Réconciliation nationale : deux membres du CNT suspendus

Le ministère de la Réconciliation a annoncé, ce 10 décembre, la suspension de sa collaboration avec deux membres du CNT après des échanges jugés contraires à la Charte nationale pour la paix. Cette décision intervient alors que la Transition met officiellement en avant le rôle des chefferies et légitimités traditionnelles dans la mise en œuvre de cette Charte.

Le communiqué du ministère de la Réconciliation, de la Paix et de la Cohésion nationale annonce la suspension de toute collaboration avec Mohamed Ousmane Ag Mohamedoun et Abdoul Majid Ag Mohamed Ahmed dit Nasser, ainsi qu’avec leurs représentants, dans le cadre des activités de paix et de cohésion nationale. Le texte évoque des échanges « inamicaux, voire insultants » entre les deux personnalités, jugés contraires à l’esprit et aux principes de la Charte nationale pour la paix et la réconciliation, adoptée par le Conseil national de Transition comme référentiel des actions de réconciliation.
Les deux hommes occupent des positions centrales dans l’espace politique et social du Nord. Mohamed Ousmane Ag Mohamedoun est présenté comme acteur des processus de paix, ancien responsable de la Coalition du peuple pour l’Azawad et membre du CNT, à la tête d’une coordination d’associations à référence chérifienne. Abdoul Majid Ag Mohamed Ahmed, dit Nasser, se présente comme chef général de la tribu Kel Ansar, également membre du CNT, et intervient régulièrement dans les médias et les rencontres publiques sur les questions de paix, de sécurité et d’unité nationale.
Le différend mis en cause par le communiqué intervient dans un contexte où la Transition a officiellement revalorisé les autorités traditionnelles. Une Journée nationale des Légitimités traditionnelles est célébrée chaque 11 novembre, en vertu d’un décret qui consacre leur rôle dans la prévention des conflits, la médiation sociale et l’appui aux politiques publiques de réconciliation. Les chefferies et autres légitimités sont ainsi reconnues comme partenaires institutionnels de l’État dans la mise en œuvre de la Charte nationale pour la paix.
Légitimité en question
En arrière-plan, la question de la tribu et des chefferies renvoie à une histoire plus ancienne. Après l’indépendance, l’État malien a mené des politiques de centralisation qui ont retiré aux chefferies traditionnelles leur statut d’autorités administratives, avant qu’elles ne soient partiellement réintégrées comme acteurs consultatifs et relais locaux dans le cadre de la décentralisation. Aujourd’hui, les structures de type chefferie et les coordinations associatives coexistent dans plusieurs régions, chacune revendiquant une forme de représentation des communautés.
La suspension annoncée par le ministère concerne ainsi deux figures associées, chacune à sa manière, au discours de paix et de cohésion, à un moment où les légitimités traditionnelles sont officiellement appelées à porter la Charte nationale sur le terrain. L’incident s’inscrit dans un contexte de débats sur la nature de la légitimité – tribale, associative ou institutionnelle – et sur la manière dont ces différents registres coexistent dans le dispositif de réconciliation mis en place par la Transition.

Ségou : couvre-feu reconduit sur fond d’insécurité persistante

Décidée le 8 décembre 2025, l’autorité régionale de Ségou a prorogé pour trente jours le couvre-feu instauré en juin dernier. La mesure s’applique chaque nuit de 23 h à 5 h du matin sur l’ensemble de la région.

Par la décision n° 2025-505/GRS-CAB en date du 8 décembre 2025, le gouverneur de la région de Ségou a prorogé le couvre-feu institué par la décision n° 2025-233/GRS-CAB du 4 juin 2025. Le texte prévoit une nouvelle période de trente jours, reconductible, allant du lundi 8 décembre 2025 au mardi 6 janvier 2026, de 23 h à 5 h, sur tout le territoire régional.

La décision rappelle que, pendant la durée du couvre-feu, la liberté de circulation des personnes et de tous les engins de transport est restreinte. Seuls les véhicules et autres engins des forces de défense et de sécurité, ainsi que les ambulances bénéficiant d’un ordre de mission, ne sont pas concernés par la mesure. Le document précise que le couvre-feu prend effet à compter de sa date de signature et qu’il doit être publié et communiqué partout où le besoin se fait sentir.

L’acte énumère les autorités chargées de l’application de la mesure : le commandant de la zone de Défense n° 2, le commandant de la région de Gendarmerie n° 5, le commandant de la quatrième région de la Garde nationale, ainsi que les directeurs régionaux de la Police nationale et de la Protection civile. Chacun est mandaté, dans son domaine de compétence, pour veiller à l’exécution du couvre-feu. La décision est signée au nom du gouverneur par le directeur de cabinet, membre du corps préfectoral.

Cette prorogation intervient après plusieurs mois de restrictions nocturnes. Une première décision de couvre-feu avait été prise début juin 2025, pour une durée initiale de trente jours, renouvelable, avec des limitations de circulation visant les personnes, les motos et les véhicules sur l’ensemble de la région. Les reconductions successives traduisent la volonté des autorités d’encadrer les déplacements nocturnes dans un contexte que les services de sécurité décrivent comme marqué par la multiplication d’incidents dans plusieurs zones de la région.

Les données collectées sur le premier semestre 2025 illustrent ce climat sous tension. Une note du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR) consacrée aux restrictions sécuritaires et de mouvement au Mali, arrêtée au 30 juin 2025, indique que la région de Ségou a enregistré 323 incidents sécuritaires et 736 victimes civiles entre le 1ᵉʳ janvier et le 30 juin 2025. Le même document précise qu’un couvre-feu y a été instauré à partir du 4 juin 2025, avec des restrictions de circulation pour les personnes, les motos et les véhicules, assorties d’exceptions pour les forces de défense et de sécurité et les ambulances, et la possibilité d’autorisations spéciales.

En reconduisant le couvre-feu jusqu’au début du mois de janvier 2026, les autorités régionales de Ségou maintiennent ainsi un dispositif qui combine limitation des mouvements nocturnes et mobilisation des forces de défense et de sécurité, dans une région où les indicateurs de sécurité du premier semestre ont mis en évidence un nombre élevé d’incidents et de victimes civiles.

Visite du Premier ministre en Guinée : économie, rail et transhumance au menu des échanges

En visite d’amitié et de travail à Conakry le 9 décembre 2025, le Premier ministre Abdoulaye Maïga a rencontré son homologue guinéen Amadou Oury Bah. Les discussions ont porté sur l’interconnexion ferroviaire, les corridors de transit et la transhumance entre les deux pays.

Arrivé dans la matinée à Conakry à la tête d’une délégation gouvernementale, le Premier ministre, ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, le général de division Abdoulaye Maïga, a pris part à une séance de travail avec le chef du gouvernement guinéen, Amadou Oury Bah. La délégation malienne comprend notamment le ministre de la Défense et des Anciens Combattants, le ministre de l’Économie et des Finances, la ministre des Transports et des Infrastructures et le ministre de l’Élevage et de la Pêche.

Au cours de la réunion, les deux parties ont examiné plusieurs dossiers jugés prioritaires pour la coopération bilatérale. Les échanges ont porté sur le projet d’interconnexion ferroviaire entre les deux pays, destiné à faciliter l’acheminement des marchandises vers l’hinterland malien, sur l’opérationnalisation de nouveaux corridors de transit et sur la gestion de la transhumance du bétail à la frontière. À l’issue de la séance de travail, le gouvernement guinéen a réaffirmé sa disponibilité à accompagner le gouvernement malien sur ces différents volets et un point de presse conjoint a été animé par les deux Premiers ministres.

