Souveraineté sanitaire : les chantiers ouverts après le sommet africain de Dakhla

Organisé fin novembre à Dakhla, le premier sommet africain consacré à la souveraineté sanitaire a ouvert une séquence qui dépasse le cadre de l’événement. Les échanges ont surtout mis en lumière des chantiers structurants appelés à orienter les politiques de santé en Afrique dans les prochaines années.

La réduction de la dépendance extérieure des systèmes de santé figure au premier rang des priorités identifiées. Les débats ont rappelé la vulnérabilité persistante du continent face aux importations de médicaments, de vaccins et d’équipements médicaux, soulignant la nécessité pour les États africains de renforcer leurs capacités de conception, de production et de gouvernance en matière de santé publique.

Ces thématiques ont été portées par plusieurs experts africains impliqués dans les réflexions sur l’autonomie sanitaire. Parmi eux, le Dr Samir Kaddar, médecin et dirigeant dans le secteur de la santé, président fondateur du Réseau international des compétences médicales et scientifiques des Marocains du monde (C3M) et directeur du Centre médical de La Hulpe en Belgique. Actif sur les questions de gouvernance des systèmes de soins, de formation et d’innovation, il a contribué aux échanges portant sur la place du capital humain et du numérique dans la construction de politiques sanitaires durables en Afrique.

Le financement des systèmes de santé constitue un autre chantier central mis en avant. Les discussions ont souligné la nécessité de renforcer les mécanismes nationaux, d’améliorer la gouvernance budgétaire et d’articuler les appuis extérieurs avec des priorités définies localement, afin de garantir la pérennité des politiques publiques de santé.

La formation et la rétention des compétences apparaissent également comme des leviers déterminants. Le déficit de personnels qualifiés reste un obstacle majeur à l’accès équitable aux soins. Les participants ont plaidé pour des investissements accrus dans la formation médicale, la recherche appliquée et la valorisation des compétences africaines, tant sur le continent qu’au sein de la diaspora.

Le développement de la recherche et de l’innovation locales a enfin été identifié comme un axe structurant. Les échanges ont insisté sur la production de données adaptées aux réalités africaines et sur l’intégration des outils numériques pour améliorer la prévention, le diagnostic et la gestion des systèmes de santé.

Au-delà du sommet, l’enjeu réside désormais dans la traduction concrète de ces orientations, avec un horizon de travail fixé à 2030. Les chantiers ouverts à Dakhla posent les bases d’une réflexion de long terme, où experts, institutions et réseaux professionnels sont appelés à jouer un rôle d’appui aux politiques nationales et régionales de santé.

Mali : Saintfiet dévoile une liste de 28 joueurs pour la CAN au Maroc

La liste des Aigles du Mali dévoilée jeudi 11 décembre par le sélectionneur Tom Saintfiet confirme une orientation claire à l’approche de la Coupe d’Afrique des Nations, prévue du 21 décembre 2025 au 18 janvier 2026 au Maroc. Le technicien belge a opté pour un groupe de 28 joueurs mêlant cadres expérimentés, profils en pleine progression et éléments capables d’apporter des solutions spécifiques dans une compétition qui s’annonce exigeante.

Dans les buts, le trio composé de Djigui Diarra, Ismaël Diawara et Mamadou Samassa offre des garanties en matière d’expérience et de connaissance du football africain. Djigui Diarra, longtemps titulaire lors des précédentes campagnes, conserve un statut de référence, tandis que Diawara et Samassa constituent des alternatives habituées aux contextes de pression.

La défense apparaît comme l’un des secteurs les plus fournis de la sélection. Autour du capitaine Hamari Traoré, Tom Saintfiet s’appuie sur des profils polyvalents tels que Sikou Niakaté, Abdoulaye Diaby, Fodé Doucouré ou encore Mamadou Fofana. Cette densité traduit une volonté de solidité et d’adaptabilité, un paramètre clé dans une compétition où la rigueur défensive condition souvent la longévité dans le tournoi.

Le milieu de terrain s’impose comme le véritable socle du groupe. Amadou Haidara, Lassana Coulibaly, Mohamed Camara, Aliou Dieng et Mahamadou Doumbia apportent impact, volume de jeu et discipline tactique. La présence d’Yves Bissouma, malgré une période récente marquée par une indisponibilité en club, illustre le poids accordé à l’expérience internationale et à la capacité à gérer les temps forts d’un match. Ce secteur constitue l’un des atouts majeurs du Mali dans la perspective de la CAN.

En attaque, la sélection privilégie la complémentarité plutôt que l’éclat individuel. El Bilal Touré demeure l’une des principales références offensives, tandis que Néné Dorgeles, Kamory Doumbia, Gaoussou Diakité ou Lassine Sinayoko apportent mobilité, pressing et variété dans les options. Ces profils offrent au sélectionneur plusieurs schémas possibles selon les adversaires.

Placés dans un groupe comprenant la Zambie, le Maroc, pays hôte, et les Comores, les Aigles entreront en lice le 22 décembre. Cette phase de groupes exigera une montée en régime rapide, notamment face au Maroc, dans un contexte marqué par la pression du public et l’enjeu symbolique du statut de favori à domicile.

Sur le plan des chances, le Mali aborde la CAN 2025 avec une ambition particulière. Malgré plusieurs campagnes solides et des parcours réguliers dans le dernier carré continental, la sélection nationale court toujours après un premier sacre en Coupe d’Afrique des Nations. Cette quête constitue un fil conducteur pour cette génération, qui dispose aujourd’hui d’un effectif équilibré, expérimenté et plus profond que lors de certaines éditions précédentes.

La capacité du groupe à transformer cette stabilité en efficacité offensive, à gérer les moments clés des rencontres et à maintenir une concentration défensive constante sera déterminante. Sans statut officiel de favori, le Mali se présente comme un candidat crédible, décidé à jouer pleinement sa chance dans un tournoi où l’objectif reste clair : enfin inscrire son nom au palmarès continental.

Mauritanie : l’Espagne accorde deux millions d’euros pour soutenir les réfugiés à M’Berra

Le Conseil des ministres espagnol a approuvé, mardi 9 décembre 2025, une contribution de deux millions d’euros au Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), destinée à soutenir les réfugiés dans le camp de M’Berra, situé dans la région du Hodh Ech Chargui, en Mauritanie.

Cette enveloppe doit financer les programmes du HCR en matière de protection, de services essentiels et de développement local au profit des populations réfugiées et des communautés hôtes, selon le communiqué publié à l’issue de la réunion gouvernementale.

Le Conseil a souligné que la stabilité de la Mauritanie, voisine directe de l’Espagne et de l’Union européenne, est désormais menacée par la détérioration de la situation politique et sécuritaire au Sahel. Il a indiqué que la position géographique du pays en a fait un pays de transit, et de plus en plus un pays de destination, ce qui a provoqué un afflux important de réfugiés vers le Hodh Ech Chargui.

Selon les données du HCR, la Mauritanie accueille des centaines de milliers de réfugiés et demandeurs d’asile, majoritairement originaires du Mali. À la mi-2025, environ 309 000 réfugiés et demandeurs d’asile étaient présents sur le territoire mauritanien, dont près de 177 000 enregistrés par l’agence onusienne, la grande majorité en provenance du Mali.

Dans la région du Hodh Ech Chargui, d’importantes populations réfugiées sont installées dans et autour du camp de M’Berra, dont plus de 110 000 personnes dans le camp même selon les estimations disponibles, tandis que d’autres vivent dans des localités voisines sous diverses formes d’hébergement.

