, Fernando Dias da Costa, revendique lui aussi la victoire.

Dans la capitale, des tirs nourris ont été entendus autour du palais présidentiel et un dispositif militaire important a été observé sur les principaux axes. Plusieurs personnalités politiques, dont Fernando Dias da Costa et Domingos Simões Pereira, ont été retenues dans des lieux non divulgués, selon des sources politiques locales.

La situation reste évolutive et aucun bilan officiel n’a encore été communiqué.

Mali/Barrick : Vers une normalisation autour du complexe Loulo-Gounkoto

Barrick Mining Corporation a annoncé être parvenue à un accord de règlement avec le gouvernement malien afin de mettre fin au différend autour de la mine d’or de Loulo-Gounkoto. La signature de cet accord a été confirmée le 24 novembre 2025 par le ministère des Mines, qui a indiqué que les deux parties avaient trouvé un compromis après plusieurs mois de négociations.

Selon le communiqué officiel, toutes les charges visant Barrick et ses employés seront abandonnées. Les autorités s’engagent également à engager les procédures judiciaires nécessaires à la libération des employés encore détenus. La mise sous administration provisoire instaurée par le gouvernement prendra fin, et le contrôle opérationnel du complexe Loulo-Gounkoto sera intégralement restitué à Barrick. En contrepartie, la compagnie retire sa demande d’arbitrage introduite devant le Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI), l’un des volets majeurs du litige.

Cet accord intervient dans un contexte où le site demeure l’un des actifs aurifères les plus importants du pays. Loulo-Gounkoto avait produit environ 723 000 onces d’or en 2024, un niveau qui illustre son poids stratégique tant pour l’économie nationale que pour Barrick. À l’échelle du groupe, la société a annoncé une production de 829 000 onces d’or au troisième trimestre 2025, confirmant la solidité de ses opérations malgré les perturbations enregistrées au Mali. Le secteur aurifère malien, pour sa part, a vu sa production industrielle chuter à environ 26,2 tonnes à fin août 2025, soit une baisse d’environ 32 % sur un an, un recul largement attribué à la suspension des activités de Loulo-Gounkoto.

Le ministère des Mines souligne que la résolution de ce différend marque la fin d’une période de tensions entre l’État et la compagnie, et ouvre la voie à la reprise prochaine des opérations normales. Le gouvernement insiste sur l’impact positif attendu pour les employés, les communautés locales et l’économie malienne, fortement dépendante des revenus aurifères.

Les deux parties ont indiqué que l’accord, désormais formalisé, permettra de rétablir un climat de confiance et de relancer durablement l’activité du complexe Loulo-Gounkoto, essentiel au secteur minier national.

Confédération AES : les experts en conclave à Ouagadougou avant la réunion des ministres  

Les hauts fonctionnaires de la Confédération des États du Sahel se sont retrouvés à Ouagadougou ce 24 novembre pour deux jours de travaux préparatoires à la réunion des ministres des Affaires étrangères attendue le 26 novembre.

Les délégations du Burkina Faso, du Mali et du Niger ont ouvert leurs sessions en présence des experts des trois piliers de la Confédération : la diplomatie, la défense-sécurité et le développement.
Cette rencontre intervient un an après la première session du Collège des Chefs d’État, tenue en juillet 2024 à Niamey. Depuis cette date, les trois pays travaillent à structurer les mécanismes internes de l’espace confédéral, en lien avec la feuille de route adoptée sous présidence malienne. Les travaux d’Ouagadougou visent à évaluer les acquis de cette période, actualiser les documents stratégiques et consolider les textes qui régissent les organes de la Confédération.
Le chef de la délégation burkinabè, l’ambassadeur Yirigouin Hermann Toe, a rappelé que cette étape doit permettre d’harmoniser les positions diplomatiques pour que l’AES s’exprime d’une voix cohérente sur les scènes régionale et internationale. Cette harmonisation, selon lui, est indispensable avant la rencontre ministérielle et la session du Collège des Chefs d’État prévue en décembre 2025.
Pour l’ambassadeur Mahamane Amadou Maïga, chef de la délégation malienne, les travaux doivent dégager des perspectives communes dans les domaines de la paix, de la coopération et de la souveraineté. L’ambassadeur nigérien Ousmane Alhassane a indiqué que plusieurs documents seront finalisés, dont les projets de protocole additionnel relatifs aux trois piliers, les dispositions encadrant les sessions des Parlements confédéraux, le projet de règlement intérieur du Conseil des ministres et le document préparatoire à la réunion des ministres des Affaires étrangères.
Les résultats des 48 heures de concertation seront soumis mercredi aux ministres du Burkina Faso, du Mali et du Niger. Ils constitueront la base de travail de la deuxième session du Collège des Chefs d’État, attendue en décembre 2025, un rendez-vous qui doit marquer une nouvelle étape dans l’opérationnalisation de la Confédération des États du Sahel.