Le volet des corridors s’inscrit dans la continuité des efforts engagés autour de l’axe Conakry–Bamako. Ces dernières années, les administrations douanières des deux pays ont renforcé leur coopération pour améliorer la fluidité du transit et sécuriser les recettes, notamment à travers l’installation d’une représentation permanente des Douanes maliennes dans les entrepôts maliens au port autonome de Conakry. Ce dispositif vise à consolider le rôle du port guinéen comme point de passage majeur pour les marchandises à destination du Mali.

Le dossier de la transhumance constitue un autre aspect structurant des discussions. En 2025, des décisions prises au niveau local en Guinée avaient entraîné le départ de troupeaux maliens de la région de Kankan et limité l’accès des éleveurs aux pâturages guinéens, avant la conclusion d’un accord bilatéral encadrant la circulation du bétail et la gestion des flux pastoraux le long de la frontière. La présence du ministre de l’Élevage et de la Pêche au sein de la délégation malienne s’inscrit dans ce contexte de recherche de mécanismes stabilisés pour la transhumance.

La visite du Premier ministre en Guinée et la séance de travail tenue à Conakry s’insèrent ainsi dans une série d’initiatives destinées à renforcer la coopération économique et commerciale entre les deux pays. Les autorités des deux côtés mettent en avant la volonté d’accélérer les projets d’infrastructures, de consolider les corridors de transit et de sécuriser la gestion de la transhumance, sur la base des accords déjà conclus et des engagements pris au niveau bilatéral.

Afrique de l’Ouest : les femmes de plus en plus visibles sur les routes migratoires

Publié début décembre 2025 par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), un nouveau rapport intitulé « Women on the move » analyse les déplacements de 15 360 voyageuses en Afrique de l’Ouest et du Centre en 2024.

Cette étude, fondée sur le dispositif de Flow Monitoring de l’OIM, documente les profils, les itinéraires et les risques auxquels sont exposées les femmes, notamment au Mali et au Niger.

Le document repose sur des données collectées à 27 points de suivi des flux dans sept pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre, le long de principaux axes de transit. Il s’inscrit dans un dispositif lancé par l’OIM en 2016 pour observer les mouvements intra et interrégionaux. En 2024, 22 % des personnes interrogées dans la région sont des femmes, dont la majorité a entre 25 et 59 ans, et une part plus réduite appartient à la tranche des 18–24 ans.
Les informations fournies par les autorités nationales montrent que trois pays dominent les pays d’origine des voyageuses interrogées : le Nigeria représente 26 % des cas recensés, devant le Burkina Faso (18 %) et le Niger (15 %). Les destinations déclarées restent d’abord régionales dans la mesure où 68 % des femmes interrogées projettent de rester en Afrique de l’Ouest, près de la moitié d’entre elles mentionnant le Niger comme pays de destination. Près de 29 % disent se diriger vers l’Afrique du Nord, tandis que des proportions plus faibles citent l’Europe ou l’Afrique centrale.
Les raisons avancées pour le départ sont principalement économiques. Selon le rapport, 61 % des voyageuses déclarent se déplacer pour des motifs liés au travail, au commerce ou à la recherche d’opportunités professionnelles. Les mouvements de regroupement familial, qu’ils soient permanents ou de courte durée, représentent 19 % des motifs évoqués. D’autres facteurs apparaissent dans les réponses, comme la poursuite d’une formation, l’accès à certains services, les effets des conflits, des catastrophes ou du changement climatique, mais dans des proportions plus réduites.
Le Mali est directement concerné par cette dynamique. Le rapport souligne qu’entre 2020 et 2024, la part des femmes parmi les migrants interrogés a augmenté de 10 points de pourcentage au Mali et de 6 points au Niger, illustrant une féminisation progressive des flux sur ces axes. Ces deux pays concentrent à eux seuls 35 % de l’ensemble des voyageurs recensés dans l’étude. Au sein des programmes d’aide au retour volontaire et à la réintégration vers l’Afrique de l’Ouest et du Centre, les femmes sont également plus nombreuses. En effet, leur proportion a augmenté de 8 points entre 2020 et 2024, tandis que leur nombre a presque été multiplié par cinq. Parmi les bénéficiaires féminins de ces retours, 49 % se réinstallent au Niger et 27 % au Mali, les autres se répartissant entre le Burkina Faso, la Mauritanie, le Nigeria, la Côte d’Ivoire, la Guinée, le Sénégal et d’autres pays.
L’étude aborde aussi les situations de vulnérabilité. Lors des entretiens menés au Tchad, au Mali et au Niger, moins de 1 % des femmes interrogées se sont identifiées comme victimes de travail forcé. Parmi ces dernières, seulement 44 % disposaient de documents d’identité au moment de l’enquête. Les personnes concernées mentionnent principalement la confiscation de leurs papiers, non restitués ensuite, et, dans une moindre mesure, la perte des documents. Ces éléments restent limités en proportion mais apportent des indications sur les risques spécifiques rencontrés par une partie des voyageuses sur les routes migratoires.
En rassemblant ces indicateurs pour l’ensemble de l’Afrique de l’Ouest et du Centre, le rapport de l’OIM fournit un cadre statistique commun sur la présence des femmes dans les flux migratoires régionaux. Il offre aux autorités nationales et aux partenaires un outil de suivi pour comparer les situations entre pays, observer les tendances dans le temps et ajuster les dispositifs d’assistance et de gestion des mouvements de population.

Stabilité financière : premier rapport commun des banques centrales africaines

À Yaoundé, la 47ᵉ Assemblée des Gouverneurs de l’Association des banques centrales africaines (AACB) a été marquée par la présentation du premier Rapport africain sur la stabilité financière, élaboré à l’échelle du continent.