Ce contexte humanitaire est le résultat de plusieurs années d’instabilité au Sahel, qui ont conduit à des déplacements massifs de populations fuyant les conflits armés, l’insécurité et les violences prolongées. Le HCR signalait déjà, en septembre 2024, que la région du Hodh Ech Chargui hébergeait plus de 242 000 réfugiés maliens, dont une grande part autour de M’Berra.

La situation a généré une pression considérable sur les ressources locales, aggravée par les conditions climatiques difficiles et l’insuffisance des infrastructures de base. Dans ce contexte, de nombreux réfugiés vivent dans des conditions précaires, tandis que les populations hôtes font face à une demande accrue de services essentiels.

La contribution espagnole s’inscrit dans une logique de soutien renforcé à la réponse humanitaire dans la région, en s’ajoutant aux efforts d’autres partenaires internationaux engagés auprès du HCR et des autorités mauritaniennes. Elle intervient alors que les besoins en financement restent élevés pour garantir l’accès à l’eau, à l’alimentation, à la santé et à l’éducation pour les populations réfugiées et leurs communautés d’accueil.

CEDEAO : des mesures adoptées pour réduire le coût des billets d’avion à partir de 2026

La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest a arrêté une réforme destinée à alléger le coût du transport aérien dans l’espace communautaire. Adoptée par les chefs d’État et de gouvernement lors du sommet tenu à Abuja en décembre 2024, la décision entrera en application à compter du 1er janvier 2026.

La réforme prévoit l’abolition des taxes appliquées au transport aérien ainsi qu’une réduction de 25 % des redevances passagers et de sécurité. Ces dispositions sont encadrées par un Acte additionnel relatif aux redevances, taxes et frais aéronautiques, adopté au niveau communautaire. À l’approche de l’entrée en vigueur des mesures, la CEDEAO a procédé, en décembre 2025, à des communications et rappels institutionnels portant sur les modalités de mise en œuvre de la réforme.

Les charges concernées relèvent du cadre fiscal et parafiscal appliqué aux billets d’avion et aux services aéroportuaires. Elles se distinguent des tarifs commerciaux fixés par les compagnies aériennes, qui demeurent de leur ressort. La réforme vise à agir sur les composantes réglementaires du prix du billet, identifiées par les institutions communautaires comme un facteur de renchérissement des déplacements aériens dans la région.

La décision concerne les États membres de la CEDEAO au moment de l’entrée en vigueur de la réforme. Les pays ayant formellement quitté l’organisation, dont le Mali, le Burkina Faso et le Niger, ne sont pas concernés par l’application de ces mesures.

La Commission de la CEDEAO est chargée du suivi de la mise en œuvre à travers un mécanisme régional de surveillance économique du transport aérien. Ce dispositif a pour mission de vérifier l’application effective des mesures par les États concernés et d’en évaluer les effets sur le secteur aérien régional.

Les autorités communautaires indiquent que l’allègement des taxes et redevances devrait contribuer à une baisse des tarifs aériens, à une augmentation du trafic passagers et à un renforcement des compagnies opérant dans l’espace communautaire. La réforme s’inscrit dans les objectifs de facilitation de la mobilité et des échanges entre les États membres.

Ces mesures sont l’aboutissement de plusieurs années de travaux menés au sein des institutions de la CEDEAO, notamment au niveau des commissions techniques et du Parlement communautaire, qui avaient relevé le poids des charges fiscales dans le coût des billets d’avion. Leur entrée en vigueur en 2026 constituera une étape importante dans l’évolution du cadre réglementaire du transport aérien ouest-africain.

Mali/Niger : le Premier ministre nigérien à Bamako pour les préparatifs du sommet de l’AES

Le Premier ministre du Niger s’est rendu à Bamako le 11 décembre dans le cadre des préparatifs du deuxième sommet de l’Alliance des États du Sahel. La visite a porté sur les dossiers institutionnels de la Confédération, dont l’état d’avancement de la Banque confédérale pour l’investissement et le développement.

Reçu à l’aéroport Modibo Keïta-Sénou par le général Abdoulaye Maïga, le Premier ministre nigérien Ali Mahaman Lamine Zeine a rejoint Bamako.

Il a pris part à des échanges de travail avec les responsables économiques de l’Alliance des États du Sahel..

Ce déplacement ne constitue pas une première pour le chef du gouvernement nigérien à Bamako. Depuis la création de l’Alliance, Ali Mahaman Lamine Zeine a déjà effectué plusieurs visites de travail dans la capitale malienne. La séquence d’hier intervient toutefois à un moment particulier, à l’approche du deuxième sommet des chefs d’État de l’AES prévu les 22 et 23 décembre, et s’inscrit dans une phase de consolidation des dossiers appelés à être examinés à ce niveau.

Les discussions ont principalement porté sur la Banque confédérale pour l’investissement et le développement, conçue comme l’instrument financier commun de la Confédération. Selon les informations communiquées à l’issue des échanges, les statuts de la banque ont été validés et signés, ouvrant la voie à la mise en place des organes de gouvernance et à la désignation des responsables chargés de conduire l’institution. Ces avancées s’inscrivent dans la continuité des travaux menés ces derniers mois par les ministres des Finances de l’AES.

La question du capital de la banque demeure toutefois peu détaillée dans les communications officielles. Lors de l’annonce de sa création, un capital initial de 500 milliards de francs CFA avait été évoqué, ce qui a parfois nourri des interprétations divergentes. À ce stade, les autorités indiquent qu’un capital est validé et partiellement libéré, sans précision publique sur les montants effectivement mobilisés ni sur le calendrier exact de démarrage des activités opérationnelles.

La visite s’inscrit enfin dans un agenda institutionnel plus large, marqué par une série de réunions techniques et ministérielles organisées en amont du sommet. Ces rencontres visent à examiner les textes confédéraux, les mécanismes de coordination et les projets communs appelés à être consolidés avant leur présentation aux chefs d’État.

Ali Mahaman Lamine Zeine a quitté Bamako à l’issue de cette mission de travail. Cette étape s’ajoute aux consultations engagées par les États membres de l’Alliance dans la phase préparatoire du sommet, appelé à marquer une nouvelle étape dans la structuration institutionnelle et économique de la Confédération des États du Sahel.

 

Élan de solidarité : Corsair offre 600 kits aux centres de dialyse de Bamako  

La compagnie aérienne française Corsair, en collaboration avec le ministère de la Santé et du Développement social, a remis, le 9 décembre 2025, un lot de 600 kits de dialyse destinés aux centres de dialyse de Bamako.

