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IBK appelle les Maliens au sursaut national

Par Mame Diarra DIOP - 03/04/2012

Pour Ibrahim Boubacar Keita, le Mali vit une page dramatique de son histoire et le leader du Rassemblement pour le Mali (RPM), appelle à un sursaut national pour sortir de l’impasse constitutionnelle.

C’est un IBK préoccupé qui est apparu devant la presse malienne ce mardi 3 Avril, à son domicile de Sébénikoro pour une conférence de presse destinée à relancer le débat sur la crise géopolitique et constitutionnelle que traverse le Mali, depuis le putsch du 22 Mars. Face à l’accélération des évènements au nord du Mali, et à la prise de Tombouctou dernièrement, Ibrahim Boubacar Keita, s’est dit profondément choqué : «  Tous les jours, nous assistons à un mauvais feuilleton avec son lot de surprises au quotidien et qui touche à chaque malien intimement, cette situation est un véritable désastre national, avec toutes ces villes qui sont prises au nord de notre pays… », a déclaré IBK.

    © malijet
    Ibrahim Boubacar Keita, vivement préoccupé par la situation de crise au Mali

Légalité constitutionnelle

Face à la junte au pouvoir au Mali, le patron du RPM se dit attentif à la question du retour à l’ordre constitutionnel, exigé par la CEDEAO au Mali, et qui a placé le pays sous embargo total malgré le fait que le capitaine Sanogo ait déclaré le 31 mars la restauration de la constitution du 25 février 1992 mais pas aussi immédiatement que l'aurait souhaité l'institution. De fait, Ibrahim Boubacar Keita, a surtout mis l’accent sur le sursaut national qui doit prévaloir rapidement face à une situation qui risque de paralyser tous les maliens : « Ce pays a toujours su dire NON à l’intolérable, à des situations terribles qui le mettaient à mal… »

Alors comment recouvrer cette intégrité territoriale, violemment atteinte, face aux sanctions économiques de la CEDEAO qui souhaite voir démissionner le capitaine Sanogo, chef de la junte et chef de l'état provisoire ? : « La CEDEAO s’inscrit dans une logique de gardienne de la démocratie, rappelle IBK, et je comprends parfaitement sa position puisqu’ elle joue son rôle. Mais cette fois, il s’agit de chacun d’entre nous, la classe politique, la société civile, les leaders politiques et associations, à nous de dégager des pistes de réflexion, des concertations pour circonscrire cette situation. ».

Et l’armée malienne en déroute totale face aux rebelles qui ne joue plus son rôle de défense de l’intégrité du territoire national. IBK l’admet et préconise sa restauration puisqu'elle a fait défection, à Gao, Tombouctou et Kidal, désormais partagés entre les rebelles du MNLA et le groupe islamiste Ançar Dine… « Sans une armée forte, mobilisée et avec des ressources, nous ne pourrons aller vers des élections, apaisées, fiables, il faut être clair ».

D’où la fameuse question de la transition démocratique que souhaite mener le capitaine Sanogo à terme sans passer par le schéma classique. Mais pour combien de temps ? « La voie légaliste, constitutionnelle est préférable, répond IBK, mais la situation actuelle impose de revoir les solutions… 40 jours suffisent-ils à mener cette transition, comme le prévoit notre constitution malienne ? Dioncounda Traoré qu’IBK déclare consulter régulièrement est-il l’homme de la situation, alors que le capitaine Sanogo, récemment interrogé, sur la question réfute sa légitimité…

La question demeure complexe. Mais l’homme du RPM, dont le parti s’inscrit dans le Front Uni pour la sauvegarde de la démocratie (FUDR), et qui a exigé aux premières du coup d’état le rétablissement de l’ordre constitutionnel, face aux pro-putschistes du MP22, qui soutient la junte, appelle à une unité de tous les acteurs de la société concernée par cette crise.

Sursaut national

Partition du pays en deux, convention nationale comme l’a déclaré la junte pour mener la transition dans sa déclaration du 31 Mars, IBK n’exclut pas d’aller à cette convention avec son parti, si le contexte l‘exigeait. Du reste, les sanctions de la CEDEAO sont une autre donne à prendre en compte, tout comme le rôle de la force de 2000 hommes mobilisées par l’institution africaine reste en attente pour le moment.

Ce dont le patron du RPM reste convaincu, c’est que le peuple malien doit se lever et réagir très rapidement face à la situation. Homme d’honneur et d’une seule parole, Kankelentigui, se refuse à envisager la perte du nord pour le Mali. «  Je me refuse à envisager que le Mali soit coupé en deux. Tombouctou, Gao, la cité des Askias, sont des villes du Mali, des villes qui font partie de l’histoire de notre pays et jamais nous ne les laisserons abandonnées… »         

D’où le sursaut national des Maliens plus que jamais urgent !




 
MOTS CLES :  Sanogo   Junte   Rpm   Mali   Keita   Boubacar   Ibrahim 

3 COMMENTAIRES

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Primauté entre Démocratie et Intégrité Territoriale

Par homboricoy

03/04/2012 21:08

"Aimer tous ses amis en frère sans qu'aucun d'entre eux ne soit tout pour toi..." disait-il. Pouvons-nous réellement fonder l'unique espoir sur la CEDEAO et l'UA? Ne voyons-nous pas venir les prochaines négociations menées par la France avec un parfait mandat de l'ONU? La France légitime la rebellion des "peuples opprimées" dont elle sépare la noble cause de celle AQMI et Cie.
Pitié maliens! Nous n'avons eu besoin d'aucun pays pour affronter Moussa TRAORE et faire notre révolution. SANOGO, ATT qui blâmer? De grâce là n'est pas la question pour le moment même si la France persuade la CEDEAO que la Démocratie et le cadre Constitutionnel prévaut sur l'intégrité territoriale et la sécurité des biens et personnes. Notre génération vient de vivre les pires humiliations... cependant, c'est dans l'épreuve et l'adversité qu'on a l'occasion de montrer sa valeur. Si une force étrangère devait intervenir face aux rebelles et compagnie, il est absolument nécessaire que cette force nous trouve devant entrain de lutter avec tout ce qu'on peut : manifestations internationale et nationale (y compris dans les régions envahie), lutte armée. Oui, beaucoup d'entre nous mourront...La mort vaut mieux que beaucoup d'autres choses!

Sursaut pour le Mali

Par Saint-Dem

04/04/2012 15:39

Voila ce qu'on attends de toi IBK. Le don de soit pour le Mali avant toute consideration partisane ou politique. Puisse ton appel et ta foi etre entendus et suivis par tous les patriotes.

armée malienne

Par bintoula

10/04/2012 10:33

oui! il n'y a plus d'armée au mali pour ne pas dire plus d'hommes. Alors que de tout temps et en lieu, l'homme véritable malien a était pris pour exemple en matière de courage et de témérité. que se passe -t-il dans le coeur de ces soldats? c'est le lieu de dire qu'ils doivent d'abord accomplir leurs devoirs, la défense du territoir,avant de se lancer à l'assaut du pouvoir.
Je suis pour le renversement de ATT, mais pas pour que les militaires s'accrochent. Les tombeurs du traitre veulent une garantie contre toute poursuite, c'est légitime, ce qui ne signifie pas le pouvoir. Ils doivent d'abod prouver qu'íls ont la capacité de remplir leurs obligations sinon ils ne peuvent avoir aucune prétention `a gouverner.

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