Le document couvre quarante-six pays représentant près de 90 % du produit intérieur brut africain et se veut un outil commun de suivi des vulnérabilités financières et de comparaison entre systèmes bancaires nationaux.
Ce rapport est le résultat des travaux du Comité africain de stabilité financière mis en place par l’AACB. La coordination a été assurée par la Banque de Maurice, qui a présidé ce comité jusqu’à la fin de son mandat à la tête de l’Association. La gouverneure mauricienne, Priscilla Muthoora Thakoor, a supervisé l’achèvement de ce premier exercice en tant que présidente sortante de l’AACB.
Les gouverneurs des banques centrales se sont réunis le 28 novembre 2025 dans la capitale camerounaise pour examiner les conclusions de ce rapport et discuter des suites à donner. Selon les éléments rendus publics, le document agrège des données fournies par les autorités monétaires nationales à partir d’un canevas méthodologique harmonisé validé en amont par l’Association. Il s’agit d’une première mise en commun structurée d’indicateurs de stabilité financière à l’échelle du continent.
Vulnérabilité
Le rapport recense les principales sources de vulnérabilité auxquelles sont confrontés les systèmes financiers africains. Les contributions évoquent l’impact de la volatilité des conditions financières mondiales, les pressions inflationnistes, les niveaux d’endettement public et privé, la dépendance à un nombre limité de produits d’exportation, la faible profondeur de certains marchés financiers et l’exposition aux chocs externes. L’objectif affiché est de fournir aux banques centrales un outil de diagnostic partagé pour repérer les canaux de transmission des risques et comparer les situations nationales.
Le document examine aussi les cadres prudentiels en vigueur dans les juridictions couvertes. Il relève les écarts par rapport aux standards internationaux de supervision bancaire, notamment en matière de dispositifs macroprudentiels, de collecte et de diffusion des données, de gouvernance et de coordination entre autorités. Ces constats doivent alimenter un programme de renforcement de la supervision, notamment à travers le programme 2026–2028 de la Communauté des superviseurs bancaires africains, mentionné dans les travaux de Yaoundé.
Union monetaire continentale en vue
Les échanges tenus en marge de l’Assemblée ont mis en relation ce premier rapport et les projets d’intégration monétaire en Afrique. Les responsables des banques centrales ont rappelé que la création de l’Institut monétaire africain, étape préparatoire à une éventuelle union monétaire continentale, suppose une capacité partagée d’évaluer les risques financiers et de prévenir les crises systémiques. La mise en place d’un cadre continental d’analyse de la stabilité financière est présentée comme un socle technique pour ces évolutions.
La question des systèmes de paiement a également été abordée. Plusieurs interventions ont souligné l’importance d’une meilleure interopérabilité entre les infrastructures de paiement nationales et régionales, afin de faciliter les règlements transfrontaliers et de soutenir les échanges intra-africains. L’articulation entre un suivi coordonné des risques et l’intégration progressive des systèmes de paiement est apparue comme un des axes de travail identifiés par l’AACB.
Selon les informations diffusées à l’issue de la réunion, le rapport entend s’aligner sur les pratiques internationales en matière de rapports de stabilité financière tout en tenant compte de caractéristiques propres aux économies africaines, comme le poids des matières premières dans les recettes d’exportation, l’ampleur du secteur informel, les contraintes de gouvernance et la sensibilité aux chocs climatiques. Les éditions suivantes devraient permettre de suivre l’évolution de ces paramètres dans le temps et de mesurer l’effet des réformes engagées dans les différents pays.
La présidence de l’Association des banques centrales africaines a été confiée, à l’issue de l’Assemblée, au gouverneur de la Banque des États de l’Afrique centrale, Yvon Sana Bangui. Il est chargé de conduire la prochaine phase du chantier, qui comprend la préparation des futures éditions du rapport africain sur la stabilité financière, le suivi des décisions prises à Yaoundé et le renforcement de la coopération entre banques centrales autour de la surveillance prudentielle et de la gestion des risques.

Bénin : tentative de coup d’État déjouée

Une tentative de coup d’État menée par un groupe de militaires a été déjouée dimanche au Bénin. Si le président Patrice Talon reste en place, l’épisode révèle la fragilité du climat politique à l’approche de la fin de son mandat.

Dans la nuit de samedi à dimanche, puis à l’aube du 7 décembre 2025, des éléments des Forces armées béninoises attaquent la résidence du président Patrice Talon, à Porto-Novo, avant de se tourner vers les médias publics. Peu après, au moins huit soldats apparaissent à la télévision nationale. Casques sur la tête pour certains, treillis impeccables, ils lisent un communiqué solennel annonçant la « destitution » du chef de l’État, la suspension de la Constitution, la dissolution des institutions et la fermeture des frontières. Ils se présentent comme le « Comité militaire pour la refondation », dirigé par le lieutenant-colonel Pascal Tigri, promu de facto figure du putsch.
Le signal de la télévision et de la radio publiques est brièvement interrompu, renforçant l’impression que le pouvoir bascule. Au même moment, l’ambassade de France signale des coups de feu au camp Guezo, près de la résidence présidentielle, à Cotonou, tandis que des positions stratégiques de la capitale économique sont tenues par des militaires. Dans leur déclaration, les putschistes justifient leur acte par la gestion du pays, promettent une « nouvelle ère » et affirment parler au nom de l’armée et du peuple.
Tentative avortée
Mais la séquence bascule très vite. Dans la matinée, le ministre des affaires étrangères, Shegun Adjadi Bakari, intervient pour affirmer qu’il s’agit d’un « petit groupe » de militaires n’ayant réellement pris le contrôle que de la télévision, tandis que « la plus grande partie de l’armée » reste loyale. Quelques heures plus tard, c’est le ministre de l’intérieur, Alassane Seidou, qui prend la parole dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux. Il annonce que la tentative de coup a été « déjouée », parle de mutinerie et insiste sur le fait que les forces armées et leur état-major ont « maintenu le contrôle de la situation ».
La présidence assure alors que Patrice Talon est sain et sauf et que l’armée loyaliste reprend progressivement la main sur les points sensibles. Des sources proches du palais soulignent que les putschistes n’ont jamais réussi à s’emparer du siège de la présidence, ce qui a limité leurs capacités réelles. Dans les rues de Cotonou, la vie reprend par endroits son cours, même si certains quartiers autour des bâtiments officiels, de la télévision nationale et de la résidence présidentielle restent sous forte surveillance. Aucun bilan humain précis n’est rendu public dans l’immédiat, les autorités se gardant d’avancer des chiffres de victimes ou d’arrestations.
Fin de mandat
L’épisode intervient dans un moment politique particulièrement sensible. Patrice Talon est au pouvoir depuis 2016 et a répété à plusieurs reprises qu’il quitterait la présidence en 2026, conformément à la limitation à deux mandats inscrite dans la Constitution. Son camp prépare déjà sa succession, avec le nom de l’ancien ministre des Finances Romuald Wadagni régulièrement cité comme dauphin potentiel, tandis que des figures de l’opposition ont été écartées de la compétition ou emprisonnées ces dernières années. Le Bénin, longtemps présenté comme un modèle démocratique en Afrique de l’Ouest, est ainsi entré dans une zone de turbulences politiques où la confiance entre pouvoir, opposition et une partie de l’opinion s’est nettement érodée.
La tentative de coup de ce 7 décembre s’inscrit aussi dans une séquence régionale lourde. Du Mali au Niger, en passant par le Burkina Faso et plus récemment la Guinée-Bissau, les renversements ou tentatives de renversement par la force se sont succédé, au point que certains parlent désormais d’une « ceinture des coups d’État » qui progresse vers le golfe de Guinée. Le Bénin était jusqu’ici cité comme l’un des États qui parvenaient à tenir ce phénomène à distance, malgré la pression des groupes armés dans le nord du pays. La journée de dimanche rappelle que même les régimes se voulant stables ne sont pas à l’abri de fractures internes, y compris au sein de l’appareil sécuritaire.
Condamnation
La réaction des partenaires régionaux et internationaux ne se fait pas attendre. La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest condamne rapidement la tentative de renversement de l’ordre constitutionnel et réaffirme son soutien au président Talon. Des chancelleries occidentales appellent leurs ressortissants à la prudence, certains pays recommandant d’éviter les déplacements non essentiels dans la capitale pendant que la situation se stabilise.
Pour l’instant, le pouvoir à Porto-Novo et Cotonou cherche à projeter l’image d’un État qui a su résister à une dérive militaire. Mais derrière les déclarations officielles, de nombreuses questions restent ouvertes. Qui, au-delà de la figure de Pascal Tigri, a inspiré ou soutenu ce coup manqué ? Jusqu’où des frustrations politiques, économiques ou internes à l’armée ont-elles nourri le passage à l’acte ? Et comment le régime Talon entend-il répondre à ces signaux d’alerte, alors que s’ouvre la dernière ligne droite de son mandat ?
En ce 7 décembre 2025 au soir, le coup d’État a échoué, le président est toujours en place et les institutions n’ont pas été renversées. Mais le Bénin sort de cette journée avec une évidence : le vernis de stabilité cache des tensions qui, si elles ne sont pas prises en compte, pourraient resurgir demain sous d’autres formes.

Axe Bougouni–Bamako : tirs contre un convoi de citernes escorté par les FAMa

Un convoi de camions-citernes escorté par les Forces armées maliennes a été visé ce samedi sur l’axe Bougouni-Bamako.