La remise des kits, d’une valeur totale d’environ 20 millions de francs CFA, s’est déroulée au Centre de dialyse du CSRéf de la Commune V, lors d’une cérémonie empreinte d’émotion et de gratitude, en présence de nombreuses personnalités. Elle était présidée par Dr Bouyagui Traoré, conseiller technique au ministère de la Santé et du Développement social, représentant le ministre.
Membres du CNT, représentants du corps diplomatique, autorités locales et partenaires de la santé ont également répondu présents pour saluer cet élan de solidarité envers les patients insuffisants rénaux.
Destinés à 200 patients suivis dans les centres de dialyse des communes IV, V et du Génie militaire de Bamako, ces kits constituent un soutien essentiel dans un contexte de forte pression sur les services d’hémodialyse à Bamako.
Un geste pour « accompagner le quotidien des patients »
Au nom de Corsair, Oumar Kouyaté, représentant de la compagnie au Mali, a insisté sur la dimension humaine de cette initiative. Il a rappelé que ce don s’inscrit dans « la volonté d’accompagner le quotidien des patients et de soutenir les équipes médicales qui se battent chaque jour pour sauver des vies ».
Il a également souligné que Corsair souhaite agir « dans un esprit de solidarité », aux côtés des autorités sanitaires, afin de contribuer à alléger la charge pesant sur les centres de dialyse.
M. Kouyaté a ajouté que cette remise de kits traduit l’engagement de la compagnie à demeurer « un partenaire responsable, proche des familles et des réalités du pays », affirmant que Corsair entend poursuivre des actions « porteuses d’espoir » au bénéfice des populations les plus fragiles.
De son côté, Gilles Marigliano, directeur commercial Afrique de Corsair, a rappelé l’ampleur des besoins. « Les chiffres parlent d’eux-mêmes : plus de 15 000 patients sous hémodialyse et plus de 700 en attente. L’accès aux kits est vital », a-t-il déclaré.
Pour lui, ce geste vise à soutenir directement les malades, mais aussi à saluer « le travail admirable des équipes de santé », qui œuvrent chaque jour dans des conditions souvent difficiles.
Un soutien salué par les autorités et les bénéficiaires
Au nom du ministère de la Santé, Dr Bouyagui Traoré a salué une initiative qui, selon lui, dépasse la simple remise de matériel médical.
« Votre geste est plus qu’un don. C’est un acte de foi dans notre système de santé et une marque d’amitié inestimable », a-t-il déclaré, assurant que ce soutien contribuera à améliorer la qualité de vie des patients concernés.
La cérémonie a été marquée par la remise symbolique d’un kit au représentant des malades dialysés du Point-G, Seydou Nour Guissé, visiblement ému.
« Je suis animé par un sentiment de joie et de soulagement. Qui connaît la dialyse sait que ce n’est pas facile pour un malade sans kit. Cette donation est vraiment la bienvenue et nous en remercions Corsair », a-t-il témoigné.
Une visite guidée du centre de dialyse a mis fin à la cérémonie, permettant aux partenaires et invités de constater la réalité du fonctionnement des services, d’échanger avec le personnel médical et de rencontrer quelques patients.
En offrant ces 600 kits de dialyse, Corsair pose un acte de solidarité salué à l’unanimité, un geste qui contribue à soulager les familles et à renforcer les efforts des structures de santé engagées dans la prise en charge de l’insuffisance rénale au Mali.
Mohamed Kenouvi

Réconciliation nationale : deux membres du CNT suspendus

Le ministère de la Réconciliation a annoncé, ce 10 décembre, la suspension de sa collaboration avec deux membres du CNT après des échanges jugés contraires à la Charte nationale pour la paix. Cette décision intervient alors que la Transition met officiellement en avant le rôle des chefferies et légitimités traditionnelles dans la mise en œuvre de cette Charte.

Le communiqué du ministère de la Réconciliation, de la Paix et de la Cohésion nationale annonce la suspension de toute collaboration avec Mohamed Ousmane Ag Mohamedoun et Abdoul Majid Ag Mohamed Ahmed dit Nasser, ainsi qu’avec leurs représentants, dans le cadre des activités de paix et de cohésion nationale. Le texte évoque des échanges « inamicaux, voire insultants » entre les deux personnalités, jugés contraires à l’esprit et aux principes de la Charte nationale pour la paix et la réconciliation, adoptée par le Conseil national de Transition comme référentiel des actions de réconciliation.
Les deux hommes occupent des positions centrales dans l’espace politique et social du Nord. Mohamed Ousmane Ag Mohamedoun est présenté comme acteur des processus de paix, ancien responsable de la Coalition du peuple pour l’Azawad et membre du CNT, à la tête d’une coordination d’associations à référence chérifienne. Abdoul Majid Ag Mohamed Ahmed, dit Nasser, se présente comme chef général de la tribu Kel Ansar, également membre du CNT, et intervient régulièrement dans les médias et les rencontres publiques sur les questions de paix, de sécurité et d’unité nationale.
Le différend mis en cause par le communiqué intervient dans un contexte où la Transition a officiellement revalorisé les autorités traditionnelles. Une Journée nationale des Légitimités traditionnelles est célébrée chaque 11 novembre, en vertu d’un décret qui consacre leur rôle dans la prévention des conflits, la médiation sociale et l’appui aux politiques publiques de réconciliation. Les chefferies et autres légitimités sont ainsi reconnues comme partenaires institutionnels de l’État dans la mise en œuvre de la Charte nationale pour la paix.
Légitimité en question
En arrière-plan, la question de la tribu et des chefferies renvoie à une histoire plus ancienne. Après l’indépendance, l’État malien a mené des politiques de centralisation qui ont retiré aux chefferies traditionnelles leur statut d’autorités administratives, avant qu’elles ne soient partiellement réintégrées comme acteurs consultatifs et relais locaux dans le cadre de la décentralisation. Aujourd’hui, les structures de type chefferie et les coordinations associatives coexistent dans plusieurs régions, chacune revendiquant une forme de représentation des communautés.
La suspension annoncée par le ministère concerne ainsi deux figures associées, chacune à sa manière, au discours de paix et de cohésion, à un moment où les légitimités traditionnelles sont officiellement appelées à porter la Charte nationale sur le terrain. L’incident s’inscrit dans un contexte de débats sur la nature de la légitimité – tribale, associative ou institutionnelle – et sur la manière dont ces différents registres coexistent dans le dispositif de réconciliation mis en place par la Transition.

Ségou : couvre-feu reconduit sur fond d’insécurité persistante

Décidée le 8 décembre 2025, l’autorité régionale de Ségou a prorogé pour trente jours le couvre-feu instauré en juin dernier. La mesure s’applique chaque nuit de 23 h à 5 h du matin sur l’ensemble de la région.

Par la décision n° 2025-505/GRS-CAB en date du 8 décembre 2025, le gouverneur de la région de Ségou a prorogé le couvre-feu institué par la décision n° 2025-233/GRS-CAB du 4 juin 2025. Le texte prévoit une nouvelle période de trente jours, reconductible, allant du lundi 8 décembre 2025 au mardi 6 janvier 2026, de 23 h à 5 h, sur tout le territoire régional.

La décision rappelle que, pendant la durée du couvre-feu, la liberté de circulation des personnes et de tous les engins de transport est restreinte. Seuls les véhicules et autres engins des forces de défense et de sécurité, ainsi que les ambulances bénéficiant d’un ordre de mission, ne sont pas concernés par la mesure. Le document précise que le couvre-feu prend effet à compter de sa date de signature et qu’il doit être publié et communiqué partout où le besoin se fait sentir.

L’acte énumère les autorités chargées de l’application de la mesure : le commandant de la zone de Défense n° 2, le commandant de la région de Gendarmerie n° 5, le commandant de la quatrième région de la Garde nationale, ainsi que les directeurs régionaux de la Police nationale et de la Protection civile. Chacun est mandaté, dans son domaine de compétence, pour veiller à l’exécution du couvre-feu. La décision est signée au nom du gouverneur par le directeur de cabinet, membre du corps préfectoral.

Cette prorogation intervient après plusieurs mois de restrictions nocturnes. Une première décision de couvre-feu avait été prise début juin 2025, pour une durée initiale de trente jours, renouvelable, avec des limitations de circulation visant les personnes, les motos et les véhicules sur l’ensemble de la région. Les reconductions successives traduisent la volonté des autorités d’encadrer les déplacements nocturnes dans un contexte que les services de sécurité décrivent comme marqué par la multiplication d’incidents dans plusieurs zones de la région.