Coupes CAF : Fortunes diverses

Le football malien a vécu un week-end contrasté lors du lancement des phases de groupes des compétitions interclubs de la CAF les 22 et 23 novembre 2025. Le Stade Malien et le Djoliba AC, seuls représentants du pays cette saison à ce stade des tournois continentaux, ont obtenu des résultats opposés avec un match nul à l’extérieur pour l’un et une défaite à domicile pour l’autre.

Le Stade Malien retrouvait la phase de groupes de la Ligue des Champions CAF pour la première fois depuis 1997, une qualification obtenue après un parcours maîtrisé lors des tours préliminaires. Pour son entrée dans le Groupe D, le club bamakois se déplaçait au stade de Radès pour affronter l’Espérance de Tunis, multiple champion d’Afrique et favori du groupe. La rencontre du 22 novembre s’est soldée par un score de 0-0. Le Stade Malien a résisté à la pression tunisienne tout au long de la rencontre et a préservé le point du nul grâce à une organisation défensive appliquée et plusieurs interventions décisives de son gardien. Ce premier résultat permet au club de démarrer la compétition avec un point pris à l’extérieur, un élément important dans un groupe relevé où figurent également Simba SC et Petro Atlético.
Le Djoliba AC, engagé dans la Coupe de la Confédération CAF, abordait pour sa part la première journée du Groupe A avec l’ambition de réussir son entrée à domicile. Le club recevait l’Olympique Club de Safi, représentant marocain, le 23 novembre au stade du 26 Mars. L’adversaire a ouvert le score à la 29ᵉ minute grâce à Salaheddine Errahouli, sur une action conclue dans la surface après un mouvement collectif. Le Djoliba a tenté de revenir au score en seconde période mais s’est heurté à une défense marocaine compacte et organisée. La rencontre s’est achevée sur une défaite 0-1, un résultat qui oblige le club à réagir rapidement dans un groupe où figurent également l’USM Alger et le FC San Pedro.
Ces débuts opposés rappellent les réalités différentes des deux compétitions. Pour le Stade Malien, le point pris à l’extérieur constitue un signal encourageant avant d’accueillir Simba SC lors de la deuxième journée. Pour le Djoliba AC, la défaite à domicile complique le démarrage mais laisse encore la possibilité de se repositionner lors des prochains matchs, notamment lors du déplacement prévu en Algérie.
La présence des deux clubs maliens en phase de groupes demeure un enjeu majeur pour le football national, tant en termes d’expérience que de visibilité continentale. Les résultats enregistrés ce week-end n’annulent pas les ambitions affichées, mais illustrent l’exigence d’un niveau où chaque détail compte. Les deux équipes poursuivront leur parcours dans les jours à venir, avec l’objectif de représenter au mieux le football malien sur la scène africaine.

Conteneurs maliens à Dakar : avancées dans l’évacuation

Plus de 2 000 conteneurs maliens restent immobilisés au port de Dakar, selon les informations communiquées lors des échanges entre les autorités maliennes et sénégalaises.

Une délégation conduite par la ministre des Transports et des Infrastructures, Madina Sissoko Dembélé, a séjourné au Sénégal du 17 au 21 novembre 2025 pour discuter des modalités d’évacuation avec les responsables portuaires et gouvernementaux.

Les données les plus récentes évoquent environ 2 400 conteneurs en souffrance. Les autorités portuaires sénégalaises reconnaissent une situation de congestion liée au volume de marchandises, à la capacité d’entreposage et aux contraintes logistiques. Des responsables du Port autonome de Dakar indiquent que les obstacles administratifs concernant les conteneurs maliens ont été levés, une mesure destinée à faciliter la reprise des sorties. Le directeur général du port, Waly Diouf Bodian, a assuré lors des échanges que le Sénégal reste engagé dans la recherche d’une solution durable pour le transit malien.

La mise en œuvre de l’évacuation se heurte encore à plusieurs défis opérationnels. Le nombre de camions disponibles pour assurer le transport jusqu’au Mali reste insuffisant pour absorber rapidement les volumes en attente. Le corridor Dakar–Bamako, essentiel pour le transit des marchandises, fait également l’objet de contraintes liées aux conditions de circulation et aux exigences de sécurité. Ces éléments ralentissent le rythme d’enlèvement des conteneurs, même après la levée des blocages administratifs.

Les discussions entre les deux pays portent également sur les frais de magasinage et de surestaries appliqués aux conteneurs ayant dépassé le délai de franchise. Des allègements ont été évoqués afin de limiter les charges pour les opérateurs maliens, mais les modalités exactes restent en cours de finalisation. Les entreprises concernées signalent des retards dans la réception de leurs cargaisons et des ajustements dans leurs chaînes d’approvisionnement.