Cet incident intervient après plusieurs semaines d’amélioration relative de l’approvisionnement en carburant, consécutive à une baisse des attaques qui avaient provoqué de longues pénuries depuis mi-septembre.
L’État-Major Général des Armées indique qu’une escorte FAMa accompagnant un convoi de citernes a essuyé des tirs « des terroristes » ce 6 décembre. Le communiqué fait état d’une réaction « vigoureuse et prompte » des unités engagées et affirme que « la situation est sous contrôle ». L’armée mentionne également que « les citernes endommagées ont été prises en charge par les forces » avant que le reste du convoi ne soit escorté jusqu’à destination sans autre incident. Aucune précision supplémentaire n’a été fournie quant à la nature des dégâts ni sur d’éventuelles pertes. L’État-Major appelle les citoyens à signaler toute activité suspecte tout en assurant que la sécurisation de ces escortes demeure une priorité opérationnelle.
Cet épisode survient dans un contexte marqué par plusieurs mois d’attaques visant les camions-citernes transportant du carburant vers Bamako et d’autres villes du pays. Depuis la mi-septembre, ces attaques ont fortement perturbé les flux logistiques et entraîné une pénurie marquée par des files d’attente interminables devant les stations-service. La diminution récente de ces incidents avait en partie permis une amélioration progressive de la distribution, perceptible dans la capitale où le carburant commençait à revenir de façon plus régulière.
La reprise de tirs contre un convoi de citernes soulève des interrogations quant à la stabilité de cette amélioration. Après plusieurs semaines d’accalmie relative sur les axes d’approvisionnement, l’incident de ce samedi rappelle que la sécurisation des convois reste un enjeu déterminant dans le processus de sortie de crise, sans que l’on puisse encore mesurer l’impact de cette nouvelle attaque sur l’acheminement du carburant dans les jours à venir.

Projet de loi de finances 2026 : un budget de 3 578 milliards adopté à l’unanimité

Le Conseil national de Transition a adopté ce 4 décembre la première partie du projet de loi de finances 2026, qui porte les dépenses de l’État à 3 578 milliards de FCFA.

Cette validation unanime intervient alors que les recettes projetées, estimées à 3 057,7 milliards, restent étroitement liées à la capacité de l’administration à mobiliser des ressources dans un environnement économique sous pression.
La plénière du CNT, présidée par le chef de cette institution, Malick Diaw, a entériné un déficit de 520,4 milliards de FCFA, présenté comme soutenable au regard des indicateurs macroéconomiques officiels. Le président de la Commission des Finances, l’Honorable Mamadou Touré, a rappelé que le déficit représentait 2,2 % du PIB et que la dette, estimée à 43 % du PIB, demeurait sous les seuils de l’UEMOA. Ces chiffres, qualifiés de « prudents » par les responsables, contrastent toutefois avec un contexte marqué par des incertitudes sur la croissance, la volatilité des recettes minières et les tensions persistantes sur les importations d’hydrocarbures.
Le caractère « souverain » du budget, financé presque entièrement sur ressources internes, renforce l’enjeu porté par les régies financières à un moment où les recettes douanières et fiscales font l’objet d’attentes élevées. Les augmentations simultanées des budgets de la Présidence, du CNT, de la Primature et de la Sécurité d’État interviennent alors que d’autres secteurs demeurent confrontés à des besoins importants, notamment en matière d’énergie, de sécurité et de services sociaux. Les projections reposent également sur une stabilité des prix et une croissance soutenue, dans un environnement où les aléas climatiques et sécuritaires pèsent encore sur les performances économiques.
L’adoption de ce premier volet ouvre la voie à l’examen, le 8 décembre, de la seconde partie consacrée aux programmes sectoriels. Elle devra préciser les marges de manœuvre réelles de l’État pour financer les politiques publiques dans un contexte où la dépendance à l’or, les contraintes budgétaires et les pressions sur la dépense publique demeurent des facteurs de vulnérabilité pour l’exercice à venir.

Journalistes enlevés : une inquiétude renouvelée après la preuve de vie de deux agents de l’ORTM

Une vidéo récente attribuée au JNIM a ravivé les inquiétudes autour des journalistes disparus. La situation des professionnels capturés ces dernières années demeure entourée d’incertitudes.

La diffusion d’un enregistrement montrant Daouda Koné, directeur régional de l’ORTM à Douentza, a rappelé la persistance des risques auxquels sont exposés les acteurs des médias dans les zones d’insécurité. Lui et son caméraman Salif Sangaré ont été enlevés le 14 octobre 2025 sur l’axe Sévaré–Konna alors qu’ils rentraient d’une mission. Dans la vidéo, Daouda Koné confirme leur capture et évoque leurs conditions de détention, sans donner d’indication sur l’état de santé de son collègue. Depuis la publication de cette séquence, aucune information officielle n’a été communiquée, laissant leur sort en suspens et maintenant l’incertitude pour leurs familles comme pour leur rédaction.

Ce nouvel épisode survient dans un contexte marqué par plusieurs disparitions non résolues. Hamadoun Nialibouly, journaliste de la radio Dandé à Douentza, est porté disparu depuis le 27 septembre 2020, date à laquelle il avait été enlevé lors d’un déplacement sur l’axe Douentza–Boni. Les recherches menées au fil des années n’ont permis d’établir ni les conditions de sa détention ni l’identité de ses ravisseurs, et aucune revendication n’a été confirmée. Malgré les appels répétés des associations professionnelles, aucune évolution publique n’a été signalée.

Le cas de Moussa M’Bana Dicko, disparu également dans la région de Boni, illustre les mêmes incertitudes. Les informations disponibles sur les circonstances de son enlèvement demeurent limitées et aucune trace de vie n’a été rendue publique depuis sa disparition. Son nom figure régulièrement dans les mobilisations en faveur des journalistes introuvables, mais aucun élément récent n’a permis de relancer les recherches.

La diffusion de cette vidéo a mis en évidence la fragilité persistante des journalistes travaillant dans les régions du centre, où les déplacements restent risqués et les informations difficiles à vérifier. Elle intervient alors que plusieurs d’entre eux manquent toujours à l’appel, sans indication fiable sur leur situation. Les rédactions et les proches poursuivent leurs démarches pour obtenir des nouvelles, mais l’absence de communication officielle et l’accès limité aux zones concernées compliquent toute tentative d’éclaircissement.

Douane malienne : une transition sous pression

Le gouvernement a nommé un nouveau directeur général des Douanes lors du conseil des ministres du 3 décembre, à un moment où l’institution se trouve au centre d’enjeux économiques majeurs.

Cette transition intervient alors que les débats sur la gestion des flux d’hydrocarbures, les projections de recettes et les perspectives de réforme se multiplient.

La nomination marque la fin officielle des fonctions d’Amadou Konaté, appelée à intervenir quelques semaines avant la date à laquelle il devait atteindre la limite d’âge dans la fonction publique. Au-delà de l’aspect administratif, ce départ s’inscrit dans une période où la Douane occupe une place sensible dans la dynamique économique nationale. Les derniers mois ont été marqués par une série d’opérations de saisies mises en avant comme significatives, par des communications régulières soulignant des prévisions de recettes dépassées et par une forte visibilité de l’institution dans la lutte contre la fraude et la régulation des flux commerciaux. Ces éléments avaient contribué à renforcer l’image d’une administration en activité constante, dans un contexte où la performance douanière demeure directement liée à la capacité de l’État à sécuriser ses ressources intérieures.