Les données collectées sur le premier semestre 2025 illustrent ce climat sous tension. Une note du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR) consacrée aux restrictions sécuritaires et de mouvement au Mali, arrêtée au 30 juin 2025, indique que la région de Ségou a enregistré 323 incidents sécuritaires et 736 victimes civiles entre le 1ᵉʳ janvier et le 30 juin 2025. Le même document précise qu’un couvre-feu y a été instauré à partir du 4 juin 2025, avec des restrictions de circulation pour les personnes, les motos et les véhicules, assorties d’exceptions pour les forces de défense et de sécurité et les ambulances, et la possibilité d’autorisations spéciales.

En reconduisant le couvre-feu jusqu’au début du mois de janvier 2026, les autorités régionales de Ségou maintiennent ainsi un dispositif qui combine limitation des mouvements nocturnes et mobilisation des forces de défense et de sécurité, dans une région où les indicateurs de sécurité du premier semestre ont mis en évidence un nombre élevé d’incidents et de victimes civiles.

Visite du Premier ministre en Guinée : économie, rail et transhumance au menu des échanges

En visite d’amitié et de travail à Conakry le 9 décembre 2025, le Premier ministre Abdoulaye Maïga a rencontré son homologue guinéen Amadou Oury Bah. Les discussions ont porté sur l’interconnexion ferroviaire, les corridors de transit et la transhumance entre les deux pays.

Arrivé dans la matinée à Conakry à la tête d’une délégation gouvernementale, le Premier ministre, ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, le général de division Abdoulaye Maïga, a pris part à une séance de travail avec le chef du gouvernement guinéen, Amadou Oury Bah. La délégation malienne comprend notamment le ministre de la Défense et des Anciens Combattants, le ministre de l’Économie et des Finances, la ministre des Transports et des Infrastructures et le ministre de l’Élevage et de la Pêche.

Au cours de la réunion, les deux parties ont examiné plusieurs dossiers jugés prioritaires pour la coopération bilatérale. Les échanges ont porté sur le projet d’interconnexion ferroviaire entre les deux pays, destiné à faciliter l’acheminement des marchandises vers l’hinterland malien, sur l’opérationnalisation de nouveaux corridors de transit et sur la gestion de la transhumance du bétail à la frontière. À l’issue de la séance de travail, le gouvernement guinéen a réaffirmé sa disponibilité à accompagner le gouvernement malien sur ces différents volets et un point de presse conjoint a été animé par les deux Premiers ministres.

Le volet des corridors s’inscrit dans la continuité des efforts engagés autour de l’axe Conakry–Bamako. Ces dernières années, les administrations douanières des deux pays ont renforcé leur coopération pour améliorer la fluidité du transit et sécuriser les recettes, notamment à travers l’installation d’une représentation permanente des Douanes maliennes dans les entrepôts maliens au port autonome de Conakry. Ce dispositif vise à consolider le rôle du port guinéen comme point de passage majeur pour les marchandises à destination du Mali.

Le dossier de la transhumance constitue un autre aspect structurant des discussions. En 2025, des décisions prises au niveau local en Guinée avaient entraîné le départ de troupeaux maliens de la région de Kankan et limité l’accès des éleveurs aux pâturages guinéens, avant la conclusion d’un accord bilatéral encadrant la circulation du bétail et la gestion des flux pastoraux le long de la frontière. La présence du ministre de l’Élevage et de la Pêche au sein de la délégation malienne s’inscrit dans ce contexte de recherche de mécanismes stabilisés pour la transhumance.

La visite du Premier ministre en Guinée et la séance de travail tenue à Conakry s’insèrent ainsi dans une série d’initiatives destinées à renforcer la coopération économique et commerciale entre les deux pays. Les autorités des deux côtés mettent en avant la volonté d’accélérer les projets d’infrastructures, de consolider les corridors de transit et de sécuriser la gestion de la transhumance, sur la base des accords déjà conclus et des engagements pris au niveau bilatéral.

Afrique de l’Ouest : les femmes de plus en plus visibles sur les routes migratoires

Publié début décembre 2025 par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), un nouveau rapport intitulé « Women on the move » analyse les déplacements de 15 360 voyageuses en Afrique de l’Ouest et du Centre en 2024.

Cette étude, fondée sur le dispositif de Flow Monitoring de l’OIM, documente les profils, les itinéraires et les risques auxquels sont exposées les femmes, notamment au Mali et au Niger.

Le document repose sur des données collectées à 27 points de suivi des flux dans sept pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre, le long de principaux axes de transit. Il s’inscrit dans un dispositif lancé par l’OIM en 2016 pour observer les mouvements intra et interrégionaux. En 2024, 22 % des personnes interrogées dans la région sont des femmes, dont la majorité a entre 25 et 59 ans, et une part plus réduite appartient à la tranche des 18–24 ans.
Les informations fournies par les autorités nationales montrent que trois pays dominent les pays d’origine des voyageuses interrogées : le Nigeria représente 26 % des cas recensés, devant le Burkina Faso (18 %) et le Niger (15 %). Les destinations déclarées restent d’abord régionales dans la mesure où 68 % des femmes interrogées projettent de rester en Afrique de l’Ouest, près de la moitié d’entre elles mentionnant le Niger comme pays de destination. Près de 29 % disent se diriger vers l’Afrique du Nord, tandis que des proportions plus faibles citent l’Europe ou l’Afrique centrale.
Les raisons avancées pour le départ sont principalement économiques. Selon le rapport, 61 % des voyageuses déclarent se déplacer pour des motifs liés au travail, au commerce ou à la recherche d’opportunités professionnelles. Les mouvements de regroupement familial, qu’ils soient permanents ou de courte durée, représentent 19 % des motifs évoqués. D’autres facteurs apparaissent dans les réponses, comme la poursuite d’une formation, l’accès à certains services, les effets des conflits, des catastrophes ou du changement climatique, mais dans des proportions plus réduites.
Le Mali est directement concerné par cette dynamique. Le rapport souligne qu’entre 2020 et 2024, la part des femmes parmi les migrants interrogés a augmenté de 10 points de pourcentage au Mali et de 6 points au Niger, illustrant une féminisation progressive des flux sur ces axes. Ces deux pays concentrent à eux seuls 35 % de l’ensemble des voyageurs recensés dans l’étude. Au sein des programmes d’aide au retour volontaire et à la réintégration vers l’Afrique de l’Ouest et du Centre, les femmes sont également plus nombreuses. En effet, leur proportion a augmenté de 8 points entre 2020 et 2024, tandis que leur nombre a presque été multiplié par cinq. Parmi les bénéficiaires féminins de ces retours, 49 % se réinstallent au Niger et 27 % au Mali, les autres se répartissant entre le Burkina Faso, la Mauritanie, le Nigeria, la Côte d’Ivoire, la Guinée, le Sénégal et d’autres pays.
L’étude aborde aussi les situations de vulnérabilité. Lors des entretiens menés au Tchad, au Mali et au Niger, moins de 1 % des femmes interrogées se sont identifiées comme victimes de travail forcé. Parmi ces dernières, seulement 44 % disposaient de documents d’identité au moment de l’enquête. Les personnes concernées mentionnent principalement la confiscation de leurs papiers, non restitués ensuite, et, dans une moindre mesure, la perte des documents. Ces éléments restent limités en proportion mais apportent des indications sur les risques spécifiques rencontrés par une partie des voyageuses sur les routes migratoires.
En rassemblant ces indicateurs pour l’ensemble de l’Afrique de l’Ouest et du Centre, le rapport de l’OIM fournit un cadre statistique commun sur la présence des femmes dans les flux migratoires régionaux. Il offre aux autorités nationales et aux partenaires un outil de suivi pour comparer les situations entre pays, observer les tendances dans le temps et ajuster les dispositifs d’assistance et de gestion des mouvements de population.

