Mossa Ag Attaher : "Ce n’est pas un jeune capitaine sans expérience qui nous fera reculer"
Par Issa FAKABA SISSOKO - 03/04/2012
Dans une interview, Mossa Ag Attaher, porte-parole du MNLA, s’exprime sur la situation de crise politique au Mali et qui ne détournera en rien les objectifs du MNLA…
Alors que les putschistes du 22 mars dernier l’accusent d’ « incompétence » dans la gestion de la guerre au Nord, le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) lreproche à l’ancien président d’avoir piétiné le processus de négociation. A la question de savoir l’état des négociations avec les autorités maliennes avant le coup d’Etat militaire, Mossa Ag Attaher est formel : « Depuis le 17 janvier, il n’y a aucune négociation. Ni avec l’Etat malien ni avec les puissances étrangères. La France a fait des offres pour une rencontre entre l’Etat malien et nous. Le ministre français des Affaires étrangères, lors de son passage à Bamako, a proposé un cessez-le-feu avant d’ouvrir des négociations. Mais au moment où nous l’envisagions, le Mali a envoyé plus de 200 véhicules pour attaquer nos positions. ATT a saboté la proposition de négociation française. On ne demande pas que la France ou l’Algérie supplie le Mali de nous donner notre indépendance. L’indépendance ne se donne pas, elle se mérite. Par le combat, sur le terrain ».
« Ce n’est pas un jeune capitaine sans expérience qui nous fera reculer »
Cette interview du porte-parole du MNLA intervient au moment où au Nord, la rébellion connait une avancée fulgurante. Les trois principales villes (Kidal, Tombouctou et Gao) sont désormais sous contrôle. Lorsqu’on demande à Ag Attaher si le coup d’Etat du 22 mars change quelque chose, la réponse est sans équivoque. « Nous restons très distants et réservés par rapport à ce coup d’Etat. Nous ne nous sommes pas du tout exprimés sur le sujet avant aujourd’hui. Je préfère parler d’un malaise au sein de l’armée plutôt que d’un manque de moyens militaires », a déclaré le porte-parole de la rébellion. Pour qui, « n’importe quel officier ou homme politique qui arrive au pouvoir ne pourra utiliser plus de moyens ». « Le Mali a utilisé tous les moyens militaires dignes d’une guerre entre deux pays contre nous, explique Mossa Ag Attaher. Qui cite des avions, des hélicos, des blindés, des chars… mais l’échec a toujours été au rendez-vous. Donc ce n’est ni une question de manque de moyens ni de négligence, mais une question de volontés opposées. Nous restons sereins. Nous savons que le Mali ne pourra pas utiliser plus de moyens contre nous, ce n’est pas un jeune capitaine qui arrive avec aucune expérience de l’Etat qui nous fera reculer ».
Pour d’éventuelles négociations ?
« La situation au Nord est critique », comme le disait le chef de la junte dans son adresse à la nation le 26 mars derniers. Et pour le capitaine Amadou Haya Sanogo, le Mali reste ouvert au dialogue. Au MNLA l’option n’est pas écartée. Mais selon son porte-parole, l’objectif reste l’auto-détermination de l’Azawad. « Nous ne sommes pas dans une logique de chantage avec l’Etat malien. Ce que nous voulons, c’est de montrer au monde entier, que la volonté de l’Azawad doit être entendue. Nos objectifs restent les mêmes : libérer les trois villes du nord, Kidal, Gao et Tombouctou. Notre combat n’a pas changé depuis le 17 janvier. Et l’on va continuer jusqu’à la libération totale de la zone. Si la junte au pouvoir aujourd’hui exprime de manière claire sa volonté de privilégier une solution politique, nous sommes disposés à l’entendre. Si l’Etat malien se reprend et accepte le droit du peuple de l’Azawad à l’autodétermination alors nous seront prêts à arrêter les hostilités le jour même », a promis le porte-parole du MNLA. Qui prévient : « si le capitaine, qui a pris le pouvoir, cherche des moyens nouveaux pour se battre contre nous, alors nous lui disons que le rendez-vous se fera sur le terrain ».
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