Cette transition s’opère également dans un climat particulier, marqué par la pénurie de carburant qui a touché le pays depuis mi-septembre 2025. Les autorités avaient assuré que le nombre de camions-citernes entrant sur le territoire, après les mesures de déblocage, était supérieur aux volumes observés avant la crise. Cette affirmation avait déclenché de nombreuses interrogations sur la chaîne d’approvisionnement, la fluidité des contrôles et la capacité des administrations concernées à garantir une distribution régulière. Plusieurs acteurs économiques avaient relevé que, malgré l’augmentation des volumes déclarés, la disponibilité du carburant demeurait inégale selon les zones, révélant des décalages entre les flux enregistrés et l’impact réel sur le marché intérieur. Dans ces discussions, la Douane apparaissait comme l’un des maillons essentiels dont l’action conditionnait l’issue d’une crise devenue un test de coordination et de gouvernance.

Succession

Le départ d’Amadou Konaté intervient donc au moment où la Douane cristallise de fortes attentes. Les discussions autour de son avenir professionnel, sa présence dans les instances régionales des administrations douanières et la perspective de sa retraite avaient alimenté des interrogations sur la continuité de la direction. Sa participation active à des structures internationales avait été perçue comme le signe d’une installation durable dans le paysage institutionnel, tandis que la succession restait largement ouverte jusqu’à la décision gouvernementale.

La désignation de Cheickna Amala Diallo replace désormais l’attention sur les orientations à venir. Inspecteur des Douanes, il connaît les services et les contraintes techniques qui structurent l’institution, ainsi que les exigences opérationnelles liées à la surveillance des corridors et à la collecte des ressources. Sa prise de fonction survient dans un contexte où la Douane demeure un pilier de l’équilibre budgétaire, dans un pays où les recettes intérieures constituent un levier essentiel face au recul des appuis extérieurs et à la pression des dépenses sécuritaires. La capacité de l’administration à maintenir un niveau de mobilisation des ressources conforme aux projections sera suivie de près, tout comme son rôle dans la sécurisation des flux commerciaux, la transparence des procédures et l’accompagnement des mesures destinées à stabiliser les approvisionnements stratégiques, notamment en hydrocarbures.

Au-delà du changement à la tête de l’institution, les prochains mois montreront si cette transition ouvre une nouvelle phase de modernisation ou s’inscrit dans la continuité des pratiques engagées. Dans un environnement où les crises successives rappellent l’importance de chaque maillon de la chaîne économique, la direction des Douanes se retrouve une nouvelle fois face à la nécessité d’assurer la régularité des flux, de renforcer la confiance des opérateurs et de soutenir la prévisibilité de l’activité économique. L’évolution des décisions, des résultats et du rythme des réformes permettra de mesurer la manière dont l’institution répondra aux défis immédiats tout en se projetant dans une dynamique durable.

Stabilité et développement économique : un appui de 2,4 milliards CFA lancé

Le Japon a lancé à Bamako deux projets destinés à soutenir les populations déplacées et à renforcer la filière textile. Annoncées le 1ᵉʳ décembre 2025, ces initiatives marquent une nouvelle étape dans la coopération engagée avec les autorités nationales et les partenaires du développement.

L’ambassadeur du Japon, Murata Yukuo, a présidé la cérémonie en collaboration avec le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD). Le premier projet vise une réponse multisectorielle en faveur des femmes et des jeunes déplacés internes dans les régions du centre. Le second s’attache à renforcer la durabilité et la compétitivité du secteur textile, à travers une collaboration plus étroite avec les acteurs privés d’une filière essentielle pour l’économie locale.

Le programme consacré aux déplacés met l’accent sur la stabilisation, l’accès aux services essentiels et la relance des moyens de subsistance dans les zones les plus touchées, notamment à Bandiagara. Celui dédié au textile entend moderniser une filière porteuse mais vulnérable, en soutenant l’innovation, la formation et une meilleure structuration des unités de production.

Dans son allocution, Murata Yukuo a rappelé que ces initiatives concrétisent les engagements pris par le Japon lors de la TICAD9, où Tokyo avait réaffirmé sa volonté de promouvoir la coexistence pacifique entre communautés, de renforcer l’agenda « Femmes, Paix et Sécurité » et d’appuyer le développement du secteur privé africain. Les communications en bamanankan et en japonais présentées lors de la cérémonie ont également souligné l’importance du double appui pour renforcer la résilience sociale et stimuler le développement économique.

Avec ce financement de 2,4 milliards de francs CFA, le Japon confirme son rôle de partenaire engagé dans les efforts de stabilisation et d’accompagnement économique. Les deux projets, désormais entrés en phase de mise en œuvre, sont attendus pour leurs contributions concrètes à la cohésion sociale et à la dynamisation d’un secteur productif clé.

ODD : une nouvelle carte des investissements voit le jour

L’Agence pour la Promotion des Investissements (API-Mali) a dévoilé ce mardi une carte nationale des investissements alignée sur les Objectifs de Développement Durable (ODD), lors d’une cérémonie organisée à l’hôtel Maëva Palace.

Présidée par le ministre de l’Industrie et du Commerce, Moussa Alassane Diallo, aux côtés du directeur général de l’agence, Ibrahim A. Touré, la rencontre a marqué l’aboutissement d’un partenariat mené avec le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD).
L’outil présenté offre une lecture structurée des opportunités économiques du pays et les relie directement aux priorités de développement durable. Il met en évidence les secteurs où les besoins demeurent importants—agro-industrie, énergie, infrastructures, transformation locale, services sociaux—et propose une manière plus lisible d’orienter les investisseurs vers des projets à la fois rentables et porteurs d’impact. Pour les institutions publiques, il s’agit également d’un instrument de cohérence permettant d’harmoniser les interventions et d’éviter les chevauchements dans un contexte de ressources limitées.
Cette démarche intervient à un moment où les signaux économiques du pays, bien que contrastés, montrent une certaine capacité d’attraction. Selon les données de la Banque mondiale, les investissements directs étrangers ont représenté 2,7 % du PIB en 2024, soit près de 710 millions de dollars, tandis que la croissance devrait atteindre 4,9 % en 2025, portée notamment par le secteur des services et les nouveaux gisements miniers. Ces indicateurs offrent un terreau favorable, même si le niveau d’investissement reste insuffisant au regard des besoins d’infrastructures, de transformation industrielle ou de modernisation agricole.
Au-delà de sa dimension informative, la carte constitue une étape importante dans la modernisation des outils de planification économique. Elle traduit une volonté d’adopter des standards internationaux d’investissement durable et de renforcer l’alignement entre les priorités nationales et les exigences des bailleurs. Mais sa portée dépendra de sa capacité à devenir un instrument réellement opérationnel. Plusieurs défis se dessinent : la nécessité de structurer davantage les projets pour les rendre finançables, la prise en compte des contraintes locales—accès à l’énergie, sécurité, logistique, fluidité administrative—ou encore l’obligation de maintenir l’outil à jour pour garantir sa crédibilité.
Les spécialistes rappellent qu’une cartographie seule ne suffit pas à déclencher un investissement. Pour transformer les opportunités recensées en projets bancables, il faudra produire des fiches techniques complètes, des analyses financières et des études de faisabilité, autant d’éléments attendus par les investisseurs institutionnels et les bailleurs de fonds. Dans un environnement international plus compétitif, marqué par une baisse globale des flux d’investissements, les pays à forte demande en capitaux doivent proposer des dispositifs d’accompagnement solides et des incitations adaptées.
Plusieurs pistes émergent déjà telles que les mécanismes de garantie pour réduire le risque perçu, les exonérations ciblées pour les projets à fort impact, la création d’un guichet dédié aux investissements alignés sur les ODD ou la mise en place de zones pilotes où les conditions d’exécution sont réunies. L’essentiel, selon les observateurs, est de bâtir autour de la carte un écosystème cohérent, capable d’accueillir, d’orienter et de sécuriser les investisseurs à chaque étape du cycle de projet.
En mettant à disposition une plateforme claire, actualisable et orientée vers l’impact, API-Mali et le PNUD posent les fondations d’une nouvelle dynamique. La réussite de cette initiative dépendra cependant de la capacité collective à en faire un outil vivant, alimenté régulièrement et résolument tourné vers la mise en œuvre. L’ambition affichée est de faire de la cartographie des opportunités un levier réel de développement durable et d’attraction de capitaux structurants.