Les autorités maliennes et sénégalaises ont convenu de suivre de près l’évolution de la situation afin de fluidifier progressivement l’évacuation. Les services techniques, les opérateurs portuaires et les transporteurs poursuivent leurs concertations pour améliorer les rotations et réduire les délais d’acheminement vers le Mali. Les deux parties affirment leur volonté de stabiliser le transit et de limiter l’impact économique des immobilisations prolongées.

Enregistrement des camions-citernes : les autorités fixent désormais un maximum de 24 heures

Les autorités maliennes ont annoncé une nouvelle mesure visant à accélérer l’enregistrement et le passage des camions-citernes destinés à l’approvisionnement en produits pétroliers.

Selon les informations communiquées lors des rencontres entre le gouvernement et les opérateurs du secteur, le délai de traitement administratif ne devra plus dépasser 24 heures, contre plusieurs jours auparavant.
Cette décision intervient dans un contexte marqué par une forte pression sur la chaîne d’approvisionnement. Ces dernières semaines, de longues files de camions avaient été observées aux postes frontaliers et dans certains dépôts, accentuant les difficultés d’accès au carburant dans plusieurs localités du pays. Les transporteurs signalaient que les formalités d’identification, de déclaration au Bureau des Produits Pétroliers, de contrôle douanier et de vérifications de sécurité prenaient un temps considérable, créant des retards dans la distribution.
Les représentants de l’État et les opérateurs pétroliers ont convenu d’un protocole destiné à harmoniser les procédures afin de ramener ce délai à un maximum de 24 heures. Au cours d’une réunion interministérielle tenue le 19 novembre 2025, les autorités ont insisté sur la nécessité de fluidifier la circulation des citernes et de réduire les immobilisations prolongées aux points d’entrée. Cette mesure s’inscrit dans un ensemble d’actions engagées pour assurer une meilleure disponibilité du carburant sur le marché national.
La mise en œuvre repose sur une coordination renforcée entre les services concernés. Les Douanes, le Bureau des Produits Pétroliers, les postes frontaliers et les services techniques doivent adapter leurs dispositifs pour respecter ce délai. Les opérateurs sont également invités à anticiper les démarches et à fournir des dossiers complets afin d’éviter toute reprise de congestion.
La réduction du temps d’enregistrement constitue une étape importante dans la gestion de l’approvisionnement en carburant. Les discussions se poursuivent entre l’État et les acteurs du secteur afin de suivre l’application de cette mesure et d’évaluer son impact sur la distribution dans les différentes régions du pays. Les acteurs impliqués estiment que la fluidité des rotations des camions-citernes contribuera à améliorer progressivement l’alimentation des stations et des centres de consommation.

Sikasso : près de 3 000 personnes fuient les violences aux frontières

Les attaques récentes dans la zone frontalière avec le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire ont provoqué un déplacement soudain vers Sikasso et Kapala. Les populations, prises entre incursions armées et peur de représailles, réclament une aide urgente.

Depuis la fin octobre, les villages situés aux confins du Burkina Faso, de la Côte d’Ivoire et du Mali subissent une montée brutale de l’insécurité, marquée par des incursions de groupes armés non étatiques et par des menaces directes contre les habitants. Les données de la matrice de suivi des déplacements (DTM) de l’OIM indiquent que 787 ménages, soit 2 974 personnes, ont quitté quinze localités entre les 11 et 12 novembre pour se réfugier principalement à Sikasso et Kapala. Dans plusieurs villages, notamment autour de Loulouni, la pression exercée par ces groupes — patrouilles non autorisées, intimidation et accusations de collaboration avec les forces maliennes — a provoqué une fuite préventive avant que la situation ne dégénère.
À l’arrivée, la plupart des déplacés sont accueillis dans des familles hôtes déjà fragilisées par la hausse des prix et les tensions sur les ressources locales. Les équipes de terrain signalent des hébergements saturés, des difficultés d’accès à l’eau potable, ainsi qu’un risque élevé de séparation familiale, certaines personnes ayant fui dans la précipitation sans documents d’identité ni effets personnels. Les sites d’accueil font aussi face à un besoin urgent de soins, en particulier pour les enfants et les personnes âgées, qui représentent une part importante des déplacés.
Les autorités locales ont tenu des réunions d’urgence avec les services techniques et les acteurs humanitaires afin d’évaluer la situation et coordonner l’assistance. Des patrouilles de sécurisation ont été annoncées sur certains axes, mais leur présence reste encore limitée dans une zone vaste et difficile d’accès. Pendant ce temps, les villages d’origine se retrouvent à moitié vides : les champs sont laissés en friche, certains marchés hebdomadaires ont été suspendus, et les habitants craignent de retrouver leurs biens pillés ou détruits en cas de retour prématuré.
Ce déplacement massif, décrit comme préventif par la DTM, révèle les fragilités d’une région frontalière où les groupes armés exploitent les failles de l’État, les tensions communautaires et la porosité des frontières. Il témoigne aussi du rôle déterminant joué par les communautés d’accueil, en première ligne pour absorber un afflux soudain de personnes. Si les violences persistent, les besoins humanitaires pourraient rapidement dépasser les capacités locales, rendant indispensable un appui renforcé pour éviter l’enracinement d’une crise prolongée.