Stabilité financière : premier rapport commun des banques centrales africaines

À Yaoundé, la 47ᵉ Assemblée des Gouverneurs de l’Association des banques centrales africaines (AACB) a été marquée par la présentation du premier Rapport africain sur la stabilité financière, élaboré à l’échelle du continent.

Le document couvre quarante-six pays représentant près de 90 % du produit intérieur brut africain et se veut un outil commun de suivi des vulnérabilités financières et de comparaison entre systèmes bancaires nationaux.
Ce rapport est le résultat des travaux du Comité africain de stabilité financière mis en place par l’AACB. La coordination a été assurée par la Banque de Maurice, qui a présidé ce comité jusqu’à la fin de son mandat à la tête de l’Association. La gouverneure mauricienne, Priscilla Muthoora Thakoor, a supervisé l’achèvement de ce premier exercice en tant que présidente sortante de l’AACB.
Les gouverneurs des banques centrales se sont réunis le 28 novembre 2025 dans la capitale camerounaise pour examiner les conclusions de ce rapport et discuter des suites à donner. Selon les éléments rendus publics, le document agrège des données fournies par les autorités monétaires nationales à partir d’un canevas méthodologique harmonisé validé en amont par l’Association. Il s’agit d’une première mise en commun structurée d’indicateurs de stabilité financière à l’échelle du continent.
Vulnérabilité
Le rapport recense les principales sources de vulnérabilité auxquelles sont confrontés les systèmes financiers africains. Les contributions évoquent l’impact de la volatilité des conditions financières mondiales, les pressions inflationnistes, les niveaux d’endettement public et privé, la dépendance à un nombre limité de produits d’exportation, la faible profondeur de certains marchés financiers et l’exposition aux chocs externes. L’objectif affiché est de fournir aux banques centrales un outil de diagnostic partagé pour repérer les canaux de transmission des risques et comparer les situations nationales.
Le document examine aussi les cadres prudentiels en vigueur dans les juridictions couvertes. Il relève les écarts par rapport aux standards internationaux de supervision bancaire, notamment en matière de dispositifs macroprudentiels, de collecte et de diffusion des données, de gouvernance et de coordination entre autorités. Ces constats doivent alimenter un programme de renforcement de la supervision, notamment à travers le programme 2026–2028 de la Communauté des superviseurs bancaires africains, mentionné dans les travaux de Yaoundé.
Union monetaire continentale en vue
Les échanges tenus en marge de l’Assemblée ont mis en relation ce premier rapport et les projets d’intégration monétaire en Afrique. Les responsables des banques centrales ont rappelé que la création de l’Institut monétaire africain, étape préparatoire à une éventuelle union monétaire continentale, suppose une capacité partagée d’évaluer les risques financiers et de prévenir les crises systémiques. La mise en place d’un cadre continental d’analyse de la stabilité financière est présentée comme un socle technique pour ces évolutions.
La question des systèmes de paiement a également été abordée. Plusieurs interventions ont souligné l’importance d’une meilleure interopérabilité entre les infrastructures de paiement nationales et régionales, afin de faciliter les règlements transfrontaliers et de soutenir les échanges intra-africains. L’articulation entre un suivi coordonné des risques et l’intégration progressive des systèmes de paiement est apparue comme un des axes de travail identifiés par l’AACB.
Selon les informations diffusées à l’issue de la réunion, le rapport entend s’aligner sur les pratiques internationales en matière de rapports de stabilité financière tout en tenant compte de caractéristiques propres aux économies africaines, comme le poids des matières premières dans les recettes d’exportation, l’ampleur du secteur informel, les contraintes de gouvernance et la sensibilité aux chocs climatiques. Les éditions suivantes devraient permettre de suivre l’évolution de ces paramètres dans le temps et de mesurer l’effet des réformes engagées dans les différents pays.
La présidence de l’Association des banques centrales africaines a été confiée, à l’issue de l’Assemblée, au gouverneur de la Banque des États de l’Afrique centrale, Yvon Sana Bangui. Il est chargé de conduire la prochaine phase du chantier, qui comprend la préparation des futures éditions du rapport africain sur la stabilité financière, le suivi des décisions prises à Yaoundé et le renforcement de la coopération entre banques centrales autour de la surveillance prudentielle et de la gestion des risques.

Bénin : tentative de coup d’État déjouée

Une tentative de coup d’État menée par un groupe de militaires a été déjouée dimanche au Bénin. Si le président Patrice Talon reste en place, l’épisode révèle la fragilité du climat politique à l’approche de la fin de son mandat.

Dans la nuit de samedi à dimanche, puis à l’aube du 7 décembre 2025, des éléments des Forces armées béninoises attaquent la résidence du président Patrice Talon, à Porto-Novo, avant de se tourner vers les médias publics. Peu après, au moins huit soldats apparaissent à la télévision nationale. Casques sur la tête pour certains, treillis impeccables, ils lisent un communiqué solennel annonçant la « destitution » du chef de l’État, la suspension de la Constitution, la dissolution des institutions et la fermeture des frontières. Ils se présentent comme le « Comité militaire pour la refondation », dirigé par le lieutenant-colonel Pascal Tigri, promu de facto figure du putsch.
Le signal de la télévision et de la radio publiques est brièvement interrompu, renforçant l’impression que le pouvoir bascule. Au même moment, l’ambassade de France signale des coups de feu au camp Guezo, près de la résidence présidentielle, à Cotonou, tandis que des positions stratégiques de la capitale économique sont tenues par des militaires. Dans leur déclaration, les putschistes justifient leur acte par la gestion du pays, promettent une « nouvelle ère » et affirment parler au nom de l’armée et du peuple.
Tentative avortée
Mais la séquence bascule très vite. Dans la matinée, le ministre des affaires étrangères, Shegun Adjadi Bakari, intervient pour affirmer qu’il s’agit d’un « petit groupe » de militaires n’ayant réellement pris le contrôle que de la télévision, tandis que « la plus grande partie de l’armée » reste loyale. Quelques heures plus tard, c’est le ministre de l’intérieur, Alassane Seidou, qui prend la parole dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux. Il annonce que la tentative de coup a été « déjouée », parle de mutinerie et insiste sur le fait que les forces armées et leur état-major ont « maintenu le contrôle de la situation ».
La présidence assure alors que Patrice Talon est sain et sauf et que l’armée loyaliste reprend progressivement la main sur les points sensibles. Des sources proches du palais soulignent que les putschistes n’ont jamais réussi à s’emparer du siège de la présidence, ce qui a limité leurs capacités réelles. Dans les rues de Cotonou, la vie reprend par endroits son cours, même si certains quartiers autour des bâtiments officiels, de la télévision nationale et de la résidence présidentielle restent sous forte surveillance. Aucun bilan humain précis n’est rendu public dans l’immédiat, les autorités se gardant d’avancer des chiffres de victimes ou d’arrestations.
Fin de mandat
L’épisode intervient dans un moment politique particulièrement sensible. Patrice Talon est au pouvoir depuis 2016 et a répété à plusieurs reprises qu’il quitterait la présidence en 2026, conformément à la limitation à deux mandats inscrite dans la Constitution. Son camp prépare déjà sa succession, avec le nom de l’ancien ministre des Finances Romuald Wadagni régulièrement cité comme dauphin potentiel, tandis que des figures de l’opposition ont été écartées de la compétition ou emprisonnées ces dernières années. Le Bénin, longtemps présenté comme un modèle démocratique en Afrique de l’Ouest, est ainsi entré dans une zone de turbulences politiques où la confiance entre pouvoir, opposition et une partie de l’opinion s’est nettement érodée.
La tentative de coup de ce 7 décembre s’inscrit aussi dans une séquence régionale lourde. Du Mali au Niger, en passant par le Burkina Faso et plus récemment la Guinée-Bissau, les renversements ou tentatives de renversement par la force se sont succédé, au point que certains parlent désormais d’une « ceinture des coups d’État » qui progresse vers le golfe de Guinée. Le Bénin était jusqu’ici cité comme l’un des États qui parvenaient à tenir ce phénomène à distance, malgré la pression des groupes armés dans le nord du pays. La journée de dimanche rappelle que même les régimes se voulant stables ne sont pas à l’abri de fractures internes, y compris au sein de l’appareil sécuritaire.
Condamnation
La réaction des partenaires régionaux et internationaux ne se fait pas attendre. La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest condamne rapidement la tentative de renversement de l’ordre constitutionnel et réaffirme son soutien au président Talon. Des chancelleries occidentales appellent leurs ressortissants à la prudence, certains pays recommandant d’éviter les déplacements non essentiels dans la capitale pendant que la situation se stabilise.
Pour l’instant, le pouvoir à Porto-Novo et Cotonou cherche à projeter l’image d’un État qui a su résister à une dérive militaire. Mais derrière les déclarations officielles, de nombreuses questions restent ouvertes. Qui, au-delà de la figure de Pascal Tigri, a inspiré ou soutenu ce coup manqué ? Jusqu’où des frustrations politiques, économiques ou internes à l’armée ont-elles nourri le passage à l’acte ? Et comment le régime Talon entend-il répondre à ces signaux d’alerte, alors que s’ouvre la dernière ligne droite de son mandat ?
En ce 7 décembre 2025 au soir, le coup d’État a échoué, le président est toujours en place et les institutions n’ont pas été renversées. Mais le Bénin sort de cette journée avec une évidence : le vernis de stabilité cache des tensions qui, si elles ne sont pas prises en compte, pourraient resurgir demain sous d’autres formes.