Enlevés début novembre : trois Égyptiens désormais libres

L’ambassade d’Égypte à Bamako a annoncé, samedi 29 novembre 2025, que trois de ses ressortissants enlevés au début du mois ont été remis aux autorités et placés sous protection consulaire. Cette libération intervient après plusieurs semaines d’échanges entre le Caire et Bamako, en coordination avec les services diplomatiques installés dans la capitale malienne.

Selon les informations rendues publiques par le ministère égyptien des Affaires étrangères, les trois hommes avaient disparu alors qu’ils circulaient séparément entre Ségou et Bamako. Quelques jours après leur disparition, le groupe Jama’at Nusrat al-Islam wal-Muslimin, affilié à Al-Qaïda, avait revendiqué leur enlèvement en indiquant détenir trois ressortissants égyptiens. Le même groupe avait affirmé avoir formulé une demande de rançon dans le cadre de cette détention. Les autorités égyptiennes avaient alors publié un avertissement à destination de leur communauté vivant au Mali, appelant à éviter les déplacements hors de Bamako et à suivre les consignes de sécurité établies par les autorités maliennes.
À la suite de cette alerte, un contact régulier s’était établi entre les deux pays. Le ministre égyptien des Affaires étrangères avait échangé avec son homologue malien sur les démarches à entreprendre et sur les informations disponibles concernant les trois hommes. L’ambassade d’Égypte à Bamako avait poursuivi les discussions avec plusieurs institutions maliennes impliquées dans le suivi du dossier.
Dans son communiqué du 29 novembre, le ministère égyptien indique que les trois ressortissants ont été récupérés et transférés sous la responsabilité des services consulaires. Aucun détail n’a été donné sur l’endroit où ils étaient détenus ni sur les conditions exactes de leur libération. Les autorités égyptiennes n’ont pas commenté la demande de rançon évoquée par leurs ravisseurs ni fourni d’éléments sur d’éventuelles négociations.
Cette affaire intervient alors que plusieurs enlèvements d’étrangers ont été rapportés ces derniers mois dans différentes zones du pays. À la fin du mois d’octobre, deux ressortissants des Émirats arabes unis et un citoyen iranien avaient également été récupérés après avoir été enlevés au Mali. Ces cas ont conduit plusieurs pays à rappeler à leurs ressortissants les mesures de prudence à observer, en particulier lors des déplacements par route en dehors de Bamako.
Dans son dernier communiqué, l’ambassade d’Égypte rappelle que les instructions de sécurité restent en vigueur. Les ressortissants égyptiens présents au Mali sont invités à rester dans la capitale, à conserver leurs documents d’identité et à rester en contact régulier avec la représentation diplomatique. Les échanges entre Bamako et l’ambassade se poursuivent pour assurer le suivi de la situation et accompagner la communauté égyptienne résidant dans le pays.

30 000 tonnes de carburant à bord : dispositif d’urgence déclenché au large de Dakar

Les autorités sénégalaises ont activé un dispositif d’urgence dans la nuit du 27 au 28 novembre 2025 après un incident survenu à bord du pétrolier MERSIN, en opération au large de Dakar. Une entrée d’eau a été signalée dans la salle des machines, entraînant le déclenchement immédiat des procédures de sécurité.

Dès la réception de l’alerte, la Haute Autorité chargée de la sécurité maritime (HASSMAR) a mis en place une cellule de crise en coordination avec la Marine nationale, l’Agence nationale des affaires maritimes et le Port autonome de Dakar. Des remorqueurs, des équipes d’intervention spécialisées et un navire militaire ont été dépêchés sur zone. L’ensemble des membres d’équipage a été secouru sans incident.

Selon les informations recueillies, le MERSIN transporte environ 30 000 tonnes de carburant. Les premières évaluations techniques portent sur l’identification et l’obturation des voies d’eau afin de stabiliser le bâtiment. Les autorités étudient également les modalités d’un transfert sécurisé de la cargaison si les conditions l’exigent.

Par mesure de précaution, un barrage antipollution est en cours d’installation autour du navire pour prévenir tout rejet d’hydrocarbures. Des équipes spécialisées poursuivent l’inspection de la structure et le suivi de l’évolution de la situation en mer. Les services compétents indiquent que la priorité porte sur la sécurisation du navire, la protection du personnel et la préservation de l’environnement marin.

Les institutions impliquées annoncent qu’une information régulière sera fournie au public au fur et à mesure de l’avancée des opérations.

Le Gouvernement habilité à légiférer durant l’intersession

Le 26 novembre 2025, le Conseil des ministres a adopté un projet de loi autorisant le Gouvernement à légiférer par ordonnance jusqu’à la prochaine session du CNT, prévue le 13 avril 2026. Cette mesure vise à garantir la continuité de l’action publique dans une période de transition institutionnelle et de réformes en cours.

Le Gouvernement disposera de la faculté de légiférer par ordonnance durant toute la période d’intersession parlementaire, à la suite de l’adoption d’un projet de loi présenté le 26 novembre 2025 au Conseil des ministres. Le dispositif, fondé sur l’article 121 de la Constitution et l’article 13 de la Charte de la Transition, permettra à l’Exécutif d’intervenir dans des domaines relevant en temps normal du législateur, notamment l’organisation des services publics, la gestion du personnel, la production ainsi que la conclusion de traités et d’accords internationaux.
Cette habilitation est présentée par les autorités comme indispensable pour éviter l’interruption des réformes inscrites dans le plan d’action gouvernemental piloté par le Premier ministre Abdoulaye Maïga. Elle intervient dans un contexte de transition marqué par la nécessité de maintenir la stabilité administrative et d’assurer la continuité des politiques publiques. L’expérience récente montre que les périodes d’intersession prolongées peuvent retarder des décisions techniques attendues, notamment dans les secteurs régaliens ou les domaines soumis à des impératifs de calendrier.
Toutefois, cette démarche comporte des limites relevées par plusieurs experts, qui rappellent qu’un recours étendu aux ordonnances réduit l’espace de débat parlementaire. Des observateurs  soulignent également l’importance de préserver des mécanismes de contrôle institutionnel. La Constitution prévoit d’ailleurs que toutes les ordonnances devront être soumises à ratification lors de la session du CNT d’avril 2026, seule garantie permettant un contrôle démocratique a posteriori.
Le recours aux ordonnances demeure un outil fréquent du droit public malien, déjà utilisé lors de précédentes périodes de transition. Pour l’Exécutif, il s’agit d’un moyen d’assurer la poursuite des réformes prioritaires, qu’il s’agisse de la modernisation de l’administration, du renforcement des services publics ou de la mise à jour de textes sectoriels. Les prochains mois permettront de mesurer l’usage qui sera fait de cette habilitation et la manière dont le CNT exercera son pouvoir de ratification au printemps 2026.

Coupes CAF : soirée contrastée pour le football malien

Le Stade Malien s’est relancé lors de la deuxième journée en Ligue des champions, tandis que le Djoliba AC s’enfonce un peu plus en Coupe de la Confédération. Les deux clubs abordent désormais la suite de leurs parcours continentaux avec des dynamiques opposées.