Réforme des EPCP : mise en conformité et défis de modernisation

Le Conseil des ministres du mercredi 19 novembre 2025 a adopté un projet de loi modifiant le statut général des Établissements publics à caractère professionnel, institué par la loi n°96-032 du 12 juin 1996. Ces établissements, dotés de la personnalité morale et de l’autonomie financière, encadrent l’organisation et la représentation de diverses professions, notamment à travers les ordres et chambres consulaires.

Le gouvernement explique que la loi de 1996 présente des insuffisances, en particulier dans son volet financier. Les règles d’approbation budgétaire prévues par le texte initial ne sont plus en phase avec les exigences de la Directive n°07/2009/CM/UEMOA, qui fixe le cadre harmonisé de la comptabilité publique dans l’Union. La réforme entend corriger ces écarts pour aligner le dispositif national sur les normes communautaires.

Les EPCP gèrent des ressources variées, issues de cotisations, de redevances ou de subventions, et assurent des missions essentielles comme la tenue des tableaux professionnels, l’encadrement des pratiques, la discipline interne ou la représentation des métiers auprès des autorités. L’actualisation de leur régime financier répond à la volonté d’assurer une meilleure transparence et une gestion conforme aux standards imposés par l’espace UEMOA. Elle prévoit une clarification des modalités d’élaboration, d’adoption et d’approbation des budgets, ainsi qu’une articulation plus cohérente entre les établissements et les autorités de tutelle.

Cependant, l’examen du dispositif laisse apparaître plusieurs points qui devront être précisés lors de la mise en œuvre. La question de la capacité opérationnelle des établissements à appliquer les nouvelles règles n’est pas encore détaillée, alors que certains disposent de moyens administratifs limités. L’articulation entre les organes de gestion internes et l’autorité financière de tutelle devra également être encadrée pour éviter des lenteurs ou des chevauchements dans les processus d’approbation. Le degré d’accompagnement technique prévu pour la transition vers les normes de l’UEMOA reste à clarifier, de même que les mécanismes de contrôle et de suivi une fois la réforme adoptée.

La mise en conformité engagée constitue une étape importante pour harmoniser la gestion des EPCP, mais plusieurs ajustements pratiques seront nécessaires pour garantir une application uniforme et efficace dans l’ensemble des professions concernées.

Téléthon « Envol des Aigles » : mobilisation nationale avant la CAN 2025

Le ministère de la Jeunesse et des Sports, chargé de l’Instruction civique et de la Construction citoyenne, a annoncé la tenue d’un téléthon national baptisé « Envol des Aigles » le 22 novembre 2025, destiné à soutenir la participation de l’équipe nationale à la CAN 2025. L’objectif affiché est de lever des fonds et de mobiliser l’ensemble de la nation autour de la sélection malienne.

La compétition continentale débutera le 21 décembre 2025 au Maroc et se déroulera jusqu’au 18 janvier 2026. Le tirage au sort a placé le Mali dans le groupe A, en compagnie de la nation hôte, le Maroc, de la Zambie et des Comores.

L’équipe malienne se présente à cette édition avec l’ambition d’aller au-delà du stade des quarts de finale, qu’elle avait atteint lors de la précédente édition en Côte d’Ivoire. Le sélectionneur belge Tom Saintfiet a déclaré viser la phase des demi-finales voire la finale, estimant que le tirage offre “des opportunités”.

Le téléthon est présenté comme un moment de communion nationale. Selon le communiqué du Conseil des ministres du 19 novembre 2025, cette mobilisation vise à « escorter les Aigles du Mali vers la CAN 2025 », à renforcer leur logistique et leur encadrement, et à renforcer la confiance collective.

La fédération malienne de football devra composer avec des contraintes : plusieurs joueurs clefs sont actuellement indisponibles ou en phase de réadaptation. Pourtant, la dynamique est jugée favorable pour tenter de franchir un palier et inscrire le Mali parmi les nations majeures du continent. Le téléthon s’inscrit dans cette stratégie de mobilisation populaire, tout en affichant un soutien concret aux moyens techniques et professionnels de l’équipe.

La participation du pays affiche aussi un enjeu diplomatique et symbolique : la performance de l’équipe est perçue comme un vecteur de fierté nationale dans une période où la cohésion sociale et la visibilité internationale comptent pour beaucoup. Le rendez-vous du 22 novembre 2025 pourra constituer un signal fort de soutien à l’équipe et de préparation pris au sérieux.

PAG 2025-2026 : bilan du premier semestre

Le Conseil des ministres du mercredi 19 novembre 2025 a présenté l’état d’exécution du Plan d’Action du Gouvernement 2025-2026 à l’issue du premier semestre de mise en œuvre. Les résultats communiqués retracent l’avancement des activités prévues et les niveaux de réalisation observés dans les départements concernés.