Axe Bougouni–Bamako : tirs contre un convoi de citernes escorté par les FAMa

Un convoi de camions-citernes escorté par les Forces armées maliennes a été visé ce samedi sur l’axe Bougouni-Bamako.

Cet incident intervient après plusieurs semaines d’amélioration relative de l’approvisionnement en carburant, consécutive à une baisse des attaques qui avaient provoqué de longues pénuries depuis mi-septembre.
L’État-Major Général des Armées indique qu’une escorte FAMa accompagnant un convoi de citernes a essuyé des tirs « des terroristes » ce 6 décembre. Le communiqué fait état d’une réaction « vigoureuse et prompte » des unités engagées et affirme que « la situation est sous contrôle ». L’armée mentionne également que « les citernes endommagées ont été prises en charge par les forces » avant que le reste du convoi ne soit escorté jusqu’à destination sans autre incident. Aucune précision supplémentaire n’a été fournie quant à la nature des dégâts ni sur d’éventuelles pertes. L’État-Major appelle les citoyens à signaler toute activité suspecte tout en assurant que la sécurisation de ces escortes demeure une priorité opérationnelle.
Cet épisode survient dans un contexte marqué par plusieurs mois d’attaques visant les camions-citernes transportant du carburant vers Bamako et d’autres villes du pays. Depuis la mi-septembre, ces attaques ont fortement perturbé les flux logistiques et entraîné une pénurie marquée par des files d’attente interminables devant les stations-service. La diminution récente de ces incidents avait en partie permis une amélioration progressive de la distribution, perceptible dans la capitale où le carburant commençait à revenir de façon plus régulière.
La reprise de tirs contre un convoi de citernes soulève des interrogations quant à la stabilité de cette amélioration. Après plusieurs semaines d’accalmie relative sur les axes d’approvisionnement, l’incident de ce samedi rappelle que la sécurisation des convois reste un enjeu déterminant dans le processus de sortie de crise, sans que l’on puisse encore mesurer l’impact de cette nouvelle attaque sur l’acheminement du carburant dans les jours à venir.

Projet de loi de finances 2026 : un budget de 3 578 milliards adopté à l’unanimité

Le Conseil national de Transition a adopté ce 4 décembre la première partie du projet de loi de finances 2026, qui porte les dépenses de l’État à 3 578 milliards de FCFA.

Cette validation unanime intervient alors que les recettes projetées, estimées à 3 057,7 milliards, restent étroitement liées à la capacité de l’administration à mobiliser des ressources dans un environnement économique sous pression.
La plénière du CNT, présidée par le chef de cette institution, Malick Diaw, a entériné un déficit de 520,4 milliards de FCFA, présenté comme soutenable au regard des indicateurs macroéconomiques officiels. Le président de la Commission des Finances, l’Honorable Mamadou Touré, a rappelé que le déficit représentait 2,2 % du PIB et que la dette, estimée à 43 % du PIB, demeurait sous les seuils de l’UEMOA. Ces chiffres, qualifiés de « prudents » par les responsables, contrastent toutefois avec un contexte marqué par des incertitudes sur la croissance, la volatilité des recettes minières et les tensions persistantes sur les importations d’hydrocarbures.
Le caractère « souverain » du budget, financé presque entièrement sur ressources internes, renforce l’enjeu porté par les régies financières à un moment où les recettes douanières et fiscales font l’objet d’attentes élevées. Les augmentations simultanées des budgets de la Présidence, du CNT, de la Primature et de la Sécurité d’État interviennent alors que d’autres secteurs demeurent confrontés à des besoins importants, notamment en matière d’énergie, de sécurité et de services sociaux. Les projections reposent également sur une stabilité des prix et une croissance soutenue, dans un environnement où les aléas climatiques et sécuritaires pèsent encore sur les performances économiques.
L’adoption de ce premier volet ouvre la voie à l’examen, le 8 décembre, de la seconde partie consacrée aux programmes sectoriels. Elle devra préciser les marges de manœuvre réelles de l’État pour financer les politiques publiques dans un contexte où la dépendance à l’or, les contraintes budgétaires et les pressions sur la dépense publique demeurent des facteurs de vulnérabilité pour l’exercice à venir.

Journalistes enlevés : une inquiétude renouvelée après la preuve de vie de deux agents de l’ORTM

Une vidéo récente attribuée au JNIM a ravivé les inquiétudes autour des journalistes disparus. La situation des professionnels capturés ces dernières années demeure entourée d’incertitudes.

La diffusion d’un enregistrement montrant Daouda Koné, directeur régional de l’ORTM à Douentza, a rappelé la persistance des risques auxquels sont exposés les acteurs des médias dans les zones d’insécurité. Lui et son caméraman Salif Sangaré ont été enlevés le 14 octobre 2025 sur l’axe Sévaré–Konna alors qu’ils rentraient d’une mission. Dans la vidéo, Daouda Koné confirme leur capture et évoque leurs conditions de détention, sans donner d’indication sur l’état de santé de son collègue. Depuis la publication de cette séquence, aucune information officielle n’a été communiquée, laissant leur sort en suspens et maintenant l’incertitude pour leurs familles comme pour leur rédaction.