En Ligue des champions, le Stade Malien a d’abord démarré sa phase de groupes par un nul solide le 24 novembre 2025 sur la pelouse de l’Espérance sportive de Tunis, un partage des points obtenu au terme d’un match fermé où les Maliens avaient choisi de contenir avant de contrer. Le même jour, le Petro Atlético de Luanda s’était imposé 1-0 sur le terrain de Simba SC, grâce à un but inscrit en fin de match, ce qui avait permis aux Angolais de prendre les premiers points du groupe D.
La deuxième journée disputée ce 30 novembre 2025 à Bamako a offert au Stade Malien l’occasion de se repositionner. Les Blancs se sont imposés 2-1 face à Simba SC après une entame de match maîtrisée et deux buts rapprochés, signés Taddeus Nkeng à la seizième minute puis Ismaïla Simpara à la vingt-troisième. Neo Maema a réduit le score pour Simba à la cinquante-quatrième minute, mais le Stade a tenu son avantage jusqu’au coup de sifflet final. Avec cette victoire, le club malien totalise quatre points, à égalité avec le Petro de Luanda, tandis que l’Espérance reste à deux points et Simba ferme la marche avec zéro unité après deux revers.
La suite du parcours s’annonce décisive. La troisième journée est programmée pour le 18 janvier 2026, avec un choc Stade Malien – Petro de Luanda à Bamako, une rencontre qui pourrait peser lourd dans la qualification. La quatrième journée est fixée au 25 janvier 2026 et enverra les Maliens à Tunis pour y affronter de nouveau l’Espérance. La phase de groupes se conclura le 1ᵉʳ février 2026 avec un déplacement à Dar es Salaam pour affronter Simba SC dans un match qui pourrait encore jouer un rôle important dans le classement final.
La tendance est beaucoup plus sombre du côté du Djoliba AC en Coupe de la Confédération. Les Rouges avaient manqué leur entrée en lice le 23 novembre 2025 à Bamako en s’inclinant 0-1 face à l’Olympique de Safi, un but encaissé à la vingt-neuvième minute qui avait plombé leur première sortie. L’autre rencontre de cette première journée, disputée le même jour, avait vu l’USM Alger s’imposer 3-2 contre le FC San Pedro dans un match riche en rebondissements.
Ce 30 novembre 2025, pour la deuxième journée, le Djoliba s’est rendu à San Pedro où il a subi un second revers, cette fois 2-0, avec un doublé de Kamagaté Dramane qui a scellé l’issue du match. Dans l’autre opposition du groupe A, l’USM Alger a confirmé sa supériorité en s’imposant 1-0 sur le terrain de l’Olympique de Safi grâce à un but marqué en toute fin de rencontre. Cette nouvelle victoire permet aux Algériens de totaliser six points, tandis que Safi et San Pedro passent à trois unités et que le Djoliba reste dernier avec zéro point, sans but marqué et déjà trois encaissés.
La troisième journée de la Coupe de la Confédération est programmée pour le 19 janvier 2026, avec un déplacement délicat du Djoliba à Alger pour y défier l’USM, un match qui pourrait peser lourd si les Maliens veulent encore espérer se relancer. La rencontre retour Djoliba AC – USM Alger est fixée au 2 février 2026 à Bamako. La phase retour proposera ensuite un déplacement à Safi le 9 février 2026 avant une dernière journée à domicile contre San Pedro le 16 février 2026.
Cette soirée continentale laisse donc deux trajectoires opposées. Le Stade Malien nourrit désormais l’espoir d’une qualification après une victoire fondatrice, tandis que le Djoliba AC se retrouve face à l’urgence de redresser son parcours pour éviter une élimination qui se profile déjà à l’horizon.

Administration pénitentiaire : une conférence sous forte pression sécuritaire à Koulikoro

Réunis du 27 au 29 novembre à Koulikoro, les responsables de l’administration pénitentiaire ont passé en revue le fonctionnement des établissements et les enjeux liés à la gestion des personnes détenues. Cette rencontre intervient dans un contexte où les prisons doivent s’adapter au défi posé par le radicalisme violent et à la montée des risques de sécurité.

La 9ᵉ Conférence annuelle de l’Administration pénitentiaire et de l’Éducation surveillée a rassemblé cadres centraux, régies pénitentiaires, responsables régionaux et acteurs judiciaires pour dresser le bilan 2025 et définir les priorités de 2026. Dans un environnement marqué par les violences armées et l’augmentation du nombre de détenus liés au terrorisme, les autorités ont rappelé la nécessité de renforcer les méthodes de travail, la coordination entre services et la capacité de réponse interne face aux situations sensibles.
Le thème choisi – « L’administration pénitentiaire à l’épreuve du terrorisme, du radicalisme et de l’extrémisme violent » – reflète les pressions auxquelles sont confrontés les établissements carcéraux. Plusieurs prisons du pays accueillent désormais un nombre important de détenus pour faits de terrorisme, ce qui modifie les équilibres internes, accroît les risques de tension et impose une vigilance renforcée des équipes.
Des orientations pour 2026
Les participants ont examiné les conditions de détention, l’organisation du travail pénitentiaire, la gestion des incidents, la formation des agents et la coordination avec la justice. Ils ont également partagé les expériences de terrain liées à la surveillance, au suivi des profils sensibles et à la prévention de l’influence idéologique entre détenus.
Les travaux ont insisté sur la nécessité d’améliorer les capacités opérationnelles du personnel, de renforcer les équipements de sécurité, de moderniser les procédures internes et de mieux protéger les agents exposés. La question du renseignement pénitentiaire, devenue indispensable dans la gestion des détenus radicalisés, a été abordée comme un axe de consolidation institutionnelle.
Des défis structurels qui persistent
Si la conférence a permis d’identifier des pistes d’amélioration, elle a aussi dévoilé les défis profonds du secteur : effectifs insuffisants, infrastructures vieillissantes, surcharge dans certains établissements, besoins importants en formation spécialisée et forte pression liée aux profils dangereux. Dans un contexte institutionnel sensible, où les priorités sécuritaires occupent une place importante dans l’action publique, la question de l’articulation entre sécurité, garanties fondamentales et transparence du secteur pénitentiaire appelle une approche mesurée et rigoureuse.
Les conclusions des travaux alimenteront les orientations pour 2026, avec l’objectif de rendre l’appareil pénitentiaire plus robuste, mieux préparé et davantage capable de répondre aux nouvelles formes de criminalité et de radicalisation.

Renouveau du contrat social : une journée pour revisiter les valeurs fondatrices du Mali  

Chercheurs, acteurs communautaires et organisations citoyennes se sont réunis jeudi à Bamako pour réfléchir aux valeurs qui doivent porter la refondation du Mali. La rencontre s’appuyait sur une note approfondie de l’OCGS, devenue le fil conducteur des échanges.