L’évaluation porte sur 132 activités programmées pour la période. Les données montrent que 57 activités ont été réalisées, soit 43,18 %. 57 autres sont en cours d’exécution pour le même pourcentage, tandis que 18 activités, correspondant à 13,64 %, n’ont pas été exécutées. Le dispositif de suivi repose sur un système informatisé conçu pour collecter et consolider les informations transmises par les structures impliquées dans la mise en œuvre.
Adopté en mai 2025, le Plan d’Action du Gouvernement s’appuie sur la lettre de cadrage du Président de la Transition, les conclusions du Dialogue inter-Maliens et la Stratégie nationale pour l’Émergence et le Développement durable 2024-2033. Il couvre plusieurs secteurs, parmi lesquels la sécurité, les réformes institutionnelles, la satisfaction des besoins essentiels, la santé, l’éducation, la diplomatie et la préparation d’élections transparentes. Le document inclut des projections, notamment une production attendue de 11 millions de tonnes de céréales pour la campagne à venir et la reconstitution de 84 000 tonnes de réserves alimentaires stratégiques.
Au cours de la séance, le Conseil des ministres a souligné les efforts à maintenir pour améliorer la performance générale. Les discussions ont porté sur la consolidation du dispositif sécuritaire, la mobilisation des ressources financières nécessaires et le renforcement de la coordination entre les départements afin de soutenir l’exécution des activités prévues. Cette étape d’évaluation semestrielle constitue un point d’étape dans le suivi des engagements inscrits dans le programme gouvernemental pour la période 2025-2026, en attendant la communication des résultats du cycle suivant.

Kayes : des citernes détournées de leur circuit officiel

La brigade régionale du Commerce et de la Concurrence a intercepté, le 16 novembre, plusieurs camions-citernes engagés sur un trajet qui ne correspondait pas à leur destination déclarée. L’opération survient dans un contexte de pénurie persistante, alors que les autorités tentent de rétablir un approvisionnement régulier.

À Kayes, les agents de la Direction régionale du Commerce et de la Concurrence ont constaté que les citernes interceptées ne se dirigeaient pas vers la station de vente annoncée par l’importateur. Selon les informations communiquées, les cargaisons avaient été déclarées comme destinées à un point de distribution officiel, mais leur orientation effective s’écartait du circuit prévu. Les équipes de contrôle ont redirigé les véhicules vers la station concernée et procédé à l’interpellation des personnes impliquées.

Cette intervention intervient dans une période où la disponibilité du carburant reste limitée dans plusieurs localités du pays. Les stations fonctionnent de manière irrégulière depuis plusieurs semaines et les volumes reçus ne permettent pas toujours de répondre à la demande. Les difficultés d’approvisionnement ont entraîné une hausse des prix et des files d’attente récurrentes.

Quelques semaines avant cette opération, un camion transportant quarante-cinq mille litres de gasoil avait déjà été saisi dans la même région lors d’un transvasement vers un autre véhicule. Les éléments recueillis avaient montré que le chargement avait été revendu en dehors du circuit initialement déclaré, entraînant la saisie du carburant et l’interpellation des personnes en cause.

Les opérations successives menées dans la région illustrent le renforcement des contrôles autour de la distribution de carburant, alors que les autorités affirment maintenir leurs efforts pour stabiliser la situation et assurer l’acheminement des produits vers les stations autorisées.

Kayes : des citernes détournées de leur circuit officiel

Kayes : des citernes détournées de leur circuit officie

La brigade régionale du Commerce et de la Concurrence a intercepté, le 16 novembre, plusieurs camions-citernes engagés sur un trajet qui ne correspondait pas à leur destination déclarée. L’opération survient dans un contexte de pénurie persistante, alors que les autorités tentent de rétablir un approvisionnement régulier.

À Kayes, les agents de la Direction régionale du Commerce et de la Concurrence ont constaté que les citernes interceptées ne se dirigeaient pas vers la station de vente annoncée par l’importateur. Selon les informations communiquées, les cargaisons avaient été déclarées comme destinées à un point de distribution officiel, mais leur orientation effective s’écartait du circuit prévu. Les équipes de contrôle ont redirigé les véhicules vers la station concernée et procédé à l’interpellation des personnes impliquées.

Cette intervention intervient dans une période où la disponibilité du carburant reste limitée dans plusieurs localités du pays. Les stations fonctionnent de manière irrégulière depuis plusieurs semaines et les volumes reçus ne permettent pas toujours de répondre à la demande. Les difficultés d’approvisionnement ont entraîné une hausse des prix et des files d’attente récurrentes.

Quelques semaines avant cette opération, un camion transportant quarante-cinq mille litres de gasoil avait déjà été saisi dans la même région lors d’un transvasement vers un autre véhicule. Les éléments recueillis avaient montré que le chargement avait été revendu en dehors du circuit initialement déclaré, entraînant la saisie du carburant et l’interpellation des personnes en cause.