Ce nouvel épisode survient dans un contexte marqué par plusieurs disparitions non résolues. Hamadoun Nialibouly, journaliste de la radio Dandé à Douentza, est porté disparu depuis le 27 septembre 2020, date à laquelle il avait été enlevé lors d’un déplacement sur l’axe Douentza–Boni. Les recherches menées au fil des années n’ont permis d’établir ni les conditions de sa détention ni l’identité de ses ravisseurs, et aucune revendication n’a été confirmée. Malgré les appels répétés des associations professionnelles, aucune évolution publique n’a été signalée.

Le cas de Moussa M’Bana Dicko, disparu également dans la région de Boni, illustre les mêmes incertitudes. Les informations disponibles sur les circonstances de son enlèvement demeurent limitées et aucune trace de vie n’a été rendue publique depuis sa disparition. Son nom figure régulièrement dans les mobilisations en faveur des journalistes introuvables, mais aucun élément récent n’a permis de relancer les recherches.

La diffusion de cette vidéo a mis en évidence la fragilité persistante des journalistes travaillant dans les régions du centre, où les déplacements restent risqués et les informations difficiles à vérifier. Elle intervient alors que plusieurs d’entre eux manquent toujours à l’appel, sans indication fiable sur leur situation. Les rédactions et les proches poursuivent leurs démarches pour obtenir des nouvelles, mais l’absence de communication officielle et l’accès limité aux zones concernées compliquent toute tentative d’éclaircissement.

Douane malienne : une transition sous pression

Le gouvernement a nommé un nouveau directeur général des Douanes lors du conseil des ministres du 3 décembre, à un moment où l’institution se trouve au centre d’enjeux économiques majeurs.

Cette transition intervient alors que les débats sur la gestion des flux d’hydrocarbures, les projections de recettes et les perspectives de réforme se multiplient.

La nomination marque la fin officielle des fonctions d’Amadou Konaté, appelée à intervenir quelques semaines avant la date à laquelle il devait atteindre la limite d’âge dans la fonction publique. Au-delà de l’aspect administratif, ce départ s’inscrit dans une période où la Douane occupe une place sensible dans la dynamique économique nationale. Les derniers mois ont été marqués par une série d’opérations de saisies mises en avant comme significatives, par des communications régulières soulignant des prévisions de recettes dépassées et par une forte visibilité de l’institution dans la lutte contre la fraude et la régulation des flux commerciaux. Ces éléments avaient contribué à renforcer l’image d’une administration en activité constante, dans un contexte où la performance douanière demeure directement liée à la capacité de l’État à sécuriser ses ressources intérieures.

Cette transition s’opère également dans un climat particulier, marqué par la pénurie de carburant qui a touché le pays depuis mi-septembre 2025. Les autorités avaient assuré que le nombre de camions-citernes entrant sur le territoire, après les mesures de déblocage, était supérieur aux volumes observés avant la crise. Cette affirmation avait déclenché de nombreuses interrogations sur la chaîne d’approvisionnement, la fluidité des contrôles et la capacité des administrations concernées à garantir une distribution régulière. Plusieurs acteurs économiques avaient relevé que, malgré l’augmentation des volumes déclarés, la disponibilité du carburant demeurait inégale selon les zones, révélant des décalages entre les flux enregistrés et l’impact réel sur le marché intérieur. Dans ces discussions, la Douane apparaissait comme l’un des maillons essentiels dont l’action conditionnait l’issue d’une crise devenue un test de coordination et de gouvernance.

Succession

Le départ d’Amadou Konaté intervient donc au moment où la Douane cristallise de fortes attentes. Les discussions autour de son avenir professionnel, sa présence dans les instances régionales des administrations douanières et la perspective de sa retraite avaient alimenté des interrogations sur la continuité de la direction. Sa participation active à des structures internationales avait été perçue comme le signe d’une installation durable dans le paysage institutionnel, tandis que la succession restait largement ouverte jusqu’à la décision gouvernementale.

La désignation de Cheickna Amala Diallo replace désormais l’attention sur les orientations à venir. Inspecteur des Douanes, il connaît les services et les contraintes techniques qui structurent l’institution, ainsi que les exigences opérationnelles liées à la surveillance des corridors et à la collecte des ressources. Sa prise de fonction survient dans un contexte où la Douane demeure un pilier de l’équilibre budgétaire, dans un pays où les recettes intérieures constituent un levier essentiel face au recul des appuis extérieurs et à la pression des dépenses sécuritaires. La capacité de l’administration à maintenir un niveau de mobilisation des ressources conforme aux projections sera suivie de près, tout comme son rôle dans la sécurisation des flux commerciaux, la transparence des procédures et l’accompagnement des mesures destinées à stabiliser les approvisionnements stratégiques, notamment en hydrocarbures.

Au-delà du changement à la tête de l’institution, les prochains mois montreront si cette transition ouvre une nouvelle phase de modernisation ou s’inscrit dans la continuité des pratiques engagées. Dans un environnement où les crises successives rappellent l’importance de chaque maillon de la chaîne économique, la direction des Douanes se retrouve une nouvelle fois face à la nécessité d’assurer la régularité des flux, de renforcer la confiance des opérateurs et de soutenir la prévisibilité de l’activité économique. L’évolution des décisions, des résultats et du rythme des réformes permettra de mesurer la manière dont l’institution répondra aux défis immédiats tout en se projetant dans une dynamique durable.

Stabilité et développement économique : un appui de 2,4 milliards CFA lancé

Le Japon a lancé à Bamako deux projets destinés à soutenir les populations déplacées et à renforcer la filière textile. Annoncées le 1ᵉʳ décembre 2025, ces initiatives marquent une nouvelle étape dans la coopération engagée avec les autorités nationales et les partenaires du développement.

L’ambassadeur du Japon, Murata Yukuo, a présidé la cérémonie en collaboration avec le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD). Le premier projet vise une réponse multisectorielle en faveur des femmes et des jeunes déplacés internes dans les régions du centre. Le second s’attache à renforcer la durabilité et la compétitivité du secteur textile, à travers une collaboration plus étroite avec les acteurs privés d’une filière essentielle pour l’économie locale.

Le programme consacré aux déplacés met l’accent sur la stabilisation, l’accès aux services essentiels et la relance des moyens de subsistance dans les zones les plus touchées, notamment à Bandiagara. Celui dédié au textile entend moderniser une filière porteuse mais vulnérable, en soutenant l’innovation, la formation et une meilleure structuration des unités de production.

Dans son allocution, Murata Yukuo a rappelé que ces initiatives concrétisent les engagements pris par le Japon lors de la TICAD9, où Tokyo avait réaffirmé sa volonté de promouvoir la coexistence pacifique entre communautés, de renforcer l’agenda « Femmes, Paix et Sécurité » et d’appuyer le développement du secteur privé africain. Les communications en bamanankan et en japonais présentées lors de la cérémonie ont également souligné l’importance du double appui pour renforcer la résilience sociale et stimuler le développement économique.

Avec ce financement de 2,4 milliards de francs CFA, le Japon confirme son rôle de partenaire engagé dans les efforts de stabilisation et d’accompagnement économique. Les deux projets, désormais entrés en phase de mise en œuvre, sont attendus pour leurs contributions concrètes à la cohésion sociale et à la dynamisation d’un secteur productif clé.

ODD : une nouvelle carte des investissements voit le jour

L’Agence pour la Promotion des Investissements (API-Mali) a dévoilé ce mardi une carte nationale des investissements alignée sur les Objectifs de Développement Durable (ODD), lors d’une cérémonie organisée à l’hôtel Maëva Palace.