La réflexion sur le Mali Kura progresse et demeure au centre des préoccupations citoyennes. Jeudi 27 novembre 2025, l’Observatoire citoyen sur la gouvernance et la sécurité a réuni chercheurs, figures communautaires, organisations de terrain et responsables d’associations pour une journée consacrée au renouveau du contrat social. L’objectif n’était pas de discuter abstraitement, mais de s’appuyer sur une note de réflexion élaborée par l’OCGS, un document dense analysant les ruptures qui fragilisent le pacte entre l’État et les citoyens, et proposant les valeurs susceptibles de soutenir une refondation crédible.
La note, largement évoquée au fil de la journée, dépasse la simple analyse institutionnelle. Elle explore l’effritement des repères culturels, la faiblesse de la transmission intergénérationnelle, les transformations du comportement citoyen et l’affaiblissement du sens du bien commun. Ses auteurs y expliquent que le pays ne pourra pas se refonder uniquement à travers des réformes administratives. La reconstruction du contrat social exige une revitalisation des valeurs partagées et une compréhension fine des attentes de la population.
Le chercheur Dr Baïla Niang, l’un des contributeurs du document, est revenu sur l’ambition de la note. Il a rappelé qu’elle ne part pas d’un constat pessimiste, mais d’une analyse lucide : les réformes successives n’ont pas suffi à rétablir la confiance parce qu’elles n’ont pas été accompagnées d’une dynamique morale et citoyenne. Selon lui, les valeurs ne peuvent pas être proclamées depuis un bureau ; elles doivent se vivre et se transmettre. Il a insisté sur la nécessité de replacer l’éthique publique, le respect de la parole donnée et la responsabilité individuelle au cœur du vivre-ensemble.
L’intervention d’Anicet Allamadjingaye, également chercheur à l’OCGS, a prolongé cette réflexion en insistant sur la dimension territoriale des valeurs. Il a rappelé que le contrat social malien s’est construit historiquement dans l’équilibre entre institutions et communautés, et que cet équilibre s’est fragilisé sous l’effet des crises successives. Pour lui, la note de l’OCGS doit servir d’outil de dialogue, non seulement avec les autorités, mais aussi avec les acteurs qui incarnent la cohésion au quotidien : familles, leaders locaux, associations et cercles de solidarité. Il a souligné que la refondation nécessite d’écouter les territoires, d’intégrer leurs spécificités et de tenir compte des mémoires collectives, sans quoi les valeurs évoquées resteront théoriques.
La modération de Baba Dakono a permis de tisser un lien entre les différentes interventions. Sa compréhension des enjeux de gouvernance a donné de la cohérence à l’ensemble, en rappelant que la refondation doit clarifier les engagements réciproques entre l’État et les citoyens. Il a insisté sur la nécessité de relier les analyses de la note aux réalités que vivent les Maliens dans les services publics, les marchés, les quartiers et les espaces communautaires. Cette approche a apporté une profondeur supplémentaire aux débats, en renforçant l’idée que la refondation est autant sociale que politique.
La présentation de la charte consacrée au retour aux valeurs et à l’éthique, assurée par M. Diakité, a constitué un moment clé. Cette charte reprend les grandes lignes de la note de l’OCGS et les traduit en repères concrets. Elle évoque la responsabilité individuelle, l’intégrité dans la gestion publique, l’engagement communautaire, le respect de la parole donnée et l’importance de la transmission. Diakité a expliqué que cette charte n’a pas vocation à imposer des normes, mais à proposer une base commune autour de laquelle les citoyens peuvent se reconnaître et agir.
La dimension citoyenne de la rencontre a été renforcée par l’intervention de Djelika Maïga, coordinatrice de Case Citoyenne du Mali. Elle a rappelé que les valeurs qui portent une nation prennent leur force dans les comportements quotidiens, dans les familles, les espaces communautaires et les associations de proximité. Pour elle, la refondation ne peut réussir sans une mobilisation sociale large, capable de transformer les valeurs en pratiques réelles.
Au fil des échanges, l’idée centrale s’est imposée : le Mali Kura ne peut pas se construire uniquement par des textes institutionnels. Il doit s’appuyer sur un socle moral partagé, nourri par la mémoire collective et les attentes des citoyens. La note de l’OCGS apporte une grille de lecture essentielle pour comprendre les fragilités actuelles et identifier des leviers crédibles pour y répondre.
La journée s’est achevée sur une perspective de travail. Les contributions recueillies seront intégrées dans une version enrichie de la note afin d’alimenter un plaidoyer plus large à destination des autorités et des partenaires du pays. Si la refondation demeure un chantier complexe, cette rencontre a eu le mérite de replacer les valeurs au centre du débat national et d’ouvrir un espace de réflexion où le vivre-ensemble redevient une priorité partagée.

Guinée-Bissau : un commandement militaire annonce la suspension du processus électoral

Un communiqué diffusé ce mercredi après-midi sur les médias publics bissau-guinéens a annoncé la mise en place d’un commandement militaire chargé de « prendre le contrôle de la situation » en Guinée-Bissau. Cette déclaration intervient quatre jours après la présidentielle du 23 novembre, dont les résultats provisoires devaient être proclamés le 27 novembre.

Selon plusieurs sources concordantes, le nouveau commandement affirme avoir suspendu le processus électoral, ainsi que certaines prérogatives institutionnelles, en attendant un « retour à l’ordre ». Les autorités militaires indiquent que les frontières du pays sont fermées jusqu’à nouvel ordre.

Le président sortant, Umaro Sissoco Embaló, a de son côté déclaré avoir été arrêté ce mercredi vers midi au palais présidentiel, affirmant être la cible d’un « coup d’État ». Il assure avoir remporté l’élection avec 65 % des suffrages selon son propre comptage, tandis que son rival, Fernando Dias da Costa, revendique lui aussi la victoire.

Dans la capitale, des tirs nourris ont été entendus autour du palais présidentiel et un dispositif militaire important a été observé sur les principaux axes. Plusieurs personnalités politiques, dont Fernando Dias da Costa et Domingos Simões Pereira, ont été retenues dans des lieux non divulgués, selon des sources politiques locales.

La situation reste évolutive et aucun bilan officiel n’a encore été communiqué.

Mali/Barrick : Vers une normalisation autour du complexe Loulo-Gounkoto

Barrick Mining Corporation a annoncé être parvenue à un accord de règlement avec le gouvernement malien afin de mettre fin au différend autour de la mine d’or de Loulo-Gounkoto. La signature de cet accord a été confirmée le 24 novembre 2025 par le ministère des Mines, qui a indiqué que les deux parties avaient trouvé un compromis après plusieurs mois de négociations.

Selon le communiqué officiel, toutes les charges visant Barrick et ses employés seront abandonnées. Les autorités s’engagent également à engager les procédures judiciaires nécessaires à la libération des employés encore détenus. La mise sous administration provisoire instaurée par le gouvernement prendra fin, et le contrôle opérationnel du complexe Loulo-Gounkoto sera intégralement restitué à Barrick. En contrepartie, la compagnie retire sa demande d’arbitrage introduite devant le Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI), l’un des volets majeurs du litige.

Cet accord intervient dans un contexte où le site demeure l’un des actifs aurifères les plus importants du pays. Loulo-Gounkoto avait produit environ 723 000 onces d’or en 2024, un niveau qui illustre son poids stratégique tant pour l’économie nationale que pour Barrick. À l’échelle du groupe, la société a annoncé une production de 829 000 onces d’or au troisième trimestre 2025, confirmant la solidité de ses opérations malgré les perturbations enregistrées au Mali. Le secteur aurifère malien, pour sa part, a vu sa production industrielle chuter à environ 26,2 tonnes à fin août 2025, soit une baisse d’environ 32 % sur un an, un recul largement attribué à la suspension des activités de Loulo-Gounkoto.

Le ministère des Mines souligne que la résolution de ce différend marque la fin d’une période de tensions entre l’État et la compagnie, et ouvre la voie à la reprise prochaine des opérations normales. Le gouvernement insiste sur l’impact positif attendu pour les employés, les communautés locales et l’économie malienne, fortement dépendante des revenus aurifères.

Les deux parties ont indiqué que l’accord, désormais formalisé, permettra de rétablir un climat de confiance et de relancer durablement l’activité du complexe Loulo-Gounkoto, essentiel au secteur minier national.