Les opérations successives menées dans la région illustrent le renforcement des contrôles autour de la distribution de carburant, alors que les autorités affirment maintenir leurs efforts pour stabiliser la situation et assurer l’acheminement des produits vers les stations autorisées.

Diaspora malienne au Maroc : une semaine d’échanges et de diplomatie communautaire avec l’AESM

Du 19 au 26 octobre 2025, une délégation de l’Association des Anciens Étudiants et Stagiaires Maliens du Maroc (AESM) a mené une mission de terrain auprès de la diaspora malienne, à l’invitation de la COMAMA. Une série de rencontres institutionnelles et communautaires a permis d’aborder les conditions de vie des ressortissants maliens, les opportunités socio-économiques au Mali et les dispositifs d’assurance volontaire.

La mission, conduite à Casablanca, Rabat et Tanger, s’est inscrite dans un contexte de mobilité croissante des Maliens vers le Maroc, devenu ces dernières années un important pôle d’accueil pour les étudiants, les travailleurs migrants et les familles installées durablement. La délégation de l’AESM a été reçue par plusieurs institutions clés : l’Ambassade du Mali à Rabat, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), l’Agence nationale des Marocains résidant à l’étranger (ANRE), l’ISESCO, ainsi que l’École nationale supérieure des mines de Rabat. Ces rencontres ont permis de faire le point sur les défis administratifs, éducatifs et socio-professionnels auxquels la diaspora est confrontée, notamment l’accès à la régularisation, à la santé ou à l’emploi formel.

Face à des communautés souvent confrontées à la précarité, à la pression migratoire ou à des parcours académiques exigeants, l’AESM a présenté les opportunités offertes par le Mali dans les domaines de l’entrepreneuriat, de l’innovation, de l’agro-industrie et des services. Une attention particulière a été portée au régime d’assurance volontaire de l’INPS, présenté comme un levier essentiel pour garantir une couverture sociale aux travailleurs indépendants, aux commerçants et aux expatriés installés hors du territoire national.

Dans les trois grandes villes visitées, la délégation a rencontré des associations locales, des leaders communautaires et des familles maliennes. Les échanges ont porté sur la scolarisation des enfants, les conditions de logement, la protection consulaire, ainsi que les difficultés rencontrées dans les démarches administratives marocaines. Des jeunes diplômés ont également exprimé leurs préoccupations concernant l’insertion professionnelle et les perspectives de retour au pays.

La mission s’est achevée le 26 octobre par une cérémonie de lecture de Coran pour la paix et la stabilité du Mali, organisée à l’Ambassade du Mali à Rabat, en présence de diplomates, de responsables communautaires et de nombreux ressortissants. Ce moment spirituel a marqué la volonté collective de resserrer les liens entre le Mali et sa diaspora, alors que la communauté malienne du Maroc continue de jouer un rôle croissant dans les échanges économiques, culturels et éducatifs entre les deux pays.

« La légitimité traditionnelle reste le dernier espoir de la société malienne »

À l’occasion de la Journée nationale des légitimités traditionnelles célébrée le 11 novembre, Mohamed Ben Chérif Diabaté analyse la place actuelle des autorités coutumières, les défis de leur reconnaissance et leur rôle dans la cohésion nationale. Dans cet entretien, il revient sur l’importance de les former, de mieux les encadrer et de créer un cadre national de coordination.

Comment définiriez-vous la place de la légitimité traditionnelle dans la société malienne aujourd’hui ?

Pour moi, la légitimité traditionnelle occupe la place d’espoir. La population malienne place beaucoup d’attentes en elle : elle la consulte, s’y réfère, et la considère comme un véritable fusible social. Dans une société aux références multiples, les légitimités incarnent encore le recours naturel lorsqu’un problème se pose ou lorsqu’une orientation est nécessaire. Leur rôle reste fondamental.

À quoi sert concrètement la Journée nationale du 11 novembre, si sa portée reste encore peu visible dans l’espace public ?

Ceux qui ont initié cette journée méritent d’être salués. Mais pour que l’adhésion soit totale, il faut expliquer le mobile : pourquoi cette journée a été créée, ce qu’elle vise, et pourquoi elle concerne toutes les communautés.
Nous vivons dans un pays où plus de 90 % de la population est analphabète. Avec une diversité culturelle immense — un Malinké de Kangaba n’est pas identique à un Malinké de Bafoulabé, un Peul du Fouta n’est pas le même qu’un Peul du Macina — il est essentiel d’informer, de sensibiliser, d’expliquer. Si cela est fait, le peuple s’engagera et s’impliquera. C’est le seul moyen pour que cette journée prenne tout son sens.

Pourquoi l’État reconnaît-il aujourd’hui les légitimités traditionnelles, alors qu’une partie de la société semblait s’en détacher ?