Présidée par le ministre de l’Industrie et du Commerce, Moussa Alassane Diallo, aux côtés du directeur général de l’agence, Ibrahim A. Touré, la rencontre a marqué l’aboutissement d’un partenariat mené avec le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD).
L’outil présenté offre une lecture structurée des opportunités économiques du pays et les relie directement aux priorités de développement durable. Il met en évidence les secteurs où les besoins demeurent importants—agro-industrie, énergie, infrastructures, transformation locale, services sociaux—et propose une manière plus lisible d’orienter les investisseurs vers des projets à la fois rentables et porteurs d’impact. Pour les institutions publiques, il s’agit également d’un instrument de cohérence permettant d’harmoniser les interventions et d’éviter les chevauchements dans un contexte de ressources limitées.
Cette démarche intervient à un moment où les signaux économiques du pays, bien que contrastés, montrent une certaine capacité d’attraction. Selon les données de la Banque mondiale, les investissements directs étrangers ont représenté 2,7 % du PIB en 2024, soit près de 710 millions de dollars, tandis que la croissance devrait atteindre 4,9 % en 2025, portée notamment par le secteur des services et les nouveaux gisements miniers. Ces indicateurs offrent un terreau favorable, même si le niveau d’investissement reste insuffisant au regard des besoins d’infrastructures, de transformation industrielle ou de modernisation agricole.
Au-delà de sa dimension informative, la carte constitue une étape importante dans la modernisation des outils de planification économique. Elle traduit une volonté d’adopter des standards internationaux d’investissement durable et de renforcer l’alignement entre les priorités nationales et les exigences des bailleurs. Mais sa portée dépendra de sa capacité à devenir un instrument réellement opérationnel. Plusieurs défis se dessinent : la nécessité de structurer davantage les projets pour les rendre finançables, la prise en compte des contraintes locales—accès à l’énergie, sécurité, logistique, fluidité administrative—ou encore l’obligation de maintenir l’outil à jour pour garantir sa crédibilité.
Les spécialistes rappellent qu’une cartographie seule ne suffit pas à déclencher un investissement. Pour transformer les opportunités recensées en projets bancables, il faudra produire des fiches techniques complètes, des analyses financières et des études de faisabilité, autant d’éléments attendus par les investisseurs institutionnels et les bailleurs de fonds. Dans un environnement international plus compétitif, marqué par une baisse globale des flux d’investissements, les pays à forte demande en capitaux doivent proposer des dispositifs d’accompagnement solides et des incitations adaptées.
Plusieurs pistes émergent déjà telles que les mécanismes de garantie pour réduire le risque perçu, les exonérations ciblées pour les projets à fort impact, la création d’un guichet dédié aux investissements alignés sur les ODD ou la mise en place de zones pilotes où les conditions d’exécution sont réunies. L’essentiel, selon les observateurs, est de bâtir autour de la carte un écosystème cohérent, capable d’accueillir, d’orienter et de sécuriser les investisseurs à chaque étape du cycle de projet.
En mettant à disposition une plateforme claire, actualisable et orientée vers l’impact, API-Mali et le PNUD posent les fondations d’une nouvelle dynamique. La réussite de cette initiative dépendra cependant de la capacité collective à en faire un outil vivant, alimenté régulièrement et résolument tourné vers la mise en œuvre. L’ambition affichée est de faire de la cartographie des opportunités un levier réel de développement durable et d’attraction de capitaux structurants.

Enlevés début novembre : trois Égyptiens désormais libres

L’ambassade d’Égypte à Bamako a annoncé, samedi 29 novembre 2025, que trois de ses ressortissants enlevés au début du mois ont été remis aux autorités et placés sous protection consulaire. Cette libération intervient après plusieurs semaines d’échanges entre le Caire et Bamako, en coordination avec les services diplomatiques installés dans la capitale malienne.

Selon les informations rendues publiques par le ministère égyptien des Affaires étrangères, les trois hommes avaient disparu alors qu’ils circulaient séparément entre Ségou et Bamako. Quelques jours après leur disparition, le groupe Jama’at Nusrat al-Islam wal-Muslimin, affilié à Al-Qaïda, avait revendiqué leur enlèvement en indiquant détenir trois ressortissants égyptiens. Le même groupe avait affirmé avoir formulé une demande de rançon dans le cadre de cette détention. Les autorités égyptiennes avaient alors publié un avertissement à destination de leur communauté vivant au Mali, appelant à éviter les déplacements hors de Bamako et à suivre les consignes de sécurité établies par les autorités maliennes.
À la suite de cette alerte, un contact régulier s’était établi entre les deux pays. Le ministre égyptien des Affaires étrangères avait échangé avec son homologue malien sur les démarches à entreprendre et sur les informations disponibles concernant les trois hommes. L’ambassade d’Égypte à Bamako avait poursuivi les discussions avec plusieurs institutions maliennes impliquées dans le suivi du dossier.
Dans son communiqué du 29 novembre, le ministère égyptien indique que les trois ressortissants ont été récupérés et transférés sous la responsabilité des services consulaires. Aucun détail n’a été donné sur l’endroit où ils étaient détenus ni sur les conditions exactes de leur libération. Les autorités égyptiennes n’ont pas commenté la demande de rançon évoquée par leurs ravisseurs ni fourni d’éléments sur d’éventuelles négociations.
Cette affaire intervient alors que plusieurs enlèvements d’étrangers ont été rapportés ces derniers mois dans différentes zones du pays. À la fin du mois d’octobre, deux ressortissants des Émirats arabes unis et un citoyen iranien avaient également été récupérés après avoir été enlevés au Mali. Ces cas ont conduit plusieurs pays à rappeler à leurs ressortissants les mesures de prudence à observer, en particulier lors des déplacements par route en dehors de Bamako.
Dans son dernier communiqué, l’ambassade d’Égypte rappelle que les instructions de sécurité restent en vigueur. Les ressortissants égyptiens présents au Mali sont invités à rester dans la capitale, à conserver leurs documents d’identité et à rester en contact régulier avec la représentation diplomatique. Les échanges entre Bamako et l’ambassade se poursuivent pour assurer le suivi de la situation et accompagner la communauté égyptienne résidant dans le pays.

30 000 tonnes de carburant à bord : dispositif d’urgence déclenché au large de Dakar

Les autorités sénégalaises ont activé un dispositif d’urgence dans la nuit du 27 au 28 novembre 2025 après un incident survenu à bord du pétrolier MERSIN, en opération au large de Dakar. Une entrée d’eau a été signalée dans la salle des machines, entraînant le déclenchement immédiat des procédures de sécurité.

Dès la réception de l’alerte, la Haute Autorité chargée de la sécurité maritime (HASSMAR) a mis en place une cellule de crise en coordination avec la Marine nationale, l’Agence nationale des affaires maritimes et le Port autonome de Dakar. Des remorqueurs, des équipes d’intervention spécialisées et un navire militaire ont été dépêchés sur zone. L’ensemble des membres d’équipage a été secouru sans incident.

Selon les informations recueillies, le MERSIN transporte environ 30 000 tonnes de carburant. Les premières évaluations techniques portent sur l’identification et l’obturation des voies d’eau afin de stabiliser le bâtiment. Les autorités étudient également les modalités d’un transfert sécurisé de la cargaison si les conditions l’exigent.

Par mesure de précaution, un barrage antipollution est en cours d’installation autour du navire pour prévenir tout rejet d’hydrocarbures. Des équipes spécialisées poursuivent l’inspection de la structure et le suivi de l’évolution de la situation en mer. Les services compétents indiquent que la priorité porte sur la sécurisation du navire, la protection du personnel et la préservation de l’environnement marin.

Les institutions impliquées annoncent qu’une information régulière sera fournie au public au fur et à mesure de l’avancée des opérations.