Depuis l’époque du Soudan, les légitimités traditionnelles ont gouverné nos villages, nos fractions, nos royaumes et nos empires. Elles étaient là bien avant l’État moderne, et c’est ce système que le colonisateur a trouvé en arrivant.
Se détacher d’elles, c’est perdre ses repères. Ceux qui les reconnaissent aujourd’hui savent ce qu’elles représentent. Mais une partie de la population ne connaît pas son histoire, ne sait pas ce que les légitimités ont apporté. C’est cette méconnaissance qui explique parfois le détachement. Ceux qui ont reconnu leur importance ont bien réfléchi et ont eu raison.

Dans le contexte actuel des conflits et fractures sociales, quel rôle les chefs traditionnels peuvent-ils jouer dans la médiation et le rétablissement de la confiance ?

Ils ont un rôle déterminant, mais il faut les former. Le monde évolue, les réalités changent, et ce qui était valable hier ne l’est pas forcément aujourd’hui.
Les légitimités doivent être formées aux techniques de résolution des conflits, aux mécanismes de cohésion sociale, au programme national d’éducation aux valeurs. Elles doivent aussi travailler en synergie avec l’administration, les services judiciaires et les communautés.
Avec cet accompagnement, elles peuvent jouer un rôle majeur dans la médiation et la reconstruction de la confiance.

Que faudrait-il mettre en place pour que les légitimités redeviennent des acteurs structurants de l’éducation civique, de la cohésion et de la transmission des valeurs ?

Il faut créer un cadre national : un cadre de formation, de coordination, d’information et de sensibilisation.
Je propose la mise en place d’une Coordination nationale des légitimités traditionnelles, dotée d’un contenu administratif et juridique solide, s’appuyant autant sur les compétences modernes que sur le savoir endogène positif.
Avec ce cadre, les légitimités pourront contribuer efficacement à l’éducation civique, à la cohésion sociale, à la consolidation de la paix et à la construction nationale.

Réfugiés : le Mali accueille plus de 230 000 Burkinabè et Nigériens

Publié le 31 octobre 2025, le rapport conjoint du gouvernement malien et du HCR confirme une hausse marquée des arrivées de réfugiés burkinabè et nigériens dans plusieurs régions du pays. Le document montre l’ampleur d’un mouvement de population étroitement lié à la crise sécuritaire qui frappe le Sahel.

Depuis début 2024, le Mali est devenu l’un des principaux territoires d’accueil pour les populations fuyant les violences au Burkina Faso et au Niger. Selon les données officielles, 150 300 Burkinabè et Nigériens ont été enregistrés au 31 octobre 2025, tandis qu’environ 83 400 personnes supplémentaires de ces deux nationalités n’ont pas encore pu être enregistrées, faute d’accès ou en raison de déplacements récents. Le total estimé dépasse ainsi 230 000 réfugiés, concentrés notamment dans les régions de Gao, Ménaka, Ansongo, Tombouctou, Gourma-Rharous et Niono.
Les causes de cet afflux sont clairement identifiées dans le rapport : attaques contre des villages, incursions répétées de groupes armés, intimidations, enlèvements, affrontements entre acteurs armés non étatiques et forces engagées dans des opérations contre les groupes radicaux. En un peu moins de deux ans, 154 637 nouveaux arrivants ont été recensés, avec un pic exceptionnel dépassant 120 000 personnes en un seul mois lorsque les violences se sont intensifiées dans le Sahel burkinabè.
Ces mouvements touchent des populations particulièrement vulnérables. Les femmes représentent 56 % des réfugiés enregistrés, les hommes 44 %, et les enfants constituent une proportion très importante dans les tranches d’âge 0–17 ans. Le rapport identifie également plus de 41 000 personnes ayant des besoins de protection spécifiques, qu’il s’agisse de femmes exposées aux risques, de personnes âgées vulnérables, de personnes vivant avec un handicap, d’enfants non accompagnés ou de cas médicaux critiques nécessitant une prise en charge urgente.
Les opérations conjointes d’enregistrement menées par l’État et le HCR ont permis de structurer la réponse, mais de nombreuses zones restent difficiles d’accès en raison de l’insécurité. Cela explique la présence d’un nombre élevé de personnes non enregistrées et complique l’évaluation précise des besoins, notamment en matière de santé, d’abris, de protection et d’aide alimentaire. Le HCR souligne que les chiffres disponibles pourraient être en deçà de la réalité, compte tenu de la dynamique encore active des déplacements.
Cet afflux s’ajoute à une situation interne déjà tendue. Le Mali compte par ailleurs plus de 400 000 déplacés internes, principalement dans le nord et le centre, où les populations subissent les effets conjugués des violences, de l’effondrement des services sociaux de base et des chocs climatiques. Les régions d’accueil doivent ainsi gérer des besoins croissants dans un contexte de ressources limitées, ce qui renforce la pression sur les mécanismes humanitaires et institutionnels.
Le rapport appelle à un renforcement de l’enregistrement, de la protection et de l’assistance, tout en soulignant la nécessité de maintenir un accès humanitaire régulier dans les zones concernées. Il insiste sur l’importance des efforts conjoints entre les autorités et les partenaires humanitaires pour faire face à une situation qui évolue rapidement et dont les implications touchent autant la stabilité locale que la cohésion des communautés.

« Il faut d’abord restaurer la confiance entre l’État et les communautés » Ag Mehdi

À l’occasion de la Journée nationale des légitimités traditionnelles, célébrée le 11 novembre 2025 à Bamako, l’Amenokal Alhaj Alhassane Ag Mehdi, Président du Conseil supérieur des Imiticha, revient sur l’affaiblissement des autorités traditionnelles, leur rôle dans la paix et la manière de reconstruire la cohésion sociale. Dans cet entretien, il livre une analyse franche, appuyée sur son discours officiel et ses propos recueillis.

Quel rôle concret les légitimités traditionnelles doivent-elles jouer aujourd’hui dans la paix au Mali ?

Les légitimités traditionnelles sont plus anciennes que l’État moderne. Elles ont toujours géré et stabilisé leurs communautés grâce à des mécanismes culturels, historiques, éthiques et moraux capables de prévenir le conflit et de consolider la paix. Elles peuvent continuer à jouer ce rôle, mais seulement si elles sont revalorisées et si on leur rend leur identité et leur autorité dans le temps.
Aujourd’hui, elles ont été réduites au simple rôle de relais administratif, ce qui les vide de leur essence. Si on leur redonne les moyens et la reconnaissance nécessaires, elles peuvent stabiliser le pays, car elles connaissent les populations et possèdent l’expérience du dialogue.

Comment restaurer cette autorité dans les zones où elle est contestée ?

L’affaiblissement est général. Il n’existe plus aucune zone où les légitimités conservent l’autorité qu’elles avaient autrefois. Elles ne sont plus écoutées, leur parole n’est plus déterminante, et beaucoup vivent dans une grande précarité. Une autorité sans moyens ne peut pas exercer son autorité.
Pour restaurer leur place, il faut améliorer leurs conditions de vie, mener des réformes administratives et politiques, et leur rendre leur rôle historique. Sans cela, l’autorité restera affaiblie et contestée.

En quoi les valeurs et pratiques traditionnelles peuvent-elles compléter la Charte pour la paix et la réconciliation nationale ?

La Charte aurait dû être élaborée d’abord par les légitimités traditionnelles. Elles ont l’expérience et l’expertise pour proposer un document véritablement enraciné dans les réalités du pays.
Aujourd’hui, elles sont invitées dans les consultations, mais on ne les écoute pas. Pour qu’elles contribuent réellement, il faut leur remettre la Charte afin qu’elles se l’approprient, l’amendent et l’adaptent aux spécificités de chaque région. Les réalités de Kidal ne sont pas celles de Kayes ou Sikasso. Toutes les propositions fondées sur l’expérience et la connaissance du terrain doivent être prises en compte.

Comment éviter l’instrumentalisation politique des chefferies et légitimités traditionnelles ?

C’est l’un des problèmes les plus graves. Les chefferies étaient autrefois des autorités reconnues, mais aujourd’hui elles sont instrumentalisées et réduites à un rôle de transmission administrative.
Or leur rôle est double : relais de l’administration, mais aussi conseillères de l’État. Ce second rôle, essentiel pour la paix et la stabilité, n’est plus exercé. Tant que l’État n’écoutera pas les légitimités et ne prendra pas en compte leur expertise, l’instrumentalisation continuera.

Quelles mesures urgentes recommanderiez-vous pour relancer la confiance entre les communautés ?

La première mesure, c’est le dialogue. Mais un dialogue fondé sur la vérité, le courage, l’intérêt général et un climat apaisé.
Cependant, la crise la plus profonde n’est pas d’abord entre les communautés. Elle est entre l’État et les communautés. Tant que cette confiance supérieure n’est pas restaurée, toutes les autres réconciliations seront difficiles.
Une fois que l’État et les communautés renouent la confiance, la cohésion locale suit naturellement, et le travail des autorités traditionnelles devient plus facile.

Un dernier mot sur la Journée nationale des légitimités traditionnelles ?

Cette 5ᵉ édition doit être un tournant. Elle doit ouvrir la voie à la redynamisation des autorités traditionnelles à tous les niveaux territoriaux, à la promotion du dialogue intra et intercommunautaire, au renforcement de leur leadership, à l’amélioration de leurs conditions de vie et à la mise en œuvre d’un plan d’action national ambitieux.
C’est ainsi que les légitimités traditionnelles pourront jouer pleinement leur rôle dans l’éducation, la gouvernance et la construction du Maliden